‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 3)Chapitre 10 sur 297 · CHAP. II. — STRUCTURE DES CORPS · texte numérisé non relu

CHAP. II. — STRUCTURE DES CORPS

bouleverser toutes les positions relatives des molécules. Ce phë- Domène, que nous pouvons observer en petit dans des vases transparents où flottent des poussières visibles, est un phénomène général qui se répète plus en grand dans toutes les masses fluides que nous ofire la nature. Ainsi, dans le lac le plus tranquille en apparence, il y a tant de causes sans cesse changeantes qui sollicitent les molécules liquides, que Ton peut bien assurer aussi qu'elles sont à tout moment déplacées; de même, dans Vatmo^hère, pendant le calme le plus absolu, on peut être bien assuré que les molécules n'ont point de repos ; et si la masse (fair parait immobile dans son ensemble, elle n'en est pas moiDS agitée de mille manières dans toutes ses paities. Cette circulation perpétuelle des fluides semble indiquer une parfaite honu^;énéité de structure; cependant dans Tignorance où nous sommes sur les derniers éléments de la matière, nous ne pou- Tons rien affirmer sur Tétat d'agrégation des molécules elles- : mêmes : il est possible, par exemple, qu'une molécide d'eau, qui est » mobile par rapport aux molécules qui l'environnent, soit un composé de plusieurs molécules élémentaires, assemblées par des forces permanentes, et retenues à distance dans des positions parfaitement fixes ; car la fixité dans la structure des molécules secondaires n'empêcherait pas leur mobilité relative. Mais, pour ne pas se faire une fausse idée de l'état d'agrégation des liquides et des gaz, il ne faut admettre implicitement ni qu'ils sont composés de molécules simples ou isolées, roulant ou glissant l'une sur l'autre avec la plus grande facilité, ni qu'ils sont composés de molécules secondaires, ou d'atomes plus ou moins nombreux, groupés d'une manière fixe, et se déplaçant tout d'une pièce, sans qu'il y ait de changement dans les positions respective de leurs éléments ; car, jusqu'à présent , il n'y a dans la science aucune donnée certaine pour lever nos incertitudes sur ce point. Les corps solides of&ent plus de prise à nos observations, ptrce qu'ils peuvent, pour la plupart, prendre naissance, se former et s'accroître sous nos yeux, et parce qu'ils ont en général des propriétés qui sont en rapport avec leur structure intime. Ce sont ces propriétés que nous allons étudier, en distinguant celles qui peuvent être imprimées aux corps postérieurement à leur formation, et celles qui dépendent essentiellement de lenr origine, c'est-à-dire des circonstances dans lesquelles ils ont pris leur solidité.

2S LIVRS IV. — ACTIONS MOLÊCULMRES. l-l

1& Des chapigements de structure que peuvent prendre lei^ corps solides sans perdre leur solidité. vm

iHhmM^^memt de toime «es eH*t««jL. — <- M.. Alitscherlidi, mn étudiant les propriétés optiques de la chaux sulEatée, a reoonnuB que, dans les lames cristallisées de cette substance, la 8^ructiini|i inléiieure change avec la température, sans qu'on puisse aporîè cevoir à Textérieur aucune modification sensible, ni sur Icia cotés, ni sur les faces polies de ces lames. D'autres substanoiiM cristallisées lui) ont ensuite présenté le même phénomène.

Le sulfate de nickel, en cristaux prismatiques, ayant été eS|r, posé, en été, à la lumière solaire, dans un vase fermé, les p«>tii ticules ont changé de position dans la masse solide, sans qw^ rétat fluide ait eu lieu; et lorsqu*au bout de quelques jours <m i,, biîsé les cristaux dont la forme extérieure n^était point changëe^i on les a trouvés composés d*octaédres à base carrée, of&nm^ parfois un volume de plusieurs millimètres. {Ann. de Chim.^ et Je Phys., t. XXXVU, p. 206.) ^,

Le séléniate de zinc à forme prismatique, exposé au soUl sur une feuille de papier, se transforme aussi en peu d'instant» ea cristaux octaèdres à base carrée.

Des cristaux de sulfate de magnésie et de sulfate de ùiMf chauffés graduellement dans Talcool jusqu'au point d'ébuUilWB de ce liquide, perdent peu à peu leur transparence ; et loraqu*oa les brise, on les trouve composés d*un grand nombre de veaux cristaux très-petits, qui sont, pour la forme, entièremc différents de ceux qu*on avait employés.

Ces faits remarquables, et bien coiuîtatés par un habile ob** servateur, démontrent jusqu*à l'évidence cpic, même dans b» corps solides, les molécules constituantes n'ont pas des position» relatives invariables, mais qu'elles peuvent encore changer d» place, s arranger et passer sui^cessivement par des état» d'agrâr» gation complètement différents.

De la trempe et Am reeslc. -*- L* arrangement des moWculea ne se montre pas toujours par des facettes cristallines : par exemple, dans les propriétés qui résultent de la trempe, queU que tranchées qu'elk*s soient, il nous est à peu près impobsibb de démêler les diverses structures qui correspondent dans u» même corps aux divers degrés de trempe ; mais, comme on ne voit rien eu lui qui puisse varier, excepté Tarrangemcnt de Mt molécules, ou est bien ()orté à conclure que c'est là la oause

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