CHAP. U. — DE LA TREMPE ET DU RECUIT
dans les verreries on prend grand soin de recuire les pièces qui sont soumises pendant leur fabrication à un refroidissement un peu rapide.
Nous verrons dans la polarisation de la lumière un procédé curieux pour observer Tarrangement moléculaire des corps dia* phanes , et nous reconnaîtrons , par exemple , que le verre est presque toujours trempé en plusieurs points de sa masse, à moins qa*îl n'ait été refroidi avec beaucoup de précautions.
n y a une substance qui présente des phénomènes de trempe d'autant plus singuliers, qu'ils sont exactement opposés à ceux que présente l'acier : cette substance est l'alliage des instru* meots chinois que nous connaissons sous le nom de tam-tam; eOe se compose de quatre parties de cuivre pour une partie d'étain. Quand l'alliage des tamr-tams est lentement refroidi , il est fragile comme le verre ; au contraire , quand il est refroidi rapidement, il devient malléable, il peut être travaillé au marteau, façonné en instruments, et exécuter par son élasticité ces TÎbrations multipliées qui produisent des sons si graves et si pleins. C'est même d'après cette observation curieuse que nous pouvons maintenant en France exécuter des tam-tams, moins bons peutêtre que ceux des Chinois, mais assez son«*es cependant pour entrer dans nos orchestres.
On a coutume d'expliquer les phénomènes de la trempe du irerre et de l'acier , en disant que les molécules superficielles saisies par le froid se consolident brusquement en formant une espèce de voûte qui enveloppe de toutes parts le noyau intérieur, tandis qu'il est encore très-dilaté par la chaleur : si ce noyau se refi*oidissait librement, il diminuerait de volume ; mais, forcé 4eomme il l'est d'occuper en se refroidissant le même espace qu'il occupait étant très-chaud , ses molécules éprouvent une grande tension et font un effort continuel pour briser la To&te de dehors en dedans, et la brisent en eiTet avec explosion quand une cause extérieure vient favoriser leur action. Par œtte espèce de comparaison l'on explique tout au plus la facilité avec laquelle le verre trempé se brise ou se réduit en poudre ; mais l'on n'explique ni la dureté que prend l'acier , ni l'élasticité, ni les autres propriétés remarquables qui correspondent aux divers degrés de trempe, et l'on n'explique pas à plus forte raison ce qui arrive à l'alliage des tam-tams. On a coutume de dire aussi que les autres corps n'ont pas la propriété de se
2i unoL i¥. ~ Èoums mouci^aiibs.
tmnper; mas cela signifie sealanent qaik noatL pas la pcopriété de devenir firagiles par le lefroîdineneai ^ car il ett hma probable que tous les corps brusquement refroidis diffircaat des cxirps recuits par quelques propriétés plijûques, ils en difitrent par leur den^ on par la mardie de leur <
m^ rjiunlBBatf . — Lmsqn^un corps aartaHigiig peut être maitelé à froid sans se rompre et sans se gercer y û devienfe ordinaimBent plus krwae , plus âastiqoe, plus soncwe, et Ton dit alors qu'il est écroui. Le Iakon , Targent, le cuivre, Fétaîn et même le plomb présentent de grandes différences dans leurs propriétés lorsqu'ils ont été simplement fimdus et refroidis^ an lorsqu'ils ont reçu un écrouissage copTenable. Ce qui se produit par le marteau se produit encore à un degré plus on moins mni^ qné par Taction de la lime , par celle du burin ei par les prea* sions qui s^exemnt dans les trous des filières ou entre les cj-» lindres des laminoirs. Lorsqu'un métal a été trop fortement écfoni par Tune ou rantre de ces actions mécamquesy il devinai cassant au point qu'il est impossiUe de le cou^mt ou même de continuer sur lui le même travail sans le voir se rompre on se gercer. Alors on le bât recuire comme L'acier qui a reçu une trempe trop dure , et Ton peut sans danger le reporter sous le marteau ou lui donner d* autres traUs- à la filiève. Tontes ces propriétés méritent quekpie attention de la part des pbj»» ciens, car elles peuvent avoir une influence sur beaucoup de phénomènes , tels que l'élasticité , la dilatation , la oondue^ tibilité pour la chaleur ou pour Télectricité , et particulièrenient sur les irrégularités que présentent quelquefois les instmmenti de précision; car il suffit, par exemple, qu'un cerdoi soit inégalement écroui dans les divers points de son contour oa de son épaisseur pour qu'il se tourmente et se gauchisse avec le temps.
16. Des propriétés que prennent les corps en se consalidant après une fusion complète ou incomplète.
CwêmtmllHmilmm de l*ean» — D y a peu d'observateurs qui n'aient, eu la curiosité d'examiner la congélation de l'eau , et de suiweraccroissement des fines aiguilles de glace qui se forment d'abord à la superficie ou sur les solicfes qu'elle touche. D'un instante à l'autre ces aiguilles se développent et se ramifient de mille ma» nières par le progrès de la solidification, il est rare , à la vérité^