LIVRE VII. — DE LA CHALEUR
M. Regiiault a essayé d'employer ce procédé pour quelques substances qui se prêtent diflicilement à la méthode des mâan» ges ; mais il n'en a pas toujours obtenu des résultats satisfaisants. L'inégal tassement des corps en poudre exerce une telle influence, que Targent faiblement tassé lui a donné une capacité de 0,085; taudis que le même corps , plus fortement tassé, lui a donné 0,057. Cependant, les expériences faites sur les liquides n'offrent pas, à beaucoup près, de telles divergences; elles montrent qu'avec des précautions convenables, la méthode du refîroidissement peut très-bien s'appliquer à ces corps.
258. Capacité des gaz ponr la chaleur. — MM. Delarochf et Bérard ont fait sur ce sujet un très-beau travail, qui fut couronné par l'Académie des sciences, en 1812.
Voici une indication du procédé employé par ces habiles physiciens (Pl. 46, FiG. 15).
Deux grands vases de Mariotte, a et d^ convenablement disposés, donnaient un écoulement d'eau uniforme, qui détenmnait un écoulement d'air pareillement uniforme : l'air venak presser une vessie b pleine du gaz soumis à l'expérience; et If forçait à s'échapper avec ime vitesse constante pour aller pn^ courir le scqientin s entouré d'eau, qui composait le calorimtre; au sortir du serpentin, le gaz renti-ait dans une vessie vider, d'où il était chassé par l'écoulement de l'eau du second vase df Mariotte ^/, pour retourner dans lu premiùre vessie A, apri*s avoir travers(? de nouveau le serpentin dans les mêmes conditions it temp<Tatur(î. Ces retours successifs pouvaient se répéter autant de fois qu'il était nécessaire. Avant d'entrer dans le serpentin, le gaz parcourait un tube enveloppé d'un autre tube e plein iv vapeur d'eau bouillante; immédiatement à l'entrée du serpentin, un thermomètre /'marquait sa température, et un autre thenni'mètre marquait sa température de sortie. On connaissait d'ailleurs , par des expériences préalables, le nombre des degrés qu» le calorimètre pouvait recevoir par la communication directe àw tube qui apportait le gaz cliaud, et l'on faisait la correction dvpendant de cet excès , qui n'appartenait pas au gaz lui-même. Enfin, le calorimètre était dans une pièce séparée par une cloison du reste de l'appareil , afin qu'une cause accidentelle w put agir sur son réchauffement ou sur sou refroidissement; mi thermomètre très-sensible donnait à chaque instant la température de l'eau dont il était i^mpli, et par conséquent celle <k*
FeoYelc^pe, celle du serpentin, et celle de toute la masse composant le calorimètre.
Cela posé, les expériences étaient conduites de la manière suivante : on connaissait, approximativement, Texcès de température que le calorimètre devait prendre sur la température ambiante, et on le portait à cette température , puis Ton faisait passer le courant de gaz, et on le maintenait assez longtemps pour être assuré que Téquilibre était bien établi, et que la température était parfaitement constante. Soient, dans une première expérience : r, la température ambiante corrigée, c'est-à-dire augmentée de l'élévation de température que le tube chaud donne au calorimètre; j, la température du calorimètre à Téquilibre; f, la température du gaz à son entrée dans le calorimètre : ni', la masse de gaz qui passe en une minute ; et c, sa capacité pour la chaleur. Puisque le gaz perd un nombre de degrés t — s, dans 1', il perd une quantité de chaleur m'c (i — s). Soit m la masse corrigée du calorimètre, c'est-à-dire le poids de Teau, plus le poids du cuivre et du thermomètre évalués en eau ; sa capacité pour la chaleur étant prise pour unité, et son excès de température sur la température ambiante étant s — r, la quantité de chaleur qu'il perd en 1' est mg Çs — r), g étant une constante qui peut se déterminer aisément en observant la TÎtesse de refroidissement du calorimètre abandonné à luimême. Or, la quantité de chaleur perdue étant nécessairement égaâe à la quantité de chaleur reçue, on a m'c (t — s) = mg (s — r), d'où Ton peut tirer la capacité c du gaz par rapport à l'eau.
Voici les données de l'expérience :
Le calorimètre contient 556*' d'eau; le vase et le serpentin . sont estimés en eau à ^CH^S ; la correction du thermomètre est négligée : ainsi //î = 596»'',8.
La température ambiante est 7^26, sa correction est 2*,19; r=7«,26+2%19 = 9^,45.
La température s du serpentin à l'équilibre est 25^,18 ; s — r = 16%73.
Le volume dair qui passe en 10' est 35"\99 à 0 sous 760: »«'=4*',68; sa température d'entrée /=97%6; t—s = 72«,42.
Pour trouver la vitesse de refroidissement du serpentin, on l'a chauffé avec une lampe pour le laisser refroidir dans les condi-
606 LITRE YII. •— DE LA CHALEUB.
tions mêmes de rexpérience, sauf la circulation du gaz; ont
obtenu les résultats suivants :
Temps j^nléi. ISxcm abserréi.
au moyen des formules
t= cb-^ et if=: (M log b) t
237. On tire, par la première et la dernière obferrttkii, log &= 0,0038169, et, par conséquent, la vitesse de refroîdiaKment pour un excès de 1^, ou M log 6 = 0,0087888; c'ert a que nous avons représenté par g. Cette vitesse de refroidiwment est assez différente de celle qui avait été adoptée fit MM. Delaroche et Bérard, d'après les mêmes observatioiis,Biiii calculée par une autre méthode ; aussi la capacité de Tair par np port à l'eau que donne notre formule, est-elle seulement 0,343; tuiidis que ces physiciens trouvent 0,281. Il me paraît probaUr qu'il y a une incertitude d'environ ~- sur la détermination de cet élément si important.
jMM. Delaroche et Bérard, au lieu de prendre aussi les cap^ cités des autres gaz par rapport à Teau, comme ils auraient pu le faire, se sont Bornés à déterminer toutes les autres capacité par rapport à celle de Tair; pour cela, ils ont admis ce principe : qu'en portant le calorimctre à TéquiliBre, successivemeo» avec les difféi-ents «jaz, les capacités de ces gaz sont entre elles comme les excès de temptTature du calorimètre sur l'air anihiant, pourvu que les gaz entrent tous à la même tempéralua'. et qu'il en passe dans le mèin(» temps des volumes égaux et soumis il la même pression. Ce principe n'est pas rigoureusenient exact; de plus, ce mode d'expérience exige de nombreuses corrections, soit de température, soit de volume, soit d'élasticité, qui sont pour la plupart incertaines, et qui ne permetteni pas de regarder les résultats autrement que comme des preinicrp>
appro&imationft, très-remarquables cependant pour Tépoque où elles ont été obtenues.
Ces capacités relatives forment la deuxième colonne du ta- Ueaii V, ci-après; elles se rapportent à des volumes égaux des dîIFérents gaz; pour en faire des capacités à masses égales, celle de Taîr étant toujours prise pour unité, il suffît de diviser chacune d'eUes par la densité correspondante du gaz. En effet , des volumes égaux d'air et d'hydrogène, par exemple, correspondent à des poids inégaux, qui sont entre eux comme les deni sites 1 et d de Tair et de l'hydrogène ; or, le poids d'air ayant capacité 1 , et le poids d d'hydrogène une capacité c, il
évident que le poids 1 d'hydrogène aura une capacité - .
Test ainsi qu'a été formée la troisième colonne du tableau. Enfin, en multipliant tous ces nombres par 0,2669, nombre, itivement adopté par HM. Delaroche et Bérard pour la cacé de Fair, par rapport à l'eau , on forme la dernière coiy qui contient les densités des différents gaz rapportées à de Feau prise pour unité.
S«S9. MM. Delarive et Marcet ont repris ce problème de la spécifique des gaz , et ils en ont cherché la solution par jH*océdé qui doit inspirer d* autant plus de confiance, que l'avait aussi imaginé , à peu près à la même époque , et c'est par sa méthode que les résultats en ont été calculés ^^^ittii. de Chim. et dePhys,^ t. LXXV, p. 113).
Dn vase de cuivre mince , de 37"™ de hauteur sur 33"" de
lètre , est muni d'un serpentin , et reçoit dans son axe un
thermomètre; vide, il pèse 28'',637, et plein d'eau, il en
i>ittient 27'',093. On en observe le refroidissement au ccntic
Tim globe vide, de 22 centimètres de diamètre, à surface inté-
noircie, et maintenu à une température constante. Cette
raûon se fait d'abord sans rien faire passer dans le ser-
atin , et ensuite en faisant passer successivement l'air et les
EC^ dont on veut déterminer les capacités relatives. Pour cela ,
*fcux tubes de verre sont ajustés , l'un à l'entrée , l'autre à la
■ortie du serpentin, et ils se recourbent parallèlement à la tige
4u thermomètre , pour venir, comme elle , sortir au dehors du
Sl^dbe. C'est une disposition analogue à celle de la figure 17.
Toutes les précautions sont prises pour que le vide soit fait au "^^êmc degré , et se maintienne exactement pendant la série des
où c est Texcès initial, et où ron met, par cxeni{ Texcès final, et le temps z correspondant. On aura aii valeurs de i, que nous désignerons par b^ b\ b'* i b^ lefroidissement se fait par le rayonnement seul sans r b* , lorsque Tair circule dans le serpentin : b" , lorsc «jaz circule, par exemple l'hydrogène. Nous désîj même par v^if'^if' ^ les vitesses de refroidissement cor tes. Cela posé, soient ii la vitesse de i-efroidissemei par le contact de l'air seul , et u" celle qui serait de duite par Thydrogène seul. Ou aura
u' = (/' — (», et u" 7=^^" — •>.
(lar, pour le même excrs de température, la chaleui Tappatcil dans la seconde expérience, se compose c est perdue par le rayonnement, et de celle qui es Talr; la vitesse u' se compose donc des vitesses corrc il ces deux perles ; si donc on en retranche la pren doit avoir la seconde i/. Il en est de même pour Tl Maintenant les capacités c' et c de Thydrogène et raient évidemment proportionnelles aux vitesses de : ment produites par ces gaz, poiu* un même excès d ture, s*ils passaient en même volume dans le même te d'une autre part, les vitessc*s de refroidissement pn chacun sont proportionnelles aux volumes qui passen
BOf. Delarive et Marcet ont fait toutes les observations d'une même série, en partant de la même température initiale, et en ft*uTètant à la même température finale. Dans ce cas, soient: rf, d j JTy la durée de la première expérience, qui se fait sans drculation de gaz; de la deuxième, avec circulation d'air; et delà troisième, avec circulation d'hydrogène, on a
étant, comme à l'ordinaire, la température initiale, et Y la ÉBnpérature finale. Ainsi
v=^{m logi) t\ v'= {m log *') t ; /= (m log b") t, vf ^ — v log ^'' — log h __ (d—ét\ d
u'~9' — ç'^ log ^— log^"" \d—d) d'*
D^ailleurs a et ^ étant les volumes d'air et d'hydrogène qui
'écoulent pendant les durées d çX iT des expériences qui leur
it relatives, le volume d'hydrogène qui se serait écoulé pen-
it le temps ^, est ^^ ; d'où il résulte :
\t qui donne enfin
conséquent, dans ce mode de procéder, tout se réduit à er les durées d^ d ^ d des trois expériences, et les voa el g d'air et de gaz qui s'écoulent dans les deux der- • Nous rapportons ici les détails d'une expérience.
Gciz oléfiani ou hydrogène bicarboné.
Température ambiante 1 V.
d= 860"; a = 13675,88; ir. iJd
6t« uni TU. -^ M Là CIUltMU
3«<r=63S; \f= 11038,9^2 ^r= 1,457 Moyemne 1,580
On peut s'étonner q^Lume médKxle «utfi correcte donne oore des différences de ^, surtout quand éUe est ap|^iqoée ] d^aussi habiles observateurs* Je suis porté à croire «pie cdt f aiix inégalités de température qui s^étali&sseat autour dn i tin et dans Teaa du petit calorimètre ; la mcandie i moindre vifaratioa du dehoa suffit saM 4diDli couches inégalement froides, et pour faire sauter ïe l de plusieurs centièmes de d^gré. La durée de Texperieiioe AI volumes de gaa se trouvent ainsi dkérés dans une [ itotable« On arriverait sans doute a une plus grande '^ çai opérant sur des masses trois ou quatre fiiis plus gruido^^ stirtout en se donnant un moyen d^a|pter sans cesse le I du calorimètre.
MM. Delarive et Maroet om cependairt codniê par : expériences les résultats que Duloag avait déjà établis pari méthode que nous indiquons ci-après, savoir : que les gu ' simples ont la même capacité pour la chaleur, mais qu*il en dt { autrement des gaz composés. (Voy. tableau VI, p. 620.) Dolooj avait trouvé pour l'acide cariionique et le gaz oléfiaut, 1,17 d ' 1,53; MM. Delarive et Marcet trouvent 1,22 et 1,53.
On pourrait aussi avoir immédiatement la capacité det p par rapport à leau. Soit en effet p le poids de Feau du odôîmètre, et celui du vase et du thermomètre rédmts en eai; puisque, dans Vunité de temps, qui est par exeaople la seooadl^' Tair lui enlève un nombre de degrés u', sa perte de chaleur et pu*j sa capacité étant 1 . Soit cr le poids de Tair qui passe dus une seconde, il s'échaufTe d'un nombre de degrés tj anrqaé |ir , l'excès de température qui correspond à la vitesse «', et sa capacité par rapport à l'eau à poids égal étant i'^ û gagne i'ii» ce qui donne
CAAP. VL -^ CAPACITÉ DES <U1. 61i
Mais
-!«'= if' — ç=mt(\og V — log i)= /?if(logc — log t) [ ~ j ; ^'aillears, p' étant le poids de Tair écoulé pendant Ifis d se«> •^sondes que dure l'expérience, on a ty= ^, et par conséquent
*' = ^,«(log.o-logO(^).
On aurait de même pour un autre gaz,. dont la capacité serait X*" par rapport à Teau,
^^isp^ est le poids total du gaz qui passe pendant la durée dC de r'«ipéneuce.
Ce qui donne en effet pour les capacités relatives et à poids <*^dl du gaî rt de I'mt,
&Dr, Dc^larive et Marcet n'ont pas donné dans leur travail les éléments de ces déterminations.
Rapport des capacités des gaz à pression constante et à volume constant.
&S0, La cETpactté dont nous venons de parler est la capa<*it(i
pression cofuîante^ puisque nous avons supposé que les gaz et
^^L^ataient lilH'ement par la chaleur sous la même pression, les
^^^s»'m^ant par là aux corps solides et liquides que nous aix>ns
^implicitement <;onsidérés aussi comme se <Ëlatafnt ou se ccHVtracv
L^^^iul ^ns i»hb^tade, ou plutôt sans changement dans leurs près- ^Sows moléculaires intérieures ou extérieures.
Mais il est très-important d'examiner aussi les capacités à tfo*
\ e^fWtmiUj c^est-à-Kiire les quantités de chaleur que prennent
(tXBrp6 pour -changer de pression lorsqu'on les «empêche de ëe
•a de^shanger de vc^ume.
L*idée ^ chercher ces opacités pour les comparer aux pre- •ppfHtîent à Laplace, et l'on peut voir dans la Mécu'-
efi LIVRE YÎI, — DÉ LA CHALEtm.
mtjue céleste combien cUc a été féconde dans ses derelopp ments. *
Nous devons nous borner à indiquer ici eoni oient le mppa de res deu5t capacités peut être détenniiié par Texpérinnc?!*.
Considérons une musst; d*air m à la température f ; â^upposoi tju*on lui donne un accroi^î^sement de lerapéralure h s qui delà mine une augmeutatiori de volume S sous la même pression : i capacité à pression constante étant e, la quantité de chal«| qu'elle recuit est cmtu Une fois dilat<H*, t^omprimon^la àt pour la ramener à son Yolurae primitif: soit tf le uonvrl iirf-mj sèment de température qu'elle reçoit par Teffet de i^iu* cm pression ; pour revenir à sa température primitive r, cUe aunj perdre les deux excès de tefiipé rature f,-h^ii *ït, si Ton ivpnj sente par é sa capacité à volume coofitani, elle aura à peîil une quantité de chaleur
Or, en admettant que ces expériences Milettt fait^es bam i y ait de i'iialeur employée l\ cliaugcr la température du vmmi^ ciHitlent Tuir, il e»l évident que la chaleur perdue doit H eisément égale h la chaleur reçue
fît qui donne : ■»» >-
cmtx=zc'm{tx-\-t^\
d'oii -î=l-h^=X-.
Ainsi, la capacité à pression constante est toujours plus gnd que la capacité à volume constant, et leur rapport est égal Tunité, plus le rapport des excès de température /■ et fi; /, Texcès de température qui donne une certaine augmentadoa volume o sous la même pression ; ^i est Texcès de tempe qui résulte d'une compression o, égale à raugmentadon volume donnée par fj. (Poisson, Ann. de CAUn.j t. XX p. 13.)
Prenant par exemple ti=^V et par conséquent $ égal au ficient de dilatation a (en supposant que Ton parte de la tem] rature zéro\ il en résultera k — 1 = /;. Ainsi, pour tous les qui auront en même temps le ménid coefficient de dilatation d la mt^me valeur de X- , il sera vrai de dire que , pour de* cobh
presaioii5 égales, ils éprouvent la même élévation de tempéra» tore. Ce résultat remarquable peut être interprété de deux manières ; si ces gaz ont des capacités égales, les quantités absolues , iB chaleur dégagées par ces compressions seront aussi égales ; Lan contraire, s'ils ont des capacités différentes, les quantités abde chaleur dont il s'agit seront évidemment proportion- \ k œs capacités , puisqu'elles produisent la même élévation ! température de^l®. Dulong regardait la pi*emière interprétaoomme étant de beaucoup la plus naturelle ; mais la sene me paraît pas moins simple. La compression se faisant ' contre toutes les molécules pondérables de la masse, qu'y de plus simple en effet que d'admettre que les quantités I chaleur dégagées par des compressions égales dans des vo- ^[aux de ces différents gaz , sont proportionnelles à leurs tcités? Admettons cependant Topinion de Dulong ; comme il [démontré par des expériences dont nous allons parler, que la de k est la même et égale à 1,421 pour l'air, l'oxygène trhydrogène , il en conclut que ces gaz simples ont aussi la
capacité pour la chaleur. lu contraire, les gaz composés, comme l'acide carbonique, jrde d'azote et le gaz oléfiant, ont des valeurs k^ ^„ ^3, difoites de celle de l'air. Dulong a trouvé :
Xi= 1,338; *, = 1,343; *,= 1,240.
, Les coefficients de dilatation de ces gaz étant à peu près les nés que ceux de l'air, il en résulte que des compressions senlent égales produisent des élévations de température diffés, savoir :
généralisant la loi précédente de Dulong , en admettant
\ les quantités absolues de chaleur dégagées par les compres-
» égales sont encore égales, il faudra que les élévations iné-
I de température soient en raison inverse des capacités à vo*
\ constant. Puisqu'on a pour l'air et pour l'acide carbonique
C Ct
&n résulte d'abord
ei4 LIYRE tir* -- ht LA CHALEtlH,
ËnMiit0 ou pouiTtt déduire les rapports des capacités d* li
c&rUonîqu£ et de Yinr k pression constaîite ^ ou — , <ar T*
C'est ainsi qu'a été formé le tîibleau suivant , tpn cooûen résultats de Dii!oBg<
ïfomi ac« gsi. lia viitumn
Air JltAiôJiplimque,, ».. 1+4111 '
Oitjj^r, , » ♦,,, i.ltt i
Of^fnfjrne,, « ,>...».. i^lîSl 4
Ariil» ccrboiïi^iH. i A^ i ,3ii^ 1.17
0*î>lc il^fflotï- ..,, ^3<3 I»îrî7
OtitotéfixQt .,.* I.ÎHI niï«
Nou» aliofi* maintenant fliire connaître le procédé fl<* Thil en !*e<!omniandant aux jeunes physiciens de méditer le M^fl §i importïint qu*il a publié sur ce sujet {Ann. de Chtm. i Phfs., t. XU).
k étant le rapport des eapacltés pour l'nîr, et X' pour ito 1 gaz, les cïïrn-s àv% viti^s?P5 »* vl i*' dti son diiu*. Tviir et dai gaz, poui' les températures t et ^, sont liés (48) par la mule :
</ étant la densité da gaz par rapport à l'air.
D'une autre part, les nombres n et n! des vibrations aca plies dans le même tuyau rempli d'air et de gaz , et soumis même mode de vibrations, sont liés (49) aux vitesses pai formule :
d'où
Ainsi, pour obtenir X', il suffit de connaître ljf,if f\ </'
i d'olMcnrar le nombre des vibrations h! et n. C'est ce que lulong a ÊMt avec Vadmirable exactitude qui caractérise toutes » recherches* Le tuyau vibrant était établi horizontalement ftDS une caifiee où Von pouvait faire le vide^ pour la remplir ■fuile du gaz que Ton voulait soumettre à Texpérience; par un de ses boms, le tuyau recevait le vent d'un gazomètre remlî du marne gaz^ et, A Vautre bout, il recevait un piston dont i tîge exténeHre passait dans une boite a étoupes; la position du ■ton étant ainsi connue, on en déduisait sa distance à Temouchure , et le douUe de cette distance était la longueur de Mide ou de la concamération finale \ le gaz» sortait par uoe iverture convenable, et la température était marquée par de ons thermomètres. Quant au nombre des vibrations, il était bservé directement sur une sirène que Ton maintenait à l'unis- Ku avec le tuyau vibrant > pendant quatre minutes, pour éviter s erretuis sur la mise en train du compteur et sur Tinstant de ta arrêt
n semble i^olter des formules, que ce genre d'expériences enait être très-exact pour donner la valeur de k elle-même, estr4-dire let rapport des capacités de Tair, car on aurait Ht et 4»):
i;^=4-*, et i^=zn*P.
Mais Dulong s^est assuré que, si le nombre n des vibrations ut être déterminé avec une g;rande exactitude, il n'en est pas même de /, c'est-à-dire de la longueur de l'onde, soit qu'on ^oie pour la déterminer un tuyau ouvert, un tuyau fermé r le pbton, ou même la distance de deux nœuds de vibration, mme Uavait indiqué Poisson (Mémoires de r Académie des îau:esy 1817). Toutes les vitesses que Ton obtient aiosi sont 3p petites , lorsqu'on les compare à la vitesse donnée par la rmule de Newton, en adoptant 333 pour la vitesse à 0, comme utes les expériences faites en différents lieux l'indiquent, et en loptant par conséquent 1,421 pour la valeur de k, Dulong iplique ce désaccord entre la théorie et l'observation, par la Nirbure inconnue de la surface nodale qui termine les ondes, ; par l'incertitude qui en résulte sur la vraie valeur de / : heunisement, les nombres rapportés plus haut , pour les (CfTérents iz, sont à Tabri de ces incertitudes, par les soins que Dulong
616 • LI?RB TU» — DE LA CBALiOL
a mis à bien constater que les portions des atufiKiea uodrie^ dans le même toyan, sont parfaitement idiSttiiqae^dma kigltt ki plus diffiérentSi de teDe sorte que la Talenr de / diqpanll lonqaVia emploie le même tuyau et le mène mode de iribislioii poor Ums les gaz. Tels sont les motifii qui ont décidé Doloiig à i ter pour Fair le nombre l,4Sl,qui résulte des espénaaoes au sphériques sur la vitesse du son , pour détenmner-eBSoile, moyen de cette première donnée, les nomfaros ^datift am mk* très gaz.
861. MM. Clément et Desormes ont été oonduHa à on niis J système d'expériences qui peut donner aussi le rappoit dvi capacités de Tair {Journal de Physique^ 1819). Voici en quoilT conôste.
On raréfie un peu Tair dans un grand ballon a (Pli. 46,Fio.fl]i] de manière que sa pression soit i>; on ourre ensuite rapidoun la def, à large ouverture e^ pour laisser rentrer Tair josqal M qu'il arrive à la pression extérieure p\ ce qui dure à peu [ une demi-seconde ; on refenne immédiatement la ckf, et 1 observe la presûon définitive/»' quand Tàir du baUoa x i la température. ambiante qui doit rester tout à Sut il les pressions/» — p' et/» — p" s'observent au moyen de la i d'eau </, afin de les' obtenir avec plus d'exactitude; on les 1 forme ensuite en colonne de mercure.
Dans cette expérience^ Tair qui était primitivement dans kl ballon éprouve une diminution de volume ou une compressioi | dont il est facile d'avoir la valeur : soit t la température an- j biante ; avant Touverture Tair avait une température tj un y> lume !>', et une pression /»'; après Texpérience, lorsque la t» pérature est i*evenue à f, il a un volume moindre if eixm pression plus grande/»', parce qu'il est rentré de l'air extôicor; à la même température, ces deux volumes i^ et p' sont en raÎMS inverse des pressions , ce qui donne
7 = ^5 dou ^ = ££.= 5.
Telle est donc la réduction de volume que la pression atmosphérique p fait subir à l'air.
L'accroissement de température f, qui est résulté de cette compression, a été tel, qu'en se dissipant, la pression est tombée de/» à/»'; en le rétablissant, la pression repasserait de/»' à/*
€HAP. II. — CAPACITÉ DES GAZ. 6i7
Or, dans le même espace, les pressions ëtant proportionnelles aux volumes qui tendent à s'établir.
\+at ""//' i+û/~" p" •
Quant à raccroissement de température t^^ il doit être tel , d*apressa définition, que l'augmentation de volume qu'il donne au
rolume primitif, sous la même pression, soit égale à $ ou à ^ ;
««e augmentation eu
• ; donc
i+at' l+o/"" p"
MUT conséquent
' ^^P — ^' et ^-1 I P—P"
?e8t ainsi que' MM. Qément et Desormes ont trouvé ^ = 1,35. Les expériences se faisaient avec un ballon de 28 litres. Voici 'im des résultats :
Ce procédé ne peut donner qu'une approximation ; quelque liqpide que soit l'expérience, il y a toujours de la chaleur absor- Re par les parois du vase, le réchauffement de l'air en est dîmivso ; /?' ' est par conséquent trop grand , et par suite la valeur le k trop petite. Ces expériences cependant ont été utiles , car c'est après en ' avoir connu les résultats , que Laplace a fait lÛre entre Villejuif et Montlhéry les expériences de vitesse du îivn que nous avons rapportées (liv. IV, chap. 11 et chap. vi). <. 968. La capacité des gaz change avec leur élasticité; et eomme toute compression dégage de la chaleur, il en résulte que la capacité diminue, suivant une certaine loi , à mesure que b pression augmente. D'après Poisson {Ann. de Chim. et de Phys.^ t. XXUI, p. 341), cette loi peut être exprimée par la formule suivante :
c est la capacité sous la pression de 760, x la capacité sous la
^FHB