‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 3)Chapitre 19 sur 297 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la Frodoction do Son et de sa transmisnoD dans Tair atmosphérique.

S4. I^e son est na movTemeBt paHienlIer exelté daas la ■Bttève pondérable. — Si Ton écoute un son et qu^en même temps on obsenre la cause qui le produit , on Toit que la cause t cessé d'agir avant que le son soit parvenu jusqu'à notre orgtne : ainsi , dans l'explosion d'une arme à feu , on aperçoit de loin la lumière avant d'entendre le coup; à dix ou douze mètres de distance , la lumière et le coup semblent frapper en même temps l'œil et l'oreille ; mais à mesure que la distance ■ugmente , le temp qui s'écoule entre l'apparition de la lumière et la perception du bruit devient de plus en plus sensible. Il en est de même de l'explosion de la foudre : l'éclair brille avant que le coup de tonnerre se fasse entendre , et le temps qui ifécovie entre ces deux phénomènes peut donner une mesure de la hauteor ou plutôt de la distance à laquelle la foudre cdate. D'après. cela , on peut juger que plusieurs observateurs, placés sar une même ligne à cent pas les uns des autres, n'entendraient pas au même instant le bruit qui serait excité à l'une des extrémités de cette ligne , aux pieds du premier obserfiteur : celui-ci entendrait le son avant tous les autres , le deuxième l'entendrait avant le troisième , le troisième avant le (joatrième, etc.; et ce qu'il importe de remarquer aussi, c'est ^'au moment où le troisième observateur, par exemple, entenèwt le son , le premier et le deuxième ne l'entendraient plus , tndis que le quatrième et les suivants ne l'entendraient pas encore; on peut donc conclure de cette expérience qu'un son brus- ^ et instantané, comme celui qui résulte d'un choc ou d'une aplosioQ, passe successivement d'un lieu à l'autre, et qu'en oooséquence il est un mouvement particulier dont notre oi^ne BK affecté.

Mais, dans qoette substance ce mouvement peut-il se propager avec tant de rapidité? Est-ce dans l'air lui-même ou dans fuelque autre fluide.»' Cette question, fort difficile en appa-

rence, peut être résolue d'une manière décisive par Texpérience suivante :

Au milieu de la platine de la machine pneumatique, on dispose un petit coussinet de laine ou de coton , sur lequel on place un mouvement d'horlogerie à détente, muni d'un timbre ; cet appareil étant couvert d'une cloche à tige et à boîte à cuir, on fait le vide, puis on tourne la tige pour presser la détente et lâcher le ressort. A l'instant l'horloge marche, le marteau frappe le timbre par intervalle , et aucun bruit ne se fait entendre au dehors. Mais si l'on rend un peu d'air, on commence à distinguer un petit bruit, correspondant à chaque coup de marteau ; un pea plus d'air donne à ce bruit un peu plus de force ; enfin, quand j l'air est tout à fait rentré, le son est fort et se fait entendre au loin . Donc le son ne peut pas se propager dans le vide : là « où il n'y a plus de matière pondérable, il a y a plus de véhicule g du son. g

Ainsi le sou diminue d'intensité, par une double cause, i a mesure qu'il s'élève dans l'atmosphère : il diminue parce que la distance augmente , et parce que l'air dans lequel il pénètre j est de plus en plus raréfié. Les bruits les plus violents qui reten- ^ tissent sur la terre ne peuvent pas sortir des limites de Fatmo» -sphère; ils s'affaiblissent à mesure qu'ils en approchent, et j s'éteignent sans pouvoir les franchir. Réciproquement, nul brait Zi ne peut venir des espaces célestes jusqu'à la terre ; les plus ter» ^ ribles explosions pourraient éclater sur le globe de la lune, sans ^ qu'il nous soit donné d'en entendre le moindre retentissement. S

De Saussure dit qu'au sommet du mont Blanc un coup de |^ pistolet fait moins de bruit qu'un petit pétard tiré dans k ^ plaine , et Gay-Lussac a constaté que l'intensité de sa voâ '^ était très -affaiblie lorsqu'il essayait de former des sons i ^ 7000 mètres de hauteur , suspendu dans son ballon au milieB ^ d'un air très-raréfié.

L'air n'est pas le seul corps qui puisse transmettre les sonSi ^ tous les fluides élastiques jouissent de cette propriété ; pour s m assurer, on suspend au centre d'un grand ballon (Pl. SA, FiG. 1) une petite sonnette avec des fils de chanvre non tordus; ou y fait le vide, et la sonnette ne peut plus se faire entendra; ^ mais si l'on fait passer dans ce ballon quelques gouttes d'un liquide volatil , tel que l'éther, la vapeur se forme à l'instant elle

bruit devient très-sensible.

Page 1