CHAP. I, — TEMPËRATURE DES RIVIÈRES
Quand les lÎTières charrient y on peut dire, en général, que tous ces glaçons, qui se heurtent et qui prennent par le choc des formes arrondies ou anguleuses, ont été primitivement formés à la surface ; quelques-uns se sont détachés des bords ; mais les autres n'ont été a leur origine que de petits embryons, de petites parcelles flottantes qui ont pris du volume en voguant sur Teau.
La formation des premiers glaçons n'est pas douteuse , puisqu'on voit les rivages couverts d'une lame de glace qui est sans cesse battue et sans cesse brisée par les flots. C'est là que la congâation commence , parce qu'en général l'eau y est moins profonde, et parce qu'elle est en contact avec un terrain sans cesse refroidi par l'air et par le rayonnement. La glace qui s'y attache se refroidit à son tour par cette double cause, et devient alors, comme le rivage lui-même , un corps froid capable de geler ce qui le touche. Les fragments volumineux , ou même imperceptibles , qui sont brisés dans cette masse , deviennent flottants par leur légèreté spécifique ; ils se refroidissent plus que l'eau , et les gouttes qui viennent tomber sur les bords s'y congèlent à Finstant, parce qu'elles deviennent froides et immobiles.
La formation des glaçons, à la surface même de l'eau, loin des rivages et de tous les corps solides > a été révoquée en doute par quelques physiciens : il est difficile , en effet , d'en donner une preuve directe, car, si Ton trouve au large des fragments de glace ou même les rudiments qui les forment , on peut toujotirs supposer qu'ils viennent des bords , et qu'ils en ont été détachés par les vagues. Mais Ton doit convenir cependant que la surface libre des eaux peut être indéfiniment refroidie au-dessous de zéro , et qu'ainsi elle doit enfin , malgré le mouvement , .donner naissance à des aiguilles de glace qui grossissent ensuite en se refroidissant davantage par le contact de Tair et par le rayonnement.
La formation de la glace au fond même de l'eau a été longtemps contestée; mais d'habiles observateurs en ont recueilli des preuves directes , et il s'agit maintenant d'en expliquer la cause , et non plus d'en nier la possibilité. L'eau agitée des fleures et des rivières peut sans doute être abaissée de plusieurs degi^ au-dessous de zéro sans se congeler ; et là où la profondeur n'est pas très-grande, toute l'épaisseur de la couche liquide peut participer à cet abaissement de température ; les matières
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solides eu fond pemwnt à la £q y participer leur contact prolongé aTec VetOÊj mais, ven le fiiaJ» Is BMiimement est moins rapide qu'à la sniCMse. Les in^galiiés ds sol f»* ment une multitude de petites cellules on d'espèoea d*idm «n Feau n'est que très-AdUement agitée ; alors, on conçoit qm k congélation s'y sccomplisse , et même qu'eHe a^y nooM^fliae plus tôt qu'à la sur&ce. D'autres causes peut^-étre pemrent «► core favoriser ce phénomène ; mais le râh qtM jotoeitt les sorin ces solides reiradies n'est pas tel que quelques |iei»eiHWS le sujqposent; car, dans l'expérience de Faiiranlieil» par 1^ qn^le on abaisse l'eau à 10^ on 12* an-deaMN» de n^OM qu'elle se g^, le liquide tonclie les parois refroidies de la di^ suie qui le contient, et, dans ses points de ooatact, il n^ pas plus de congélation que dans les peints oà la ISbre. '
Four que les fleuyes et les ririères puissent Atre toute leur largeur, il fimt un froid tràH?if et trèsHKMiaena ; c^ pendant ce phénomène Tarie aTec la hantenr, la TJtepse et k profondeur des eaux.
Lorsqu'une rivière est prise^ la nappe de glace qui la coam augmente rapidement d'épaisseur dans les premiera inrtaan; mais, ensuite, le froid pénètre de plus en plus lenlemént,à cause de l'imparfiiite conductibilité de la glace. Le rayoeai» ment des nuits paraît ayoir une grande influence sur ce phénomène , car on observe quelquefois les couches très-distinctes qu se sont formées successivement au-dessous les unes des autro. Par exemple, dans l'hiver de 1821 , on a compté jusqu'à vingt et une couches distinctes dans des glaces de 15 pouces d'éptifseur , formées sur les lacs qui environnent New-Haven (Amérique). Vers le haut, Tépaisseur des couches variait entre lî d 18 lignes; au bas, vers la surface de Teau, elles étaient sealement de 3 à 6 lignes ; cependant Ton avait bien constaté que If froid avait été toujours croissant.
La glace peut, comme tous les corps, se dilater par la cbaknr et se contracter par le froid. Il en résulte souvent de nombreases fissures qui se forment avec un grand fr>acas : quelquefinSf c'est comme un feu de peloton ; d'autres fois , les coups wsi plus terribles que des coups de canon.
Quand les glaces n'ont pas été rompues avant la déiikle, elles peuvent trop souvent produire d*efifrayants désastres* I^
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tous les moyens qui ont été imaginés pour prérenir ces malhems, le plus efficace paraît être d'introduire sous la glace , de distance en distance, des espèces de petites bombes que Ton fait éclater ensuite : l'explosion détermine des fentes nombreuses, et les fragments qui en résultent sont assez petits pour n'être plus
484. Be la teaipéMmire des mers, et de la tormatiom des i^aees i^latres. — Dans ces dernières années, plusieurs habiles navigateurs ont parcouru les mers équatoriales et les mers po*» faôres ; ils ont fait partout, sur les températures et sur les phénomènes qui en dépendent, de nombreuses séries d'observations cjni sont infiniment précieuses pour la science. Mais c'est dans leun ouvrages qu'il faut en chercher la discussion détaillée ; nous devons nous borner ici à présenter seulement les conséquences générales auxquelles elles conduisent.
Sur la mer, à de grandes distances des cotes, la température de l'air éprouve en général , dans le cours d'une journée , des variations bien moindres que sur les continents.
Par exemfde, sur les mers équatoriales, la différence entre le maximum et le minimum du jour est tout au plus de 1 ou 2*, tandis que sur les continents elle s'élève à 5 ou 6^.
Dans les régions tempérées entre 25 et 50° de latitude , la différence entre le maximum et le minimum du jour reste encore trè»-petite ; elle atteint rarement 2 ou 3° ; tandis que , sur ks continents , la différence est très^ande ; à Paris , elle s'élève quelquefois à 12 ou 15^
La température minimum est , comme à terre , celle du soleil levant ; mais quelques observateurs pensent que le maximum se trouve près de midi, au lieu d'être à deux ou trois heures.
Lorsque l'on compare la température de l'air à celle que prend la mer à sa surface , on arrive aux résultats suivants :
Entre les tropiques, l-air, dans ses plus hautes températures, est, en général, un peu plus chaud que la surface de l'eau, prise aussi dans ses plus hautes températures.
Mais lorsque l'on prend la températin-e de l'air et de l'eau de {oatre heures en quatre heures, comme l'a fait le capitaine Du- ^errej, et que l'on compare ensuite toutes ces températures, rflcs qu'elles se sont présentées , on arrive à un résultat inverse , fest-à-dîre, qu'en général Feau est plus chaude que l'air, néme entre les tropiques.