‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 3)Chapitre 232 sur 297 · CHAP. I. — TEMPÉRATURE DES MERS · texte numérisé non relu

CHAP. I. — TEMPÉRATURE DES MERS

que instant la mélanger aux couches Toisines. Ainsi, le réchauffement et le refroidissement sont moins sensibles , parce qu*ils se passent l'un et l'autre dans une couche plus ou moins épaisse.

L^air participe lui-même , par son contact perpétuel , à cette uniformité de température que d'autres causes tendent à maintenir à la surface des eaux.

Mais, pour expliquer la température des couches profondes de la mer, on rencontre de très-grandes difficultés. Sous l'équateur à 1000 brasses de profondeur, la température est seulement de 6 ou 7* : n'est-il pas impossible que l'eau de ces conciles ait pu prendre un tel refroidissement dans ces climats, poisqu'à sa surface l'eau ne tombe jamais à une température plu<> basse que 20 ou 25* ? Vers les pôles , à 700 brasses de profondeur, la température s'élève à 2 ou 3*. N'est-il pas impossible que l'eau de ces couches ait pu prendre un tel réchauffement dans ces contrées, puisqu'à la sur^ce, pendant la saison cjiaude, quand les navigateurs peuvent sillonner les mers, la température ne s'élève presque jamais au-dessus de zéro ?

Ces difficultés ne sont pas complètement résolues ; cependant on ne peut guère douter que des courants déterminés par la différence des pressions que supportent les couches de même niveau à l'équateur et vers les pôles , ne contribuent puissamment à produire cette distribution de la chaleur. Il paraît certain qu'il y a , en général , un courant superficiel , portant vers Jes mers polaires l'eau chaude des tropiques , et un courant infésteor rapportant des pôles vers l'équateur l'eau froide des régions polaires ; mais ces courants sont modifiés dans leur direction et leur intensité par une foule de causes qui dépendent de la profondeur des bassins des mers, de leur configuration, et de l'influence du vent et des marées.

L*une des conséquences nécessaires de l'abaissement de température à la surface des eaux est la formation des glaces éterneUes qui couvrent les régions polaires. Ce phénomène est l'un des plus grands que nous présente la nature, et nous devons essayer d'en donner une idée.

Nous emprunterons particulièrement s^u capitaine Scoresby les détails dans lesquels nous pouvons entrer à ce sujet ; son ouvrage a été en quelque sorte écrit sur les lieux. Comme baleinier, Scoresby a fait douze voyages jusqu'aux plus hautes latitudes ; il est à la fois l'un des plus intrépides marins , et l'un des

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plus habiles obsenrateurs qui aient fréquenté ces men périlleuses.

Les glaces que Toa rencontre sur les cotes du Spitiberg et du Groenland ont ordinairement 20 à 25 pieds d'épaisseur; elle!» forment souvent des plaines immenses dont on a aperçoit pas 1& limites du haut des mâts du vaisseau ; c'est ce que Ton noimiK des champs de glace. Ou peut estimer leur étendue à troî&ou quatre cents lieues carrées. Un champ de glace présente quel* quefois une surface parfaitement plane, sur laquelle un cairoce pourrait faire trente ou quarante lieues sans obstacle. D^autres fois il est raboteux et inégal ; on voit d'espace en espace s'élere des éminenees ou des colonnes de 20 ou 30 pieds de hautas, qui forment un aspect très-pittoresque : tantôt elles ont La bdie coulem* bleu verdàtre des plus brillantes topazes ; tautot, xeconvertes d'une neige épaisse, elles présentent sur leur somoKietâ leur contour les accidents les plus variés.

Les ondulations de Teau, le mouvement des vagues, ou qoelque autre cause puissante , brisent un champ de glace en ai instant, et le réduisent en fragments de 100 ou 200 mètres cu^ rés. Ces fragments séparés se heurtent et se dispersent , mai quelquefois ils sont emportés par un courant rapide ; alors %h rencontrent un courant opposé , entraînant les énormes ddb d'un autre champ de glace , ces montagnes se choquent avec 10 épouvantable fracas. Lu vaisseau qui se trouverait emporté dsub la lutte ne pourrait pas plus résister au choc qu'une lame 4 verre à une balle de mousquet. Oa a trop d'exemples d'aflfreui naufrages produits par cette irrésistible puissance. C'est par \t> courants de cette espèce que la mer s'ou^tc aux navi<^ateuz>. C'est quand ils ont balayé les glaces que l'on peut, dans certaines directions, aborder jusqu'aux piu-allèles de 70 à 80* ou les haleines semblent de préférence fixer leur demeure.

Si quelques montagnes de glace sont brisées et comme pul«risées dans ces terribles rencontres, il y en a d'autres an cootraire, qui prennent un nouvel accroissement et deviennent pi* formida])les. Les glaçons, soulevés et balancés par les Uob. retombent les uns sur les autres , ils se sui>erposent ; ils*»* couvrent de fragments plus ou moins volumineux, et composent ainsi de véritables montagnes , accidentées de miilt manières, qui s'élèvent de 10 à 15 mètres au-dc*ssus des eaïu. L épaisseur qui surnage est , eu général , à la partie submeipi^

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xMnine 1 esta 4; ainsi , la hauteur totale de ces montagnes est le 40 à 60 mètres.

Quelquefois aussi des glaçons de 30 ou 40 mètres de longueur, diai^és à leurs deux extrémités , s'enfoncent tout à fait K>uft les eaux à une profondeur assez grande pour que le yais* seau passe au-dessus d'eux ; mais l'équipage est alors exposé au plus afBreux danger : le moindre choc , la moindre cause peut léranger Féquilibre des poids qui tiennent le glaçon submergé ; ilors il s'élèverait avec impétuosité, et lancerait le bâtiment dans les airs, ou du moins le ferait chavirer inévitablement.

Dans la baie de Baffin , on trouve des montagnes de glace beaucoup plus liantes que dans les mers du Groenland : les nafigatenrs en ont mesuré qui s'élevaient à plus de 30 à 40 mètres ■H-deasus de la surface de l'eau, et qui avaient , par conséquent, plus de 200 mètres de hauteur totale. On suppose que ces masses effirayantes se forment sur les côtes où elles ferment les vallées qvi aboutissent à la mer, et qu'ensuite elles sont détachées , soit pur la pression des eaux, soit par quelque autre cause. Dans tous ces parages , on voit, en effet, sur les côtes , des montagnes de ^Uœ taÛlées à pic, d'une belle couleur bleue, transparente ■Dinaie Tazur du ciel, et qui s'élèvent à une hauteur prodigieuse. Dans la saison du soleil^ les eaux coulent du haut de leur crête, et forment dans la mer d'immenses cascades , qui sont quelquefois surprises par les gelées. C'est alors un majestueux spectacle, mais les navigateurs le regardent de loin : en un instant» cescolonnea, ces arceaux gigantesques, suspendus dans les airs , se brisent avec un horrible fracas et s'écroulent dans la mer.

La profondeur des eaux n'est pas très-grande dans les parties qui avoisinent la côte occidentale du Spitzberg. Les ba- Itineft en donnent souvent la mesure d'une manière incontestable : aussitôt qu'elles sont frappées par le harponneur, elles s'enfoncent verticalement sous les eaux avec une incroyable vi- Inae , emportant le harpon et la ligne ; mais elles reviennent yflBt6t à la surface pour rendre le dernier soupir, et, lorsqu'elles portent Fempreinte de la vase du fond de la mer, on peut juger fn9 la longuieur de la ligne qu elles ont entraînée est la mesure de la profondeur ; c'est environ 1000 à 1200 mètres.

Vers le milieu de l'intervalle compris entre le Spitzberg et la ooiQ orientale du Groenland, on n'a pas trouvé de fond à 35M mètres*

I ^ LIVBE YIÎi:

iic Sc*ore»by a vu firetjuenunent ta glace se fonne?

lue mer à 20 lieiies des cute^* Des que les premkî^ ei»-*

ms des cristaux devientient perceptibles, la mer ie aàm

me si Ton avait répandu de Thuile k sa surfat^t? ; ces cristiia

iveut promptcinent à la grosseur de 3 ou 4 potion , it ç ot

rs qu'ils comimenceiit a s'agglomej^er, m le froid eocHifiiiet

iir former des nappes dé glace plus ou moins larges, et qui ■

it pas à avoir deux ou trois décimètres dVpaisseur-

is ces conti^ées, la densité de Teau de mer est 1,0^0; fn

* de repos, elle se congc'le à — iV Les eaux qui ont été cû*

•eespar la gelée pcuviiit atteindre à une denâîté de 1,104^

elles ne gèlent qu'à — 10*. Fou sait que Veau satutYeà

ne peut se solidifier qu'à — t

Le froid des régions polaire* i

ï la profoiideur des eaux

?r libre et profonde , sans

calotte des cercles polaires*

loriales par de larges issuft*

pinneurs et inférieurs lei ]

pé ru tare avec plus d ictte.

^sseatieUenieiit lié à Vébmim i conçoit , par exemple, n»

liautS'foiids , oecupsiiit lûcir immuniquant aux mei^é<|uî' îJit évident que les coimmts w^ laititenir Técjuililire de teG> m si au milieti de celle ?ié2ç tncr on conçoit des continents, ou M^ulemeiit des liauts-fondif It mfroidissement qui a lieu par le rayoïmemeut pendant la loiigK absence du soleil , devient nécessuiiement trcs-iniense * puisquH se fait sur une surface solide qui ne se renouvelle pas ; l'air h refroidit à sou tour sur ces plateaux glacés , et c^est ainsi que r produisent ces froids rigoureux qui régnent au pôle boréal*

Le voyage curieux du capitaine Weddel vei^ le pôle au<i^ semble annoncer que dans ces régions la mer est beaucoup pte vaste et plus profonde que dans les régions boréales , et qo'rt même temps la tcmpératuie y est beaucoup plus douce, 0» qu'on a passé la latitude des nouvelles Orcades et des nouvelb Shedaiid qui forment une barritrc de glace, oit anûve dam i* mer libre qui paraît se prolonger jiL^qu'au pôle. De tioiiTtaiiK voyages nous fourniront bientôt de nouvelles dotiiiée^ sur la test pérature de ces climats , et la théorie de la distribution de II chaleur en recevra sans doute de très-grands perfectionnemaiia^* 2îîil. De t équilibre de températiire de I* lerre. — ApMI avoir exposé les principaux résultats des expériences sur la lC3f pérature du globe terrestre et de ratmosphère qui Fen^daife, il nous reste à indiquer, autant que nous pouYons Je UtèèK»

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