‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 3)Chapitre 255 sur 297 · DU SEREIN , DE LA ROSEE , DU GIVRE ET DE LA GELEE · texte numérisé non relu

DU SEREIN , DE LA ROSEE , DU GIVRE ET DE LA GELEE

291. Le serein est une petite pluie fine qui tombe quelquefois sans que Ton aperçoive aucun nuage au ciel. Dans nos climats, ce pliénomène se manifeste seulement pendant Télé , et presqi»^ toujours au coucher du soleil; on TobserTe stutout dans ^

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vallées ou dans les plaines basses, à une petite distance des lacs et des rivières; il est beaucoup plus rare dans les lieux élevés.

La cause de ce phénomène est très-simple. Supposons , pour un instant, que vers cinq ou six heures de T après-midi, la tenir pérature de Tair atmosphérique soit, par exemple, de 20% et la tension de la vapeur de IS'""' : alors, le soleil continuant de s^approcher de Thorizon, la 4;empérature ambiante s'abaisse de plus en plus, sans que la force élastique de la vapeur éprouve de changement, et, quand la température arrive à 14 ou 15®, la vapeur ne peut plus exister en totalité , puisqu'elle aurait une force élastique plus grande que le maximum qui convient à cette température ; il faut donc qu'elle se condense en partie : c'est cette condensation qui produit le sorein. Ce phénomène n'est très-sensible que dans les grandes chaleurs , parce que c'est alors seulement que l'air peut contenir beaucoup de vapeurs.

Rosée. — Tous les phénomènes de la rosée ne sont que des conséquences des lois de l'hygrométrie et des lois du rayonnement nocturne. C'est le docteur Wells qui a le premier décrouvert et développé ces conséquences dans une série d'expériences ingénieuses qui remontent à peu près à l'année 1800 ; son ouvrage sur la rosée fut couronné en 1816 par la Société royale de Londres.

Pendant les nuits calmes et sereines, l'air atmosphérique et tous les corps dispersés sur la surface de la terre se refroidissent par leur rayonnement vers les espaces célestes ; mais ils se refroidissent inégalement : l'air conserve mieux sa chaleur, et presque tous les corps deviennent plus froids que lui, les uns de 1*, d'autres de 2% 3\ d'autres enfin de 10* ou même de 12».

Nous avons vu que ces divers abaissements au-dessous de la températiure de l'air ambiant dépendent de trois causes principales, savoir : l'' du pouvoir rayonnant, de la conductibilité et des dimensions des corps eux-mêmes ; V de l'aspect sous lequel ils peuvent voir le ciel et les objets circonvoisins; 3® de leur position oblique ou inclinée , et de la manière dont ils sont exposés au vent ou aux courants d'air.

Quand il fait un vent plus ou moins fort, toutes ces inégalités diq)araissent plus ou moins, parce que l'air ramène les corps à sa température, à mesure qu'ils se refroidissent par le rayonnement; quand le ciel est couvert, elles disparaissent encore, parce

7lg Li?ni ?m. — lÉTÉoaoLCMîrE.

que- la chaleur diffuse des nuages, diversemont alifoiim ptr Ib diffc*reiits corps^ l'end leurs pertes à peu près egîile» ft analogna à celle de Tair.

Ces faits et celui de la condeusation de la vapetir, d^ quVIle arrive à son maxiniuïn, sufiiieni: pour explicpier Uni* If* p1ii»Domènes si divers que présentent la rosée, le givre et la gelée.

Pour la rosee^ il suffit mainteiiarit de remarquer que I» mu» péraiure de Tair çtant par exemple de 1 5* à une ccrtiiine époque de la iiuit j il y aura des corps à 14*, d'autres :i 13, €*l l«* f\m rayorniantâ seront même à 7, à 6 uu à 5^, s^ils se IronYent cotvenabletneut places» Alors, si l'air é^sI très-humide, c^e*l-à*dirr, il le point de rosée est Toisîn de 1 5", presque tous les eorp ttirtint de la rosée , les plus ehauds en jictite quantït*^ et les jtm froid:^ eu gninde proportion; si T^ir e5t moins humide, si k ytmix de rosée est, je suppose, à 10°, !**s corps qui sont à ph» de 10' resteront secSj ceux qui sont à moins de 10* seront p!m ou moins couverts de rosée ; enfin si l'aîr est eneessÎTemeiii si le point de rosëe efti inférieur à 5*, tons lei^ csiirpsi secs, aussi bien les plus froids que les phis chaud».

Pour d'autres lemperwtiires de l'air, soit à une heure avancée de la nuit, soit dans une saison difterentei le raiâiQaiemeut est exactement le même.

Le gipre ou f^elée bhtneke n*a pas une antre eatiie , car e en de la rosée congelée ; il suflll doue qu'a Tinstant du lexer èi\ soleil, la température de Tair ne dépasse pas 6 ou 7* pour qui y ait des corps couverts de çivre, si d'ailleurs le^ conditions qw don lient de la rosée sont remphes , puiscpi'alors les corps te plus froids tombant au-dessous de 0 , ta rosée qui le* couvre ne peut manquer de se prendre en gbce , ou plutôt en petites ai* g-uiiies de neige.

lies gelées tf automne et surtout les gelées de prmtenîpi , qui sont quelquefois si funestes aux récoltes , ont encore la ménif origine : seulement , l'état de Thumiditë de l'air n'exerce alors aucune influence : ce n'est plus la vapeur déposée qui se congèle, c'est Teau contenue dans les jeunes pousses des plantes . dans les bourgeons , dans les fleurs ou dans les embryons do fruits, qui se gèle elle-même, lorsque ces divers organes délicatv soumis au rayonnement nocturne comme tous les corps dont nous venons de parler, finissent par atteindre une temptratun* de i-* ou 1* au-dessous de 0, ce qtii arrive infailliblement dfs

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