CHAP. IV. — EFFETS DU TONNERRE
Concevons un nuage orageux , qui soit, par exemple, chargé dVIectricîté vitrée : son élévation au-devSsus du sol sera, comme à l'ordinaire, comprise entre 2000 mètres et 6000 mètres ; il aura une forme quelconque, une épaisseur et une étendue considérables. Supposons d'abord que ce nuage soit au-dessus de la mer ou d'un grand lac : par son influence, il décompose les électricités naturelles de la masse liquide, repousse le fluide vitré dans la profondeur du sol , et attire le fluide résineux à la sui^ iàce des eaux. L'accumulation de ce fluide peut y être assez grande pour qu'il y ait soulèvement sensible ; et alors on voit une grande vague ou une montagne liquide qui s'élève, et qui reste suspendue aussi longtemps que dure l'action électrique. Mais ce phénomène peut se terminer de trois manières : V s'il n'y a aucune explosion dans le nuage orageux, il s'éloigne avec plus ou moins de rapidité; l'intensité de son action diminue à mesure que la distance augmente ; le fluide résineux, moins attiré, repasse peu à peu dans le sol, et toute la masse des eaux retombe à l'état naturel ; 2® s'il y a une explosion entre le nuage orageux et quelque autre nuage voisin, ou même entre le nuage orageux et quelque autre point de la terre éloigné de la surface liquide que nous considérons en ce moment, il est évident que le nuage, déchargé subitement par cette explosion , cessera subitement son action sur la surface des eaux qu'il avait soulevées ; et le liquide , forcé de reprendre à l'instant son état naturel, retombera sur lui-même avec violence, son électricité résineuse se précipitant dans les profondeurs de l'eau et du sol pour se recombiner avec la vitrée dont elle avait été séparée. Dans ce cas, l'eau est /bu/froyde par le choc en retour^ dont nous avons déjà parlé (t. 1, n® 212); elle est foudroyée sans que la foudre tombe, c'est-à-dire, sans qu'il y ait explosion entre elle et le nuage orageux ; 3" si le nuage orageux est assez près, assez volumineux ou assez fortement électrisé pour que l'étincelle parte entre un point de sa surface et la surface des eaux qu'il avait électrisée par influence, alors l'eau est foudroyée directe^ wèeniy ou, comme on le dit ordinairement, le tonnerre tombe dans Feau. Cette explosion produit en général plus d'effervescence et de bouillonnement dans les eaux que le choc en i^etour : une telle secousse n'a pas lieu entre les fluides électriques sans qu'il y ait une violente action mécanique dans les éléments pondérables : chacun de ces effets, que nous décrivons longuement, IT. 50