‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 3)Chapitre 270 sur 297 · SG · texte numérisé non relu

SG

LlYRE VIIl. — METÊOROLaGlE,

pL'Ut ùivc produit en un iit^tant, et tn^ine il ne faut qu'un inàUmi iioiîï" les produire &ucccs.siveoit;iit.

Après avoir pris pour exemple une masse mobile, homogène, ni d une égale conduetibilllë ëlecliique dan^ toutes *€s partii^sM ît nous seru facile de comprendre l'effet du ntiage orugeiix sur une vaste plaine composée d élémenis hetrrogèiies et diuïr^*^ ment conducteurs. Les électricités naturelles du sol seront eno>ri* décomposées p£ir inlluence, le Uuide vitré sera encore refoult^^ vl le lluide résineux, attiré et nccumulé ircrs k pattie aipérieiirr *in sol. MaiSf dans le eus présent, il ne faut pas ntms îtmker i l;i superficie, il faut pénétrer pi*r la pensée dans toutes les courli^ qui constituent le sol^ jusqu'à une assez grande profoadeijriflj fltimcler les bons el les mauvais conducteurs, et recoiiuaili^ t*nfin leur forme, leur étendue et leur arrangement. Toutes ita, t-trconsliinec» unt une part plus ou niom^^ marquée dans k pb uoméne. Il est évident, par f^xemple, tjue, & il y avait si quelqu l>ieds aa-des&ous du sol une couche métallique d'une grand éteurlue, l'action du nuage serait plus étiei^que, lit (|iiîiulilt d* électricité îiccumulée beaucoup plus gntude^ et Tétiiict^Ut |kftt^ tinut plus tut ; alors la croûte supérieure du sol serait pereéeptf la foudre en un ou plusieurs points, cotuiuç la carte ou le carrL^au de verre dans nos expériences avec les batteries. G0U.C i Limparaiàoii sufiit potu nous faire comprendre qiie> danâ k» q vastes pUiincï^^ la nature du ïhjI» son état de séclicresse on dliuniidité, et la conductibilité des masses plus ou moins volumilieuses que ses couches peuvent contenir, sont des éléments qui déterminent l'explosion de la foudre et les effets extraordioaim qu'elle produit. Dans ce cas, le nuage oragetix peut encore n'exercer qu'une action par influence, foudroyer par le choc en retour, ou foudroyer directement

Il ne paraît pas que le premier mode d'action puisse jasais produire aucun phénomène apparent; il n'y a jamais de secousse cjuand les électricités sont décomposées lentement et lentemeot recomposées : il parait cependant que ces changements d*équilibre électrique peuvent être sentis par les êtres orgamsés, rt particulièrement par les malades aifectés de quelques maladies nei-veuses. 11 faudrait des observations plus précises et plus multipliées sur ce sujet.

Le choc en retour est toujours moins violent que le choc direct. On n'a pas d'exemple, à ma connaissance, qu'il ait produit

GHAP. IV. — fiFFETS DU TONNERRE. 787

quelque combustion : mais il paraît certain que les hommes et les animaux peuvent être frappés de mort par le choc en retour ; on n'observe alors de trace ni brûlure, ni plaie, ni fracture.

C^est par le choc direct que la foudre produit ses plus terribles effets. Quand elle tombe sur le sol, elle y marque son passage par un ou plusieurs trous plus ou moins profonds : la terre en est remuée, fouillée et arrachée.

Si quelques petites émincnces s'élèvent sur les plaines, elles sont frappés plus tôt, parce qu'elles sont plus rapprochées du nuage; par la même raison, toute élévation au-dessus duvsol est plus exposée aux coups de la foudre ; quelques mètres de hauteur de plus suffisent pour déterminer l'explosion ; c'est pourquoi les animaux sont souvent frappés au milieu des plaines : mais, toutes choses égales d'ailleurs, ceux qui sont siu* un sol mauvais conducteur courent moins de dangers que ceux qui seraient sur un sol bon conducteur.

Considérons enfin l'action du nuage orageux lorsqu'il passe au-deMDs de quelques objets élevés, comme des arbres ou des édifices. Si ces objets étaient non conducteurs, leur présence n'aurait aucune influence, le nuage n'exercerait son action que sur le sol ; mais, comme ils sont plus ou moins conducteurs, leur électricité est décomposée, et elle l'est en raison de leur conductibiUté, de leur forme et de leur élévation. Les arbres, à cause de leur nature et surtout à cause de l'humidité qu'ils contiennent, sont en général d'assez bons conducteurs ; et leur cime, toujours plus ou moins rapprochée du nuage, reçoit, par conséquent, une grande accumulation du fluide. C'est par cette raison que les arbres attirent la foudre, et les plus hauts sont frappés les premiers. On doit donc, pendant les orages, redouter l'ai^roche d'un arbre , et même l'approche d*un buisson , surtout au milieu des plaines ; car si la foudre éclate , c'est l'arbre ouïe buisson qui sera frappé. Dans les pays couverts, le danger n'est pas le même : il est toujours certain que si le tonnerre tombe, il tombera sur un arbre ; mais, au moins, il ne tombera pas sur tous : cependant, pour chercher un abri au moment du danger, le plus habile observateur serait fort embarrassé du choix, et ce qu'il y aurait de mieux à faire serait sans doute d'éviter les arbres et de se coucher par terre.

Les édifices sont, en général, composés de métal, de pierre et de bois, qui reçoivent de la part du nuage orageux des

•us LIVRE VIII. — MÉTÉOROLOGIE.

acUans très-difTérentes à cause de leurs diflFëreutes couduciiUiliies. Mais quLind la foudre éclate, on conçoit qu'elle frappe <3r préférence tous les meilleurs conducteurs ; il importe peu qu'il* soient à découvert ou qu'ils se trouvent enveloppés dans Tintr* rieur de quelques massifs moins bons conductêui'S ; Taetion par influence n'est empêchée par aucun obstacle ; elle se fait seoiir sur un clou , au milieu d'une masse de pierres, nomme sur ont girouette exposée au nuage : c est ce principe qui explique iiw foule de pbénomèneSj d'abord incompréhensibles j que Toti obseïTc dans les explosions de la foudre. Cette puissance semble adr avec une sorte de discernement , elle semble fuir ou rc*pecter un objet qui se trouve sur son passage pour en aller frapper un autre qui est loin et caché. Tous les accidents plus ou moins merveilleux que Ton rapporte à cet égard, tic pre^ntr^ ront sans doute aucun embarras à Tobservateur ipii aura ht*-ii saisi les principes de la conductibilité et de Félectricîtf* par influence*

Après avoir indiqué les principales causes qtit détermieenï rexplosion de la foudre à la surface de la tene, nous essayerom d'examiner eu général les effets qu'elle produit. Nous distingiK^ n>us ici , comme dans les phénomènes des piles et des batteiies, les effets mécanic[ues, les elTeLs physiques et les effets eliimiqiic*.

Les effets niivafiiqnes de la fondre sont d'iine iocroTabîc ii»lensité : quand le tonnerre tombe dans un appartement, il arrive prescjue toujours que des meubles ou des ustensiles sont déplacés ou renversés ; on a vu souvent des pièces de métal arracbrt* de leurs scellements et transportées au loin; les arbres sont quelquefois fendus et brisés ; mais ordinairiement ils sont mar* qués de la cime jusqu'au pied par un sillon de plusieurs centimètres de large et de plusieurs centimètres de profondeur; alors récorce et les fibres arrachées sont lancées à une grande distance; au pied de T arbre on voit souvent le trou par lequel les fluides se sont répandus dans le sol. Enfin, ce qui paraîtra sans doute encore plus surprenant , un observateur affirme que , par un coup de tonnerre, un petit mur de briques de plusieurs toises A' longueur a été arraché de ses fondations, et transporté tout d'une pièce à plusieurs toises de distance. De tels effets ne peuvent être expliqués par les lois ordinaires des attractions électriques , et nous avons indiqué (t. I , n® 253) un principe nouveau qui semble en donner la solution.

GHAP. lY. — EFFETS DU TOKNERRE. . 789

Les effets physiques sont plus analogues à ceux que. nous pou- TOUS produire avec nos batteries ; ils se réduisent à une élévatioii de température plus ou moins grande. Quand le tonnerre tombe sur des toits de chaume, sur des meules de fourrage, sur des charpentes sèches, ou même dans certains cas sur des arbres verts, il carbonise les parties qu*il frappe, et trop souvent même il y met le feu et produit des incendies.. Je dois ajouter cependant que dans tous les arbres frappés de la foudre que j'ai eu occasion d'observer, il ne s'en est trouvé qu'un très-petit nombre qui offrissent des traces de carbonisation. Les métaux, comme meilleurs conducteurs, sont toujours fortement échauffés par le passage de la foudre ; souvent même, ils sont fondus ou volatilisés. Ainsi , il n'est pas rare de voir, dans une maison foudroyée, tous les cordons de sonnette réduits en globules étincelantes ou en fiunée. Ces effets sont connus de tout le monde , et Ton devrait prendre garde que, dans les fermes ou dans les maisons qui ne sont pas protégées par des paratonnerres, il ne faut qu'une pièce de métal maladroitement placée y pour que le tonnerre en tombant détermine un incendie.

Les effets chimiques sont incomparablement plus intenses que ceux que nous pouvons produire avec nos batteries. Les coups redoublés de la foudre sur les sommets élevés des hautes montagnes laissent des traces de fusion très-sensibles. De Saussure en a observé sur la cime du mont Blanc , dans l'amphibole schis» teux; Ramond, sur le pic du Midi, dans le schiste micacé; près de la cime du mont Perdu, sur un calcaire fétide mêlé de sablon quartzeux ; et au Puy-de-Dôme , dans une espèce de porphyre qui compose la Roche sanadaire : enfin MM. de Humboldt et Boopland ont vu, sur la plus haute cime du volcan de Toluca, la surface du rocher vitrifiée sur une étendue de plus de deux pieds carrés ; il y avait même en plusieurs endroits des trous dont l'intérieur offrait la même croûte vitreuse.

Voici un autre phénomène de fusion bien plus remarquable , qui a été observé et décrit avec beaucoup de soin par le docteur Withering. [Trans. phîlm.j 1790; et Jnn. de Chim. et de f^hj-s., t. XIX, p. 395.)

Le 3 septembre 1789, le tonnerre tomba sur im chêne dans

e parc du comte d'Aylesford, et tua un homme qui avait cher-

'hé un abri sous cet arbre. Le bâton que ce malheureux portait

la main, et qui lui servait d'appui, fut, suivant toute apparence,

b priiiêiptile vme ijiie suivit le Jluule ëk-ruiqtHs pit^|tii* Ir iJ dans le point auquel \v bàtoii abDUlis&uil était prrce d'uu ii«d| il* ft pouf:eîi de pri^ffiTnicur et de 2 ^ do diunuctre. ilc ïk«^ CTtamlae pcii d'imtxitils uprcs sa formation pr M, Witlu3mg,« ren fermait que quekjues racines de gu;£(iti briMéi^. IM mmmmâ pmbablerncnt fiiû les obj^ei-vations , m lord Ayltîsibrd ne iém dt^îermine à faire coiiâLraire une petite pyriiiiudr, dans le lin même de revëncmeut, avec une inscription destinée à cy&ritifirr ics passants de chercliei", en temps doragi!, tui abri 4«»u. •*rbi'e&. Mais» en erensaut pour le* fonda liotij^^ on trouva ^ ioi, dans la ilireriiim du Uoii^ av;ût été noirci ju»qii'i« \m |i. deiir de 10 pouces; detiit pottix-s ptuâ bus, W terntiii qn^imatt oflrait des tmtes évidentes de fusion. Les éehantilloiiSt ttdfcaéi à la Société t'oyale arec le Mémoiixï du d{Kl4JUr Witbmiag, ii eomposaient : ■

1*^ D^uu? pierre tjuartzeuse doul un des tiigk'S iiv;ait été cfw plétemeut foudu ;

T' D\m bloc de sable agglutine par la elnileiir^ csir il p y tmx âucime maiière caletiire en De les graine. D;uj5 cette iiijui«c c^irtail uiie partie oreuse, mi la fusiou avait été û parfajie^ que la m* lière quârtiouâe> après avoir coulé tout du kmg de k oivM^ présentiàit dans le fond une forme gk»buleuse* 1

3" De plu^ïieun» jiièces plus petites, mais toutes égakmM trouées.

Enfin aous devoiis citer encore comme un effet c^hîmique de la foudre ces tubes dnguliers qui cmt été découverts dans k plaines sablonneuses de la Sîlésie , de la Prusse orîeotale , di Oumberlaad , et même du Brésil pi^ de Bahîa. On les a(^>die tubes fuimiMoires , et tout nous porte à croire qu'ils sont bk» nommés.

Ces tubes ont, eu général , 5 centimètres de diamètre eité» rieur, quelques millimètres de diamètre intérieiu:, et jtoqaa 8 ou 10 mètres de longueur; leur sur&ce intérieure est un Terre pai*£ut , uni et très-brillant , semblable à Topale Titreuse ; kiir surface eattérieure est rugueuse, pleine d*aq>ériiés, et fonne une espèce de croûte revêtue de grains de quartz agglutinés, coiiiBr s'ils avaient éprouvé un commencement de fusion* Ob les tianfe enfoncés dans le sable, UntotverticalemeiU, tantôt oUiqueiBent; quelquefois ik se terminent à leur extrémité inférieure par pinsieurs brandies semblables à des racines qui deviennent dephn

Page 1