CHAP. IV. — EFFETS DU TONNERRE
isîj toutes les régions atmosphériques sont dans un état élecjue habituel, mais cet état yarie dune région à Tautre : ici, st l'électricité vitrée qui domine ; là , c'est l'électricité résiise; à coté, se trouve peut-être une région presque sans tenn électrique ou à Tétat naturel.
Les observations constatent, en eflet, cet état électrique habii de Tatmosphère. En 1755, pendant une sécheresse de six naines, depuis la mi-septembre à la fin d'octobre, Lemonnier &erva chaque jour de Télectricité dans l'atmosphère, et cepenit la sérénité du ciel fut à peine troublée par quelques nuages rant cet intervalle. Les expériences de de Saussure, Erman, Ita, et d'un grand nombre d'habiles physiciens, confirment ce ultat. Ou croit même, et c'est une opinion assez généralement 3ptée, on croit que sous un ciel serein l'électricité de l'air est tt ordinairement positive, et qu'elle augmente d'intensité à îsuic que l'on s'élève. Les diverses séries d'expériences que i eu occasion de &ire ne conduisent pas à une conséquence Bfii absolue : c'est un sujet de recherches très-intéressant pour
météorologistes. Il se pourrait bien, du reste, que l'air serein
âectrisé positivement dans certaines saisons, et négativement as d'autres; et peut-être aussi cet état électrique n'est-il pas même dans tous les climats.
Les appareils nécessaires à ces recherches ne sont ni dispenux ni embarrassants : un petit électroscope suffit pour indi- !r les fortes charges. On peut l'armer d'une pointe ou même me baguette assez longue , au bout de laquelle on met un arceau d'amadou enflammé. Lorsque cet instrument ne donne cun signe d'électricité, il n'en faudrait pas conclure que l'air
à l'état neutre ; mais il faut alors employer un condensateur is ou moins sensible. L'un de ses plateaux communique au i pendant l'expérience , et l'autre communique par un fil de ïtal à une baguette isolée , ou même à une longue perche , à Ktrémité de laquelle on allume de l'amadou ou une mèche ifirée. Dans ce cas, il iaut avoir soin de ne pas prendre pour
l'électricité de l'air celle qui serait développée par la comstion. Enfin, pour prouver que l'électricité va en croissant à isure que l'on s'élève, il ne suffit pas d'obtenir de plus fortes irges à mesure que le sommet de la perche s'élève plus haut. f a plusieurs autres considérations dont il faut tenir compte, is dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer ici.
750 UVHE VUL — JlKTEOIlOLÙulE,
D'iipi'ès ces floiineeSi il eût farile de coiopreiiclie cointii€«it # forme (it les iiiiageâ orageux, et cunimeiU ib prenneut les iim l'élecLriclle posiihe, les autres !*électrieite iiegaiive. Toulei le^ vîineursj eti û prodigieuse qiianlîlë, qui se réunissent pour c»©poser uu minge, y |iurteiit ueee^saireineiit leur propn^ eleclricilf. Ainsi, la même quantité de fluide électrique, qui était di^jNfiiu* liée dans uue immense étendue de ratmosplière, se tTOure e«^ eentrée dans Tespaee oecupé par le uua^e. Là, elle &c{|tiîetlîtf CûuséqueDt une tension beaucoup plus grande. Si cette v^pgm est électiisée positivemenl, le nuage sera positif, et il sera n^jt* tif si la vapeur est elle-mejiie négative.
l>e& nuages oragetix ne se forment pour l'ordinaire que da» ec;rlaînes saisons de l'année, et de préférence en certains hem. jiarce que Tétat électrique de iairniî pas la même inleii^itt'djj& laus les lieux et dans toutes les saisons ; et en cet état la v^pm eoiM.-ourt puissamment à produire ees pliéuomèues, e^ir elle p«* acquérir des tensions bien différenleâ aux diverses tempéralufi* et par conséquent former des amas ou des nuages dciiit la constitution est tres-dîffé rente, s*iit pour la eonduelibilîté, soit pour les autres propriétés éleclntpies. Mais, il faut Tavouer, Mleprio' dpe de la formation des nuages orageux ne présente pàsdedif* ficultés, les applications en i>résententj parce que ncms n ai»tiii> pas assez de données sur la formaiioii des nuages elle-Enéme.
507. De!i poratonncrFc^s. — Les paratonnerres se rompostfflt d'une tige métallique pointue qui s'élève dans les airs, et don conducteur qui descend de Textrémité inférieure de la tige/i*qu'au réservoir commun.
Les conditions nécessaires pour qu'ils puissent produire l«r effet sont :
1** Que la pointe de la tige soit suffisamment aigué et cependant assez résistante pour n'être pas fondue par un coup A* foudre ;
2" Que le conducteur communique parfaitement au sol;
3" Que depuis la pointe jusqu'à Textrémité inférieure du coi>ducleur il n'y ait aucune solution de continuité;
4** Que toutes les parties de Tappareil aient des dimeaMom convenables.
Pour mieux comprendre ce qu'il y a d'essentiel dans chacune de ces conditions, supposons pour un mstant qu'elles soient remplies, et examinons l'effet du paratonOTire sur un nuage orageux
CHAP. lY. — DES PARATONNERRES. 797
ui passe au-dessus de lui. Les électricités naturelles de la tige t du conducteur seront décomposées : celle de même nom sera •poussée dans le sol, où elle pourra se répandre librement, niscyuie le conducteur communique parfaitement au sol ; celle e nom contraire sera attirée au sommet de la tige , et là elle ourra s^écouler dans Tair par Textrémité de la pointe. Pendant ue le paratonnerre est ainsi en activité , pendant qu'il est traersé par des torrents de fluide électrique , on peut en approher, on pourrait même le toucher ou le serrer avec la main ins aucun danger , du moins à sa partie inférieure , car aupr<>s e la pointe il y a non-seulement élévation de température mais
se manifesterait aussi des effets de tension.
Supposons maintenant que Tune ou Tautre des trois premières onditions ne soit pas remplie , que l'extrémité de la pointe soit rop émoussée, que le conducteur communique mal au sol, ou [u'il y ait quelque solution de continuité dans sa longueur : alors, 1 est éndent non-seulement que l'accumulation de Télectricité ;st possible sur le paratonnerre, mais qu'elle est inévitable; c'est m conducteur qui se charge et qui peut recevoù* une énorme imntité d'électricité; si on l'approche, on en peut tirer des tincelles, tantôt faibles, tantôt fortes, quelquefois foudroyantes.
Il y aura danger, mais le danger sera différent selon les cas.
1% c'est la pointe seulement qui est émoussée, et que le toiilerre tombe, il frappera la tige , en pourra fondre l'extrémitc*, MUS en général il suivra le fil conducteur et ne fera aucun ravage kns l'édifice.
S c'est le conducteur qui oflre des solutions de continuité ou tfà communique mal avec le sol, le tonnerre pourra encore tomber et fondre une longueur plus ou moins grande de la tige ; ttais il est presque certain qu'il se portera aussi latéralement sur tous les corps conducteurs voisins, et qu'il pourra exercer sa destruction comme si le paratonnerre n'existait pas.
Mais il y a plus : un paratonnerre qui présente ces défauts est ^trêmement dangereux, même quand le tonnerre ne tombe pas ; îar, du moment que l'accumulation de l'électricité sur le conlucteur est devenue assez grande, le fluide tend à se porter latc»- ^lement sur tous les corps conducteurs voisins, et l'étincelle qui fn résulte peut les foudroyer ou les enflammer. On en peut citer in déplorable exemple. En 1753, lorsque de Romas faisait eu ^rance les belles expériences dont nous avons parlé, RiclimnniY,
7^S UVBE VllL — MÉTÉOROLOGIE.
de rAcadémie de Saiiit-Pètersibourg, et Irès-habiJe profcsâair physicfue expTÎmeittale, fui tue subitement pur une etim cpidcpic distance d'tiu paraumnerre qui descendait dant » insî- $on, vt dont il avait inteiTompii It? randiicteor pour étudier b «fi'i^is de IVlectôcîte des miages. Snkolow, gravettr de Ticsdéttiie , vit IViiiiceUe sortir du cxïoducteur et fnïpper BidasuB £iu froiit; elle i*tait , dit-il, ^osse comme le poing, m
Si c'est lïi qitiitricme condition qui n est pas remplie z i!i^ ditnenaioiu^ dcî lu pointe, de la iigf* Oii do eondacteur tkùm insuffisante!^; nlors, là oii le connmt L^ectrlque se trmn^^A trop à IVtj^oit, le métal serait foniln et tomberai t en pliir dr feu; quelquefois il pourrait t^tre brw et comme pulvwpisé * ct 11 y a certains alliages qui sont ainsi disj>erses sans être fondas ' Ou poun'^^it citer de nombi-eux exemples de e^s effet» de fW? j HW \m pointes de platine et sur le^ baguettes de laiton cpuli ■ soutien tient ; on pourrait citer aussi [ilusieurs e:ïeitiple* de osductcurs eu càldes de laiton qui ont été brisés et pix^jeiéâ.
Apres avoir indiqué les conditions sous lei^cpietles un pamtou^ uerre est efficace , et les dangers qti'il y a à nég^liger ces oDn£* tionsi^ il nous i este à faire savoir comment oti peut tes msplo | dans la pratique.
L'Académie des scienees s'est occupée à plusietirs rrpw êr cette importante question : en 1823, elle avait approuW un rapport de Gay-Lussac sous le titre tï I nstruction sur fes minûm^ nerres; eu 1854 et 1855, elle a pareillement approitvé (Ëtrf* rapports que j'ai été chargé de lui faire sous le titre de Sijfè' ment à Vinstruction sur les paratonnerres; elle a de pim AiHi que ces rapports, rétmis à rinstniction de 1 823, seraient pdiEfi en un petit volume , pour être mis à la dispo&itioii do pnbir. C'est de cette instruction pratique, adoptée par FAcadëine, f» je vais extraire les indicatioiis générales qui me semblent de ntture à trouver ici leur place.
La tige d'un paratonnerre a environ 9 mètres de longueur; elle se compose habituellement de trois pièces ajoolées bout à bout, savoir :
Une barre de fer de S*,60
Une baguette de laiton de 0",60
Une aiguille de platine de 0"",05
Leur ensemble forme un cône ou ime pyramide qui s'asiiiicÀ
CHAP. lY. — DES PARATONNERRES. 799
g[ulîèremeiit jusqu'au sommet, et dont la base a 5 centimètres ( diamètre (Pl. 48, Fig. 24).
L*aiguiUe de platine est soudée à la baguette de laiton avec la soudure d'argent, et Ton enveloppe encore cette jonction ec un petit manchon de cuivre m (Fig. 26). La baguette de laiton se réunit à la barre de fer au moyen d'un «jon gj qui entre à vis dans toutes deux (Fig. 24) ; ce goujon : ensuite fixé dans chacune par deux goupilles à angle droit. La barre de fer est quelquefois composée de deux parties or la fiaicilité du transport; alors, ces deux parties s'emboîtent ■ctement par un tenon pyramidal de 20 centimètres de loueur ; une clavette c, qui les traverse, lés maintient fortement
Pour ajuster la tige au-dessus du bâtiment, on perce le toit, on la fixe avec des brides ou des étriers solides , soit contre 1 pmufDU, soit contre le faîtage : on ne doit s'occuper qu'à Â donuer de la solidité, et à empêcher l'eau de s'infiltrer; il n'y aucune pécaution à prendre qui soit relative aux effets de fectridié. On en voit trois dispositions (Fig. 29). Au bas de la tige, à 8 centimètres du toit, on soude une em* se bb' destinée à rejeter l'eau.
Un peu au-dessus de l'embase, dans une longueur de 5 centiêtres, la tige est cylindrique et parfaitement rodée pour recem un collier //' brisé à charnière (Fig. 25), qui doit unir la pi an conducteur.
Lb conducteur est une barre de fer carrée de 15 à 20 millièbes de côté, qui se fixe au collier //' au moyen du boua mi^^ et qui descend ensuite jusqu'au sol ; les diverses pièces â le composent sont assemblées comme on le voit dans la fi- ■e 27. Quelquefois, au lieu d'une barre de fer, on emploie un Ue en fil de fer ou de cuivre d'une longueur convenable , et ors il s'ajuste au collier, comme on le voit (Fig. 28). lV>iu* que le poids du conducteur ne porte aucun dommage à couverture , on le fixe sur des pattes de 3 en 3 mètres de ■lance, et à peu près à 15 centimètres d'élévation; arrivé à la !tiiche, on le courbe convenablement pour qu il en prenne le itour sans la toucher (Fig. 29) , puis on Tapplique contre le r ; on peut l'y fixer avec des crampons de distance en dis^ ce 9 et on l'amène jusqu'au réservoir commun conformément I quatrième rt-gle qui est indiquée un peu plus loin.
800 LIVBE VllL — MÉTÉOROLOGIE,
Telles étaienl les dispu^itionà primitives, niais rendre compte de quelques luodificatiotis qu il a paru nt^ce^éain- *ry introduire ; en même temps nous développerons un caùm nombre de rè|(les pratiques qui s'en déduisent -
Nous avons dit que le paratounerre doit être continu itfà la pointe de la tige jusqu au réservoir commun,
t Mais il faut bien explitper ce que doit être cette contiuttir, car on peut, à la rigueiu', T entendre de deux maiiJ€*r€s:fi peut admettre que deux pièces de métal qui se touchent foroiftT un ensemble asse^ continu pour rélectricité ; on peut ndmt^, nu contraire, que le plus souvent ce simple contact e»t ïv^valent d'une lacune , k cause de roxydation qui se produit èw le temps et des corps étrangers qui se déposent entre les an* faces.
4t L'Instruction de 1823<j sans avoir adopté la preinîêï« tf^ uion, nous paraît n'avoir pas asse?* recnmmandé la seconilt qui, à notre avis^ doit ctie exclusivement mise en pratique tout ce qui appartient aux paratonnerres,
<i Nous ne nierons pas, sans doute, qu'eu niultipUant le$ cautions et les soins , on ne puisse pnrvenir à joindre ei à lonner deux pièces de fer on de cuivre assez etroitemeat qu'elles offrent au Huide électrique un assemblage vé ri faWf "1111*111 continu ; mab quand les joints doivent se multiplier, nms o^* gnons quelques négligences des ouvriers, et par-dessus imi wm^ craignons les altérations chimiques des surfaces, les dépôts àr» diverses matières étrangères, enfiti les dislocations mécï^f^"»'^ qui se produisent aussi avec le temps et par des secousses Rfetëes. En conséquence, nous regardons comme indispensable k» deux règles pratiques suivantes :
« Première règle. — Réduire autant que possible le vaaàn des joints sur la longueur entière du paratonoerre , depois h pointe jusqu'au réservoir commun.
« Deuxième règle. — Faire au moyen de la soudure à Tét^a tous ceux de ces joints qu'il est pécessaire de faire sur pltoc> soit à cause de la forme, soit à cause de la longueur des pièces.
n Ces soudures à Tétain, qui devront toujours se hïre su des surfaces ayant au moins 10 centimètres carres, seront en outre consolidées par des vis, des boulons ou des mandions.
« Ces précautions nous semblent commandées par la prudence, surtout pour les édifices où il entre beaucoup de métal,
CHAP. lY. — DES PARATONNERRES. 801
pour ceux qui sont placés sur un vaste sol bon conducteur, enfin pour les bâtiments de mer ; parce que ce sont là , comme nous Tavons dit , les conditions qui donnent , pour un même nuage orageux , les flux électriques les plus considérables.
« Troisième règle. — Une troisième règle , à laquelle nous attachons aussi de l'importance, est de ne pas amincir autant qu*on le fait, en général, le sommet de la tige du paratonnerre. A notre avis, Textrémité supérieure du fer ne doit pas avoir moins de 3 centimètres carrés de section ; par conséquent 2 centimètres de diamètre; on y fera à la lime et dans Taxe un cylindre ayant 1 centimètre de diamètre et 1 centimètre de hauteur, qui sera ensuite taraudé ; sur cette vis saillante on adaptera un cône de platine de 2 centimètres de diamètre à la base et d^une hauteur double , c'est-à-dire de 4 centimètres ; l'angle d'ouverture à la pointe aiguë étant ainsi de 28 à 30 degrés; ce cône de platine, d'abord plein, sera creusé et taraudé pour faire écxounrla vis, ensuite il sera soigneusement soudé au fer, à la soudure forte, pour composer avec lui un tout continu et sans ▼ides (Instruction de 1855, page 96).
« Cependant le platine ainsi que Tor et le palladium qui
pourraient le remplacer sont des métaux d*un prix élevé, de
plus bien peu d'ouvriers ont Thabitude de les travailler , ou du
moins d*appoiter à ce travail la précision et les soins délicats
iipi sont ici la condition indispensable du succès. Ces motifs
■DUS ont ramené à une proposition qui avait déjà été discutée
dans le sein de la première commission et qui consiste à faire
ùnplement la pointe des paratonnerres avec du cuivre rouge.
A cet effet un cylindre de cuivre rouge de 2 centimètres de
£amètre , comme la partie supérieure de la tige de fer du pa-
atonnerre, est brasé avec elle pour en faire le prolongement;
H longueur est d'environ 20 centimètres, et il se termine eu
liaut par un cône de 3 à 4 centimètres de hauteur.
« Notre conclusion, à Tégard de cette pointe de cuivre <Ouge, est que rien ne s'appose à ce qu'elle soit employée presque avec la même confiance que les précédentes; si Ton peut ^teindre qu'elle n'éprouve quelques altérations superficielles de la part des agents atmosphériques , ces inconvénients possibles ^nt plus que compensés par les avantages suivants :
« 1* Le cuivre rouge , tel qu'on le trouve dans le commerce , ^t, avec le palladium, l'or et l'argent, parmi les meilleurs II. 51
UVAE VIIL — HÉTÉfiHOLOOIE.
roniliideurs fit? la chaleur et de Télectricite; 1« pcimta dia m tJe ce nietai s*i'chnuffcra donc beaucoup moins que cdlr àê cane de plaiine sous riofluence des coumuts i*lectriqtR"s et mkn^ des coups de foudre ; ainsi , a^ec la fomie cpjc dou& lui im* lions, il est nrobïdjle qu^elle ne ^erà ni fondue ui profond^nittii a%ydëe.
(I 2* Le paratannerre à pointe de «nuTre rci\ig6 a qu'à inic moindre dépense ; il devient accessible , iioO' aux communes» mais à la plupaut des propriétaires j il peut fuhricfué partout, car il y a sans douie en Frani>e bien peu villages ou \\m ne trtiui^e un Du>ner fort capable de Iravailkf et d- ajuster toutes les pi<!^es d'un paratonnerre établi d'aprà tr systiiiae [Itéstrurtitm f/r 1855, page 126), ^
» Imllquons les nus^ins de ce changement. ^
« Quelque grand qtw soit un nuage orageux j f}Uélc|uie rlerabie que puisse l'-trc son iniensite électrique y il e^l que, s'il était assez loin du para ton nenx^ et que s'il s'en chaît as0Ê% lentement, jl n'y aurait aucune exploftioii dr b foudre : le parutnnnerre eitenerait d'une manière i*ITicace*iM action prtvt^nth'e; sans neutraliser complètement la puiâiâtux e^lectrique du nuage, il la réduirait dans ime enonxie pfupap^ tion; et, dans ce tas, il ne pmtégerait pas .seulement un eerifc restreint autour de lui, il aurait de pluâ protège pi*r antiàp^ tioUj dans une certaine mesure, tous les objets au-dessus di** quels ce nuage doit passer dans sa course ultérieure- C'est potf augmenter encore cette action préventive si remarquable fw nous donnons au paralonnene , dans toute sa long^ueur, «flt eoniinuité métallique absolue qui la favorise à un haut Jkçf^ La pointe aiguë dxm angle de 30 degrés que dous subî^ime^ il la pointe aiguë et beaucoup pins ciblée dont on se sert gén^ ralcment, n'empêche pas cette action, bien qu'elle soit im^ii* propre à la favoriser quand les distances sont petites et le*" tJvtensités faillies; mais elle a une incontestable supériorité pdf b résistance incomparablement plus gnmde qu'elle opp)^ i '* ftiaion , résistance que nous jugeons nécessaire.
" En effet , il faut bien se poser cette question : Uu b<Hi ptralonnere pent-il être foudroyé j à la manière d'un ma«W paratonnerre, à la manière des antres olijets terrestres, c'm-idire pur un éclair, par une explosion soudaine;' Or» a teni* question nous ne trouvons dans les faits jusqu'à présent coooh^
CHAP. lY. — DES PARATONNERRES. 803
en qoi nous autorise à faire une réponse néîg[ative absolue*
dirons seulement que ce phénomène, s'il se produit, ne sat se produire que sous la condition qu'une force électrique oisidaable se déreloppe subitement dans le voisinage du pa« tonnerre* C'est là tout ce que nous pouvons déduire aujourhtti des lois encore imparfaitement connues de Télectricité mosphérique ; et il n*est pas impossible que cette condition se dure quelquefois remplie, soit par les actions multiples et diacKâ qui s'exercent entre des nuages différents , soit par des ndensations rapides , analogues à celles qui donnent tout à ntp, des masses d*cau ou de grêle, soit enfin par d'autres oses dont notre ignorance actuelle ne nous permet pas d'apertoir l'origine.
« Ce jdbénomène , nous n'en doutons pas , sera très-rare et, roB Teut, tout à £iit exceptionnel; mais il suffit qu'il ne soit ft ÎHpoisible pour que nous en tirions cette conséquence pi'a- {oe : qu'il est indispensable de constituer le paratonnerre, «•seulement pour qu'il ne soit pas détruit par la foudre, mais sore pour qu il n'en puisse éprouver aucun dommage capable iffiûblir sa puissance protectrice.
K La pointe mince et effilée ne remplit pas cette condition ;
il ne £ftut pas un coup de foudre bien vif pour qu'elle soit 0ueêée , ou même pour que la tige qui la porte soit ramollie n tel point que, par son poids, elle se courbe en forme de se , et s'il arrive que le coup soit violent , la pointe et ime |riiciir plus ou moins considérable de la tige tombent en glokm enflammés. Après de tels accidents , si le conducteur luitee n'a reçu aucune atteinte , il est vrai que le paratonnerre m pas précisément bors de service , mais il est certain aussi *il ft pôrdu tout l'avantage que l'on avait recherché en lui nnaiit une pointe à angle très-aigu. Un appareil ainsi d('gradé tte encore très-propre à recevoir d'autres coups de foudre et protéger autour de lui dans un certain rayon , mais il est demi ini|wopre à exercer aucune action préventive, puisque le Qunet de la tige n'est plus qu'une masse informe recouverte me couche épaisse d'oxyde.
« Dans ses deux états il représente les deux opinions extrèmt's i, à diverses époques, ont été émises sur les paratonnerres; int le coup de foudre il représente l'opinion de ceux qui dendent exdusivement au paratonnerre une action préventive ;
804 LIVRE YIII. — KÉTËOROLOGIE.
après le coup de foudre il représente l'opinion de ceox qui, ne comptant pour rien l'action prérentiTe, demandent seidemeot que le paratonnerre puisse être foudroyé sans donunage. No» ne prétendons pas donner satisfaction à tout le monde ,■» nous avons la ferme confiance qu'il est possible de constituerai paratonnerre qui résiste parfaitement aux plus violents couj» et foudre et qui possède, après comme avant, une action préf» tîve très-efficace.
Quatrième règle. « Quant à la communication des condvteurs avec le réservoir commun , nous la recommandons et nouveau, avec tous nos prédécesseurs, conune une conditioB absolue qu'il faut remplir à tout prix. Nous ajouterons mène sur ce point deux observations qui nous semblent nécessaires.
« Premièrement , dans les plus anciennes instructions sur k paratonnerres , il est dit que les conducteurs doivent commaiquer avec les eaux d'une rivière, d'un étang, d'un puits ooè moins avec la terre humide. Cette règle , très-exacte en diemême , devient souvent fiiusse dans les applications de ce q« l'on en fait. Quelquefois on s'imagine que le feu du ciel sèàsx avec de l'eau de la même manière que le feu d'un incendie, ett si l'eau est rare , on se tire d'affaire en l'enfennant dans une citerne bien étanche pour y plonger les conducteurs, crojant ainsi avoir largement satisfait aux règles de la science. Cest là une erreur des plus dangereuses : le conducteur doit commumquer avec le réservoir commun, c'est-à-dire avec de Tast?< nappes d'eau ayant une étendue beaucoup plus grande que crf^ des nuages orageux; Teau deviendrait elle-même foudroyanle. si elle n'avait pas une étendue suffisante. D'autres fois, dans les localités où les puits sont possibles , mais coûteux , on profite de l'alternative laissée'par les instructions : au lieu de faire un puits, on met les conducteurs en communication avec la terri' humide, mais on ne s'inquiète pas de savoir si cette teire conserve une humidité suffisante aux temps des grandes sécheresseN quand les orages sont le plus à craindre; on ne s'inquiète p> non plus de savoir si cette couche humide est assez vaste pour ne laisser place à aucun danger. Nous signalerons surtout cette seconde erreur , parce qu'elle nous paraît être plus commuiic encore que la première. Considérant d'ailleurs qu'il est fort ditficile de reconnaître si une terre humide satisfait à toutes Ifs conditions de'[séciu'ité, nous n'hésitons pas à dire qu'il ne faut
CHAP. lY. — DES PARATOÎINERRES. 805
jamais recourir à ce mode de communication arec le réservoir commun; nous reconmiandons, à défaut de rivières ou de vastes étangs, de mettre toujours les conducteurs des paratonnerres en communication par de larges surfaces avec des nappes d'eau souterraines intarissables. Ce mode exclusif présente aujourd'hui d'autant moins d'inconvénients, que les pratiques du soudage sont devenues faciles et peu dispendieuses.
« Secondement, dans certaines circonstances, et surtout quand les nappes d*cau sont à une profondeur un peu considérable au-dessous du sol, nous regardons comme nécessaire d'employer un conducteur à deux branches : la branche principale, qui descend à la nappe souterraine, et la branche secondaire , qui , en partant de celle-ci rez-terre , est mise en communication avec la surface du sol elle-môme. Voici les motifs de cette disposition. Après les grandes sécheresses, les nuages orageux n'exercent leur influence que très-faiblement sur un sol sec et mauvais conducteur, toute F énergie de leur action se fait sentir à la nappe d'eau profonde : c'est là que la décomposition électrique s* accomplit, et l'électricité attirée vient en suivant la branche principale du conducteur pour s'écouler par la pointe ; la branche secondaire est sans effet. Au contraire, après une pluie d'été, quand le sol vient d'être mouillé, sa couche superficielle est tout à coup rendue conductrice : alors c'est elle qui reçoit l'action des nuages orageux, en même temps elle fait l'office d'un écran qui empêche l'influence électrique de se faire sentir à la nappe souterraine. Dans un tel moment, il est indispcnsiible que la surface du sol communique elle-même directement avec le conducteur, car il peut bien arriver qu elle n'ait pas avec lui des communications indirectes suffisantes au moyen de la nappe souterraine. La branche secondaire remplit cette condition, tandis que cette fois la branche principale devient inactive.
« Cette seconde observation est peu applicable au sol de Paris, surtout vers les bords de la Seine où l'eau des puits est, sans aucun doute, en bonne communication avec celle de la rivière, et, par conséquent , en bonne communication avec les rues quand elles sont mouillées par la pluie {Instruction de 1855, p. 113).
Cinquième règle. « Quand la tige du paratonnerre est environnée de corps très-bons conducteurs , de charpentes en fer ou des couvertures métalliques d'une grande étendue, ces corps conducteurs , quoique placés plus bas que la tige , éprou-
mu LIVfŒ VEIL — MÉTÉOROLOGIE.
volaient tiëan motus une grande décomposition datis leyrs^kc^ tricités naturcUcë, ot par cela même ils pourraient être &ippi^ ile hi foiidrts
» Ltf âtîul remèdti qui se présenU: pour W protéger cooaii 4 leii mettre eu bonne eommuoieatioii soit avec la lige ftoitiftcU ooudueteur du para tonnerre , enr , au moyeu de cette cmam* nicutiou, les deux fluides contraires pourront s écouler àiMM» qu^ili seront décomposés : celui qui est repoiisst^ s écoulen É^ te sol par le conducteur lui-même ; celui qui es^t attire gtf^tm le commet de la tige, et pourra §'ecoder librement ven» le niM par l ex Ire mite «le la {x>intc, f
a Cette tJieoi'ie si simple condamne <*omme dangereuse FtnTOiliou de quelques praticiens , qui se sont imagiiié que i sur les ut* Ëces à cliaipenlc métallique , il fallait soigneiisetncnt âsokr é cette cbarpeiite et la tige et toute retendue du ootiduct^r^ piinitoiuierre* Heureusement^ les muyenjh qu^ils emploieatpi olitcnir cet isolement sont trop imparfaits pour attdjicbt bv but; ct^ s'ils n'arrivent pas à faire une clioâe dniigereivf, i font »u moins une chose inutile. Lu théorie veut que V&n bm pri*cisément k* contraire y c'e^t-à-dlre que Ton mette eo «*K municadon avec le paratonnerre tous les bons conducteiSf» dW grande étendue qu'il doit protéger.
* Pour le surplus , nous renvoyons à rinstructiCMi de llAi) car îl n*est venu k notre connaissance aucun fait qui i^udtiiiri modifiex les règles principales qu'elle propose :
« 1** Pour la section des conducteurs j qu'elle fixe kî^^ (â centimètres carrés et un quart), c'est-à-dire à 15 miUiiin» de côté pour le fer carré cl 17 millimètres de diamètre pak fer rond ;
'^ 2" Pour la manière d'établir les conducteurs sur lei «overtiu*es des divers édifices,
« Après avoir examiné tout ce qui appartient à la coosiw?* tiou et à la post* du paratonnerre, le sujet qui nous occii|«î no* pas épuisé ; il reste encore une question importanle rt lii&ilr ;i résoudre : c'est la question de savoir à quel point il ûiut m^* tiplier les paratonnerres, ou, en d'autres termes, quel t^t^ cercle tie protection qu'il est permis d'attribuer à im prmtaom^ bien établi.
«» Quelques anciennes obseiTations paraissent avoir con****^ des coups de foudre sur des parties du bâtiments qui se ^^
GHAP. IT. — DES PARATONNERUS. SOT
▼aient à une «listance de la tige égale à trois ou quatre fois sa hauteur au-dessus de leur niveau. En conséquence, à la fin du siècle dernier, c'était une opinion généralement reçue, que le eerde de protection du paratonnerre n'avait pour rayon que deux fois la hauteur de la tige. Llnstruction de 1823 ayant trouvé cette pratique établie , a cru devoir Tadopter. Cependant die y apporte quelques restrictions : par exemple, en ce qui r^[arde les paratonnerres des clochers^ elle admet, s'ils s'élèvent de 30 mètres au-dessus du comble des églises, que, pour ces combles , le rayon du cercle de protection se réduit à 30 mètres, au lieu de 60.
« Il importe de rappeler que ces règles , bien qu^elles soient appliquées depuis longtemps, reposent sur des bases où il entre beaucoup d'arbitraire; et, si nous faisons cette remarque, ce n'est pas pour les condamner , mais seulement pour empêcher qu'on ne leur attribue une valeur qu'elles sont loin d'avoir. Ne suffirait-il pas, en effet, que, d'époque en époque, elles fussent ainsi admises traditionnellement et de confiance pour que l'on se crut dispensé de les soumettre à quelque contrôle , pour que l'on négligeât de faire sur ce point des observations qui pour* raient se présenter et qui fourniraient à la science des documents qui lui manquent presque complètement?
ft Ce n'est qu'avec ces réserves et faute de données assez nombreuses et assez certaines que nous admettons ces règles reçues sur la grandeur du cercle qu'un paratonnen*e protège autour de lui. Nous ajouterons de plus, pour ceux qui pourront observer des faits qui s'y rapportent, qu'elles ne peuvent pas être générales et absolues; qu'elles dépendent d'une foule de circonstances, et particulièrement des matériaux qui enti*ent dans les constructions. Nous croyons, par exemple, que le rayon du cercle de protection ne peut pas être aussi grand pour un édifice dont les couverture^ ou les combles sont en métal que pour un édifice qui n'aurait, dans ses parties supérieures, que du bois, de la tuile ou de Tardoise. En effet, dans ce dernier cas, la portion active du nuage orageux, quoique notablement plus éloignée du paratonnerre que de la couverture, exerce cependant sur le paratonnerre une action plus vive ; tandis que , dans le premier cas , ces deux actions doivent être à peu près égales pour une distance égale.
« En terminant ici le développement de ces principes gêné-
soâ
LITRE \1IU — MÉTÉOROLQGLE.
Enéme^l
vaux , nous profiterons de l'occasion qui nou* est offerte pour îippeler de iiouveaii Inattention sur tout ce qui se rattache iiii effets de la foudre et sur k nécessite de les bien obs^mrr. Chaque fois que le tonnerre tombe, pit'S ou loin des pamsn^ nerres , près ou loin des habitations , dans les plaines ou mu la niormignes^ il est presque certain qu'il y a des obserrtliaBi importantes à faire sur les phénomènes qui se manif^tent. (h c-oivn»it j il est vmi , nii grand nombre , malheureiisement m trop grand nombre d*exemples de personnes tuée^ au de m» sons incendiées; on connaît aussi de^k exemples trèspKlivtïn métaux fondus , de charpentes brisées , de pierres ou murailles transportées au loin, enfin beaucoup d'attlrcs eflets lognes; mais ce qui manque, en général, ce sont des meaiir«l ci ses relatives aux distances, aux dimensions, aux positioUi db objets, soit des objets atteints, soit de ceux qui ne leftoiif»' rar il faut connaître aussi bien ce que le tonnerre épargiR fi ce qu il frappe. C'est à tous les observateurs, et particuliérMoC aux officiers de I^ marine ^^ de T artillerie et du giétu@, ws ffo* fessetirs^ aux ingénieurs, pux arclûtectes^ qu 11 appârtieiil <k bien constater ces phénomènes au moment même ou ils «* ffc^ duisent, et de les bien décrire, au profit de la science ttinm» au profit de Féconomle publique. De telles descriptions, qotwj elles se rapportent à un coup de foudre, doiTeiit, autant^ possible, indiquer les traces de la foudre à son point le pfe haut et à son point le plus bas; ensuite, par des scions ba^ zontales bien repérées et assez, multipliées, faire connaît ii positions relatives de tous les objets dans un cercle assetènfa autour de ceux qui portent la marque de son passage.
^ L'Académie des sciences recevra toujours des travaux decffli espèce avec un véritable intérêt [Instruction de 1855^ p. lUl
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