‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 3)Chapitre 271 sur 297 · GHAP. IV. — EFFETS DU TONNERRE · texte numérisé non relu

GHAP. IV. — EFFETS DU TONNERRE

«n plus pointues ; elles ont jusqu'à O^^ii de longueur. Le docteur Fiegler, qui a fait l>eaucoup d* observations sur ce sujet intéressant {Aimalen der Physik , Gilbbat, t. LV et LXI), vormarque qu^à une certaine profondeur au-dessous de ces plaines de sable ^ il y a des nappes d'eau , et il considère les tubes fulminaires comme produits par le passage de la foudre, depuis la surface du sol jusqu'au liquide où elle doit «^tre neutralisée. Toutes les circonstances jusqu'à présent observées concourent en effet à fiiire adopter cette origine des tubes fulminaires.

Si nous avons examiné séparément ces trois effets^ ce n*est pas, comme on le pense bien, qu'ils ne soient, en général, simultanés dans la plupart des explosions : il y a toujours froissement des parties, élévation de température, et par conséquent combiiuiis<m diimique, si les éléments voisins sont disposés à s'unir ou à se séparer sous ces influences.

Par exemple, quand les corps organisés sont foudroyés, c'est Unqoiin la chaleur et la violence mécanique qui sont les phénomènetf les plus apparents. J'ai vu deux malheureux frappés du mâme coup de foudre , au milieu d'un champ ; l'un était mort sur le coup, l'autre eut à souffrir encore quelques heures; leurs vâccmenu étaient en combustion , de profondes bnMures marquaient le passage des fluides , et le premier avait toute la partie osseuse de la tête brisée comme elle aurait pu l'être par cent coups de massue. Ces effets effrayants sont ceux qui se reproduisent avec plus ou moins d'intensité dans tous les malheurs de cette eqpèce qui ont été observés, et dont tous les secours de la science ne peuvent affranchir l'humanité.

Pour donner une idée plus complète des terribles effets de la Coudre, nous rapporterons ici une relation des malheurs arrivés à Chdteauneuf'-leZ'Moustiers y le 11 juillet 1819. Cette relation Alt adressée à l'Académie des sciences par M. Trancalye, vicaire général de Digne.

« Il y a un village appelé Châteauneuf, dans l'arrondissement de Digne , département des Basses-Alpes , au sud-est , et limitrophe de la petite ville de Moustiers, connue par une manufacture de faïence, dont l'émail et la quaUté justifient la préférence qu^on lui accorde sur toutes celles du royaume. D est situé au sommet et à l'extrémité de Tune des premières montagnes des Alpes qui forment un amphithéâtre sur Moustiers. Il consiste en quatorze maisons réunies au presbytère et à l'égUse paroissiale ,

?&t LIVRE VIIL — MÉTÉOROLOGIE.

sur mit; eoiineiKHï roiipée par les aiïgle!?^ dt? ckni^' ;mirt»ï» muii* ttigue* 1 riiïH* ïiti levant et l'autre au couchant, L intei-vaUc <jui sépare le village de la montagne du Icvaiil e^l si t»tro»t et si pn> fond , que Tajipecl; en est effnijaiit. CcrI cinq haliitiïtînn^ sooiiw rfispersee^ en hameaux , presque tous 5ur le penchant de la mt^H^Q tagne du levant, et forment une population de cinq e^nti âmes.

« Le 1 1 juillet 1819 , jour de dimaiidie, M. Salome, cure dr Mûustîers et commissaif e epî&rnpal , alla à (^hâteaiineuf pour i installer un nouveau recteur» \ ern \v% dix heuit^s el demie , en se rendit en proceissiou de la mmson curiîile â Tcglise, Le tenp était beau : seulement, on remarquait quelques gros nuages. Li mes^ fut commencée par le nouveau recteur.

« Un jeune homme de dix^^lmit ans, qui avait aet^o11lpag^r M, le curé de Moustiers , chantait Tepltre , lorsqu'on eiitriiiii trois détonations de tonnerre qui se succédèrent îivee la nipdite de réclttir. Le mis&el lui fut enlevé des maiu^ et miï* i?» pièce* I il se sentit lui**mème serré etroiieinem an corpïi par h Ilamme, qui le prit de suite au cou. Alors, par un mouveinetit involontiure» ce jeune homme, qui avait d'itliord jeté de gnmdi cris, ferma la bouche, hit renversé, rotilé itur les pei^^uties ra»« semblées dans T église ^ qui toutes uvaieut été terras^i^es ^ et jet*' ainsi hors la porte. Revenu à lui, sa première idée fut de re»- trer dans Téglise, pour se rendre auprès de M. le curé de Moi»tiers, qu'il trouva asphyxié et sans connaissance. Ce jeune hommr fixa sur ce respectable et infortuné pasteur Tattention et les soi» de ceux qui, légèrement blessés, pouvaient donner des secooR. On le releva , on éteignit la flamme de son sui-plis , et par W moyen du vinaigre on le rappela à la vie environ deux heure* après son étourdissement. Il vomit beaucoup de sang. Il assure n'avoir pas entendu le tonnerre , et n'avoir rien su de ce qui se passait. On le porta au presbytère. Le fluide électrique avait touché fortement la partie supérieure du galon d'or de son étole. coulé jusqu'au bas , enlevé un de ses souliers qu'il porta à l'exirémlté de l'église, et brisé la boucle de métal. Le siège suf lequel il était assis avait été brisé,

« Le surlendemain , M. le curé fut transporté dans son presbytère, à Moustiers, pour être pansé de ses blessures, qui ii'onl été cicatrisées que deux mois après. Il avait une escarre de plusieurs travers de doigta l'épaule droite ; une autre s étendant du

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milieu postérieur du bras du même côté jusqu'à la partie moyenne vt extérieure de Tavant-bras ; une troisième escarre, profonde, partait de la partie moyenne et postérieure du bras gauche , et allait jusqu'à la partie moyenne de Tavant-bras du même côté ; une quatrième plus superficielle et moins étendue au côté externe de la partie inférieure de la cuisse gauche ; et une cinquième sur la Inrre supérieure jusqu'au nez. Il a été fatigué d*unc insomnie absolue pendant près de deux mois ; il a eu les bras paralysés , et souffre des différentes variations de l'atmosphère.

« Un jeune enfant fut enlevé des bras de sa mère et porté à BX pas plus loin : on ne le rappela à la vie qu'en lui faisant respirer le grand air. Tout le monde avait les jambes paralysées. Toutes les femmes , échevelées, offraient un spectacle horrible. L'église fut remplie d'une fumée noire et épaisse ; on ne pouvait distinguer les objets qu'à la faveur des flammes des parties de vêtements allumées par la foudre.

« Hiul personnes restèrent sur la place ; une fille de dix-neuf ans fiit tiansportée sans connaissance à sa maison , et expira le lendemain matin, en proie aux douleurs les plus horribles , à en juger par ses hurlements : de sorte que le nombre des personnes mortes est de neuf; celui des blessés est de quatre-vingt-deux.

« Le prêtre célébrant ne fut point atteint de la foudre , sans èauÊe parce qu'il avait un ornement en soie.

• Tous les chiens qui étaient dans Téglise furent trouvés morts lias l'attitude qu'ils avaient auparavant.

« Quoiqu'on ne puisse pas suivre de Tœil toutes les opérations aditiles du fluide électrique , on peut quelquefois en juger par kl effets.

• Une femme qui était dans une cabane, à la montagne de Bar- Un, au couchant de Chikteauneuf, vit tomber successivement trois itosses de feu, qui semblaient devoir réduire ce village en flendres.

• Il paraît que la foudre frappa d'abord la croix du clocher, ^U'on trouva plantée dans la fente d'un ro<'her, à une distance ^ 16 mètres. Le feu électrique pénétra ensuite dans l'église par ^ne brèche qu'il fit à la voûte, à la distance d'un demi-mètre de ^lle par où passe la corde d'une cloche; la chaire fut écrasée. On trouva dans Téglise une excavation d'un demi-mètre de diamètre, prolongée sous les fondements du mur jusque sur '^ pavé de la rue, et une autre qui rentrait sous les fondements

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dViia ik!Ui ir qtiî est en desistiUH ^ et oit ron trouva muet» ôai[ moutons ot une juaiâtit. ^

ItOO« Il« l'orliïliie de réieçlricitè iiliiio«pli4^rliiv« cl et II f^«Kiàll0ii dem aititges ora^evx, — La queslioii de l C^f i^iilÉ lie réleclricité atmosphérique est peut-c'tre^ de toutes le» ji;naètt question!» dont :» occupe b météorologie, celle qui m donne m^ sîince au plus ^and nombre de disserta tiouî» et dlijpolkâa plu» ou moin*i sin^Ueres. DliabUes^ observateurs ont asatf^4l la résoudre pm* la voie de T expérience ; de Sauââure eR Vdi s* en ^nt occupés avec ce ièle et cette mre sagacité qu ils appui^ taîeiit dans tous icuis travauic, et, silâ ne sont pa^ parveiuiià des rmdlats décisiTs, &ïh n'ont pas mi» au jour la vériti^, ils aH du moins indiqué où U fallait la i^lièttdier* J'ai repris ^ eti lliJ^ ta question au point où ils Tavaient conduite, el J'ai décofillil deux grandes sources d électricité , qui &oiit kt^ deux pri^i* pales causes de rélectricité atmosphérique. Ou payrra voiriMl le dëtuil des expérieuces dans dêuiL mémoires qui ont rie puUna {Jm. d€ Chim. ei de Phys.j 18îÈ7), tl dont »atifi avons rif* porté un extrait il» 1, n*l£7i).

Il resuite de ix-rs expériences : d'une part, que la TégrUlm ml une souriT abondante d'élecli icit<i ; et, d"uae antre part, ^ de toutes les évaporations qui »^u?coraplissent sans ccsie dai» ^ nature, soit sur les continental soit sur les mers , il a'eti eAm^ aine qui ne soit accompagnée d'une ségrégation chimique et J» dégagement d*électricité.

Ainsi, la Tegétation et Tévaporalion, voilà les deux. gf«^ sourc?es de rélectricité atmt3sphériqne. Ces causes, plus ottMfl* . actives en chaque lieu, en chaque contrée, suivant les pèifiâ» % des saisons, sont eu même temps constantes tout autour ^ globe dans le cours dune année* Ces périodes locale» et i*tt* constance universelle qui s€ mon tient dans les causes se «p^ duisent ;inssi diïtis les effets. Dans les divers climats, il 1 1 «t verser sais^ons pour les orag<?s, mais, dans toute 1 étendue d* ratmosplièi^ ^ il se détruil chaque année , par les explosi*»*» ^ k foudre, une certaine quantité d électricité qui reste à pu p^ la même ; c'est donc^ cette quantité constante dVlucti iote qiû ^ aussi reproduite chaque année.

L acide carbonique et les vapeurfi , en se mAlailt i Tair» *** pandent et dispersent, dans toute Fétendue de riHnoftpliâPrt ^ fluides électriques qu'ils ont pour un instant empruntés à là U«it.

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