CHAP. I. — CAPILLARITÉ
Dans toutes ces expériences , une précaution indispensable est de nettoyer parfaitement les parois intérieures des tviyes et d'enlever toutes les impuretés qui pourraient les souiller.
Nous devons remarquer de plus que toutes les fois qu'il y a ascension^ dans un tube capillaire assez étroit , le sommet de la colonne liquide prend la forme d'un ménisque concai^e, c'est une demi-sphère de même diamètre que le tube (Fig. 4); au contraire, quand il y a dépression , le sommet de la colonne liquide prend la forme d'un ménisque convexe (Fig. 5). Ces formes sont essentiellement liées à l'ascension et à la dépression ; car si l'on enduit de quelque corps gras la surface intérieure d'un tube de TeiTe, et qu'on en plonge l'extrémité dans de l'eau colorée, on observe que non-seulement l'eau cesse de s'élever au-dessus du niveau, mais qu'elle reste déprimée dans ce tube enduit de graisse, et qu'en même temps le sommet de la colonne prend la forme du ménisque com^exe , comme fait le mercure dans les tubes ordinaires. Il résulte de cette observation que les différences de nii^au dépendent de la forme du ménisque^ et qu'ainsi toutes les causes accidentelles qui pourraient empêcher celui-ci de prendre la forme exacte qu'il doit avoir, empêcheraient aussi, par cela même, le liquide de parvenir à la hauteur précise à laquelle il doit trouver la stabilité de son équilibre. En effet , lorsqu'on plonge dans l'eau un tube dont la siurface intérieure semble même très-nette , on observe presque toujoiu's des dentelures plus ou moins marquées sur les bords du ménisque, et si l'on répète alors l'expérience plusieurs fois , on trouve des nombres fort différents.
4. Quand les tubes ne sont plus très-étroits, le ménisque cesse d'être hémisphérique, le sommet s'aplatit à mesure que le diamètre augmente, et bientôt quand les tubes sont assez larges, le ménisque prend la forme d'un plan dont les bords seuls s'inflédûssent en courbe concave ou convexe, comme s'ils étaient attires ou repoussés par les parois. C'est ce qui arrive , en général , sur l'eau ou sur le mercure , dans les appareils gradués qui servent à mesurer les volumes des gaz. Les divisions de ces appareils, faites au diamant, indiquent des capacités égales , par exemple , des centimètres cubes ou des dixièmes de centimètre cube; mais , elles ne doivent correspondre ni au sommet du ménisque ni au cercle de contact du liquide avec la paroi , il faut , pour lexactitude, qu'elles marquent le plan d'affleurement y c'est-à-
6 LIVRE IV. — ACTIOIfS MOLÉCULAIRES.
dire celui qui terminerait la colonne liquide si elle était pr< par un piston plan et parfait.
M. Danger, très-habile constructeur de ces sortes d'appai procède en effet de la sorte ; pour y parvenir, il a dressé le bleau suivant :