CHAPITRE VI
De la Voix et de TOoie.
SO. B« la voix haaiaiMe. — L'organe de la Toix est composé de plusieurs parties dont la forme et rairangement ne peuvent être étudiés d'une manière complète que par des observations anatomiques. Nous devons donc nous borner à (un comprendre d'une manière générale la disposition des direnef pièces qui concourent plus directement à la production de k voix.
On sait que la trachée-artère est une espèce de tabe qui st termine, d'une part , à l'arrière-bouche et de l'autre anx pou* mons. Sa principale fonction est de donner passage à l'air, soît dans Y inspiration , soit dans \ expiration. Ge tube est à pet près cylindrique et composé d'anneaux fermes et canilagineoBi séparés par des anneaux membraneux flexibles. A son eHi^ mité inférieure , il se divise en deux tubes plus [petits qui m portent l'un à droite et l'autre à gauche : on les appelle ks bronches ; chaque bronche, à son tour, donne naîsstnce à pla» sîeurs divisions et subdivisions qui vont, dans tous les sens, S0 ramifier dans le tissu du poumon. A son extrémité supérievei il se termine par le larynx^ qui parait être essentiellement l'o^gîftie de la voix.
Le larynx est composé de quatre cartilages : le cricoïde^ le thyroïde et les deux arîthènoïdes , Ces cartilages, de formel très-différentes , sont articulés entre eux et liés à l'anneau supérieur de la traché-artèrc. Plusieurs muscles sont disposés pouf donner un mouvement à leur ensemble ou pour leur imprimer des mouvements relatifs. C'est Tarrangement de ces muscles, et surtout des derniers , qui donne «^ l'organe sa forme intérieure : ils s'attachent d'abord à droite et à gauche contre les parois intérieures du tube qui forme le prolongement de la trachéeartère, et diminuent de plus eu plus son diamètre transversal, tellement qu'à la fin il ne reste plus qu'une fente qui se dirige d'arrière en avant, sans être horizontale, mais en s'élevanl
GHAP. Yl. — DE LA VOIX HUIAINE. iS7
idement ; cette fente est ce que Ton nomme la glotte : à 30 millimètres de longuenr; ses bords sont appelas r de la glotte ; lem* distance est très-petite en avant , arrière elle tsst quelquefois de 7 ou 8 millimètres : au tte dist»ice eattrès^variable ; il paraît que les lèvres de
peuvent se presser an point de ne laisser en arrière rè»^petite ouvoture. Au--dessus des lèvres de la glotte X <*avités, Tune à droite et Tautre à gauche, qui s'ëten* oralement à la profondeur de 25 et quelquefois SOmîIli-
elles ont 15 millimètres de hauteur, on les appelle les. Les paroûs supérieures des ventricules se rapproe manière à former en quelque sorte une seconde à 15 ou 18 millimètres de hauteur au-dessus de la pre- Enfin , il 7 a au-dessus du larjnx une membrane ou n cartilage que Ton appelle épiglotte; il est fixé antéent par un de ses bords et peut s'abaisser sur la glotte.
description sommaire du larynx nous permettra de idre les prindpes sur lesquels on s'appuie pour expliquer atîon de la voix.
cQtjrer ici dans le détail historique de toutes les explicalos ou moins vagues qui ont été données, nous nous tarons de rapporter deux opinions entre lesquelles les eus semblent encore partagés. Les uns considèrent Torle la voix comme un instrument analogue aux instruments le; les autres le considèrent comme un instrument analom réclames.
or assimiler le son de la voix au son di!ime anche^ on sup- «pe, pendant Vexpiration^ l'air poussé dans la trachée- ^et pressé dans le passage étroit du larynx, ne peut pas r lans frotter les lèvres de la glotte et sans les mettre en ^tion; ces lèvres, dit*on, vibrent alors comme la languette K anche ; elles vibrent toutes deux , ce qui donne au son 'i'iotensité: ensuite Tépiglotte, le pharynx, le voile du pa- I ^ fosses nasales, la langue, les dents, l'ouverture de la <^ et la disposition des lèvres donnent au son, ainsi formé, *<*nt et un timbre particuliers, comme le tuyau d'écoule- * ^ Tanche donne , suivant sa forme , un timbre particu- *ii iOD qui résulte des vibrations de la languette. Le son res- ' le même, quant à l'intensité et au ton, pourra recevoir des 'Scations sans nombre , dans l'accent et le timbre , parce
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que toutes les pièces dont nous venons de parler peuvent elk mêmes être modifiées, par la volonté, d'une infinité de m nières. Un seul son une fois expliqué, toutes les nuances d sons que la voix humaine peut produire s'expliquent aisémen car un petit mouvement de la rasette change la longueur de languette , et fait rendre à Tanche ordinaire un son plus gnr ou plus aigu ; il suffit donc de donner aux lèvres de la glot un peu plus ou un peu moins de tension, pour que la voix pai coure successivement plusieurs octaves ascendantes ou desoa dantes ; et même , ajoute-t-on , nous avons pour cela dd moyens, car nous pouvons non-seulement changer la tensifl des lèvres de la glotte , mais nous pouvons encore changer loj longueur, puisque l'ouverture de la glotte est tellement 6i| qu'il suffit d'un acte de la volonté pour l'agrandir ou pourj fermer complètement. j,
Ces considérations ingénieuses semblent fortifiées par qui| ques expériences directes. M. Magendie a mis le larynx à df couvert sur des chiens vivants , et il a vu les lèvres de la gkf entrer en vibration dès que ces animaux poussaient des crisj a pu constater aussi, dans les mêmes expéiiences, que les 1 de la glotte se rapprochent pour les sons aigus , et qu'elles tent au contraire plus ou moins éloignées pour les sons grtf Plusieurs observateurs ont fait des expériences analogues sur< larynx d'animaux récenunent privés de la vie : en soufflant aiç un fort soufflet dans la trachée-artère , ils ont obtenu des sm plus ou moins analogues à ceux que pouvaient rendre ces atfl maux.
Pour assimiler le son de la voix aux sons des réclames y m regarde les ventricules du larynx comme une espèce de tamboa rempli d'air, et les deux glottes comme deux ouvertures convB pondantes pratiquées dans les deux bases de ce tambour ; ÙM les ventricules et les deux glottes forment un véritable rédaflV L'air poussé par les poumons dans la trachée , sort avec p^' ou moins de vitesse par le larynx ; il entraîne dans son moilV ment une partie de l'air des ventricules, et bientck la presii^ étant <levenuc trop faible , l'air extérieur se précipite dans ■ cavités des ventricules ; puis il est de nouveau entraîné au A hors, etc., exactement comme dans les réclames. Ces alteit» tives produisent un son plus ou moins aigu , suivant la rapi^ avec laquelle elles se succèdent. Dans cette liypotht*se, coïPf^
CHAP. ?I. — BE LA VOIX HUMAINE. It9
■s la précédente, l'accent et le timbre dépendent des vibram des lèvres de la glotte, et de toutes les parties qur peuvent Bvlre diverses formes ou divers mouvements, depuis rarrièremàie jusqu^aux lèvres.
Les sons différents seront produits , soit par diverses formes le les cavités des ventricules peuvent prendre, soit par diverses ■ensîons des ouvertures de la glotte, soit enfin par divers deci de tension dans les lèvres de la glotte et dans toutes les ffties du larynx et de Tarrière-bouche. Savart a fait plusieurs [périences qui semblent fortifier cette hypothèse. {Arm. de kim. et de Phys., t. XXX, p. 64.)
Ces deux opinions paraissent sans doute plus différentes qu'elles e le sont en effet; mais, quoique liées par des rapports intimes, k ne peuvent pas encore dans leur ensemble donner une exiation complète du phénomène de la voix. On doit les coniloer comme de simples aperçus moins propres à résoudre la pBtion qu^à en montrer toutes les difficultés. M. Be Im iroix des •iseamx. — Chez les animaux , l'organe kh voix n'est pas à l'arrière-bouche, mais il se trouve au conlÉe à l'extrémité inférieure de la trachée, là où elle se bifurque fm donner naissance aux bronches. Cuvier a fait voir, en effet, (fn canard qui vient d'avoir la tête tranchée pousse encore pÀ\vX quelques instants des cris très-forts et très-bien artiob; et la même expérience peut être faite sur la plupart des ■Kaux. L'observation anatomique confirme ce résultat ; car, en ■iraiit l'organisation de la trachée , on trouve qu'à son extré- Mt supérieure elle se termine par un simple rétrécissement, « par une espèce de glotte qui n'offre aucune des dispositions iBoessaires à la production des sons ; tandis qu'à son extrémité ■férieure elle présente un appareil très-complexe et merveilleu- «■eot ajusté pour produire une longue série de sons graves et ^ : mais, comme il nous serait impossible d'en donner une ^sans entrer dans des détails anatomiques qui nous écartent trop de notre plan, et comme, d'une autre part, il se preste encore de grandes difficultés dans les théories qui ont été Imposées jusqu'à présent pour expliquer tous les phénomènes fi résultent de cette organisation, nous nous contenterons de *Woyer aux ouvrages qui ont été publiés sur ce sujet, et parti- •ferement aux mémoires de Savart. {Ann, de Chim. et de
*r'., t. XXXII.)
U. il
6i. Be l*«r9«»e ée !*•«!«. — La seule partie extérieure de cet organe est le pavillon a (Pl. 30, Fig. 32 et 33), dont les replis et les contours ne sont, comme on sait, que Tépanouisse* ment du conduit auditif b. Ce conduit, après s'être enfoncé à une petite profondeur , est terminé obliquement par une membrane mince, mobile et élastique c , que Ton appelle la membrafte du tympan. Derrière cette membrane est la caisse du tympan; c'est une cavité osseuse, tapissée de diverses membranes et remplie d'air \ elle est fermée de toutes parts, excepté en un point où aboutit la trompe d*Eustache qui part de Farrière-bouche ; par ce moyen l'air peut se renouveler et se mettre sans cesse en équilibre avec la pression atmosphérique. On distingue encore dans la caisse du tympan deux ouvertures fermées par des membranes, savoir : la fenêtre oi^ale en haut Vj et plus bas la fenêtre ronde. Enfin, dans l'intérieur même df cette caisse est suspendue la chaîne des osselets , qui se compose de quatre petits os irréguliers, que Ton appelle par analogie de forme le marteau^ Venclume^ le lenticulaire et Yétrier^ iw, e, l^t (Fig. 35). Le marteau est attaché longitudinalement sur la menh brane du tympan (Fig. 32 et 34); il forme une espèce de rayoa solide, qui vient de la circonférence au centre. A son autve extrémité il se lie à l'enclume , l'enclume au lenticulaire , et le lenticulaire à l'étrier, qui va s'attacher sur la membrane de k fenêtre ovale (Fig. 32) : plusieurs muscles agissent sur cette chaîne pour la tendre ou ^ relâcher, et, par conséquent, pour tendre et relâcher en même temps la membrane du tympan et celle de la fenêtre ovale. La membrane de la fenêtre ronde sépare la caisse du tympan d'un conduit osseux s , contourné en spirale, qui se nomme le limaçon; Vautre extrémité de ce ceii* duit s'ouvre dans une cavité qui s'appelle le vestibule. Le vestibule est séparé de la caisse du tympan par la membrane de h fenêtre ovale ; enfin il communique avec trois canaux osseux, que l'on nomme canaux semi-circulaires , et qui sont remplis d'une matière grisâtre dont l'usage est inconnu.
Le vestibule et les spires du limaçon sont remplis par le //• quide de Cotunni , dans lequel viennent flotter les derniers filets du nerf acoustique n (Fig. 33).
D'après cette disposition de l'organe , on peut remarquer d'abord que , si la trompe d'Eustache n'établissait pas une communication libre entre Tair de T arrière-bouche et celui de la
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caisse du tympan^ il y aurait des inégalités de tension qui donnei*aient à la membrane du tympan des pressions différentes : cette circonstance est en général accompagnée de bourdonne- Bients plus ou moins incommodes.
En supposant que la membrane du tympan ait une tension cooTenable, on conçoit qu'elle entre en vibration dès qu'une onde sonore vient la frapper, et si plusieurs ondes viennent la frapper à la fois, elle se met à Tunisson avec chacune d'elles, comme ferait une membrane inerte ; ces vibrations coexistantes sont faciles à concevoir , d'après ce que nous avons dit précédemnent. Ce fait est à peu près tout ce que l'on sait de certain sur b phénomène de l'audition.
Comment ces vibrations sont-elles transmises au nerf acous* liqne ? Quels rôles jouent dans cette transmission la chaîne des onelets, le limaçon et les canaux semi-circulaires P Ces questions reslem sans solution , ainsi que beaucoup d'autres que l'on peut se proposer sur ce sujet.
On sait cependant que la membrane du tympan peut être enlevée, et même que la chaîne des osselets peut être rompue sans qie Torgane cesse de remplir ses fonctions; on sait pareillement, diaprés les expériences de Savart , confirmées par celles de M. Muller , que la chaîne des osselets peut servir à modérer Pefifet des sons trop déchirants , ou en général à faire varier la aensibitité de l'organe en faisant varier la tension de la mem- Wane du tympan : car, si l'on écoute un son avec un cornet acoustique muni d'une membrane m (Fig. 31), on constate qu'il aaffit de changer la tension de cette membrane pour augmenter oa diminuer la vivacité de la sensation. C'est là sans doute une iMMtion importante de la chaîne des osselets; mais elle ne suffit fi» pour justifier complètement sa forme ; il est probable qu'elle a encore d'autres usages.