‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 3)Chapitre 46 sur 297 · CHAP. V. — COMMUNICATION DES VIBRATIONS. |S · texte numérisé non relu

CHAP. V. — COMMUNICATION DES VIBRATIONS. |S

fc bouchon. L*ancbe elle-mémB est représentée en détail dans iiCgore 28 ; elle se compose de trois pièces essentieUes, la ri^ gÊlerjl^ loMguette l et U rosette z.

La rigole est un tube de métal prismatique , fermé au bout ■filrieur, ouvert au bout supérieur, et percé latéralement d*uiie fenêtre qui établit la conununication entre les deux tuyaoz de prt et d'autre du bouchon.

\m languette est la lame vibrante; dans sa position naturelle die ferme la fenêtre ou «\ peu prc^, c'est-à-dire qu^elle en raie ks parois par ses trois bords libres pendant qu'elle accomplit ses kitements; son quatrième bord est solidement fixé sur la paroi Al tube.

La rasette est un fil de métal très-ferme , recourbé à sa partie

■fimeure par laquelle il appuie fortement sur toute la largeur

^ la languette, comme on le voit dans la figure 25. Elle glisse

i frottement dans le bouchon; elle sert à changer la longueur

^Arante de la languette, car, au-dessus de la rasette, rien ue

|M vibrer.

lèvent du souiBet entre par le pied du tuyau r, presse la

^Ktte pour s'ouvrir un passage , traverse la rigole et sort par

klijau l! . La languette ainsi écartée pour uu instant est bieu-

Anppelée par son élasticité, et accomplit sous ces deux forces

VMnâies des vibrations qui se répètent aussi longtemps que

^ le courant d'air. La figure 27 représente un tuyau à anche

fittl Titré vis-à-vis la languette pour que ron puisse en ob-

***» le jeu. Le nombre des vibrations dépend surtout des di-

^^iooi de la languette et de sa rigidité ; il est en général peu

«wnt de ce qu'il serait si celte lame vilÂrait à vide par un

**teent mécanique. Mais l'ajustement des tuyaux donne au

^ im timbre et une intensité remarquables ; ces deux qualités

>>itîei très-intimement liées : cependant Tintensité dépend snr-

^ de la vitesse du courant, et le timbre de la forme des

^■tt. L'on conçoit en effet qu'un courant plus rapide déter-

■■«dansla languette des oscillations dont Tamplitude est plus

P*le, leur durée restant la même ; ainsi , Tintensité du son

•^ wec la vitesse du courant , à moins que cette vitesse ne

■••«tt grande pom- flécliir la languette et y déterminer un

*•! Je vibration. L'on conçoit ensuite que la lauguctte, les

'^F^ et les masses d'air qu'il» contiennent, forment un sys-

^ vibrant dont toutes les parties donnent au son un timbre

iU LIVRE V. — AGOUSTiaUE.

particulier. Une condition fondamentale pour que Tanche parle bien et rende un son plein et agréable , c'est que les mafweft d'air des tuyaux soient telles par leur forme et leur étendue , qu'elles se mettent facilement à l'unisson avec la languette ; mais cette condition peut être remplie pour chacun d'eux d'une infinité de manières, et l'on a fait de nombreux essais pour produire par ce moyen des sons articulés imitant la voix humaine : on a donné au tuyau inférieur des formes anguleuses, rentrantes, ou ^dSrersement contournées; on a fait le tuyau supérieur conique, évasé, renflé en son milieu; on y a tendu des membranes, et disposé des feuilles ou des lames diverses ; il n'y a pas une de ces modifications qui ne donne au son un timbre particulier, et Ton peut ajouter que plusieurs combinaisons de cette sorte, ima- à ginées par M. Grénié, n'ont pas été sans succès pour faire sortir des tuyaux d'anches certains sons plus ou moins anal(^ues au son des voyelles articulées par la voix humaine. . Dans les jeux d'orgues , il y a des anches d'une autre sorte qui sont appelées anches battantes ou anches canardes ^ à cause du timbre particulier de leurs sons; elles différent des préoe- ; dentés en ce que la languette vient par ses bords battre sur lei bords de la rigole (Pl. 29, Fig. 24, 25 et 26).

Les embouchures de basson, de hautbois et de clarinette, ne sont autre chose que des anches diversement ajustées : dans ces instruments, c'est la pression des lèvres qui tient lieu de rasetle.

58. Des iBstroments A eordes. — Tous les instruments i cordes ont une caisse sonore , et tout le monde sait que la qoa* lité du son dépend de la construction de la caisse. La corde , la caisse et Tair qu'elle contient, forment encore un système tibrant dont chaque partie imprime au son un timbre particulier. C'est la corde qui donne le ton , c'est-à-dire que, dans le reste de Tinstniment , toutes les pièces doivent se mettre à l'unisâou avec elle , et pour cela se partager convenablement par des lignes nodales.

Il est clair , en effet , que la liaison de la corde avec tout le système ne peut pas modifier le son qu'elle doit rendre d'après sa longueur et sa tension , car les points par lesquels elle toucbe les chevalets sont inévitablement des noeuds , et ces nœuds une fois détenninés , le son eu est une conséquence nécessaire. 0 faut donc que la caisse soit d\ine telle substance et d'une telle

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orme, qu'elle poisse instantanément prendre Tunisson de toutes es cordes dans tous leurs tons, et il faut en outre qu'elle puisse DStantanément aussi imprimer ses vibrations à la masse d*air [u'elle contient, et par conséquent que cette masse d*air soit qpte à les recevoir. Ces conditions multipliées font assez voir x>mbien il est difficile de faire un bon instiiiment à cordes , et , jar exemple, un bon violon ; car, en supposant que la matière 3e la caisse vibre parfaitement bien , il pourra se faire que par a forme la masse d'air qu'elle enveloppe reçoive mal ses vibrations, et que l'instrument manque de qualité.

n suffit quelquefois d'un changement léger dans les pièces iBobiles pour rendre un violon meilleur ou plus mauvais; car les vibrations passent de la corde à la table supérieure par le tkevalet^ et de la table supérieure à la table inférieure au moyen de Vâme. La position absolue de ces pièces et leur posidoQ relative ne peuvent donc manquer d'avoir de Tinfluence sur la fiicilité avec laquelle le son passe de la corde à la caisse et de la caisse à la masse d'air. Savait a fait des expériences variées et intéressantes pour montrer aux yeux par le mouvement du sable la transmission des vibrations dans les diverses pièces du violon , et il est parvenu ainsi à indiquer les fonctions prindfitles que chacune d'elles doit remplir. Cependant la pièce la j^os simple doit satis&ire à tant de conditions différentes, qu'il est à peu près impossible d'en faire une analyse exacte ; et sans doute, si on voulait la changer pour mieux l'approprier à tel ou tel but, il est très-probable qu^elle deviendrait moins apte pour tel ou tel autre, et que Ton perdrait d*un côté au moins sntant que l'on gagnerait de l'autre.

iS6 LITRE T. -* AGOUSTIQUE.

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