CHAP. V. — VISION
»eul foyer, mais une lentille à un nombre infini de foyers dif- .*nts. Ce fait me semble constant ; sans essayer ici de le dëvieper dians tous ses détails, j'essayerai d'indiquer comment il t concourir à Texplication des phénomènes. D'abord, si Ton }e au-devant de Tœil une lame opaque percée d'un trou dont liamctre soit moindre de 1 millimètre, on distingue netteit tous les objets jusqu'à des dist^mces beaucoup plus petites on ne le poun*ait faire sans cette précaution ; c'est qu'alors le ceau qui pénètre dans rœU est si mince qu'il est à peine néudre qu'il soit aminci davantage par la convergence pour e des images nettes. Aussi n'observe-t-on aucune différence ique le petit trou coïncide avec le bord ou avec le centre de lupiUe. Avec un faisceau mince on peut donc voir nettement 3utes les distances et par toutes les zones du cristallin. Quand on veut regarder à la vue simple et sans diaphragme objet de plus en plus rapproché, on rétrécit de plus en plus Qverture de la pupille ; c'est un fait facile à vérifier. Le but ! ce rétrécissement est en effet d'arrêter les rayons qui tombeient trop loin du centre du cristalUn , et dont la convergence t pourrait avoir lieu qu'au delà de la rétine. Quand on veut regarder au loin, on ouvre au contraire la ppille autant qu'il est possible , afin que le faisceau incident soit Wge, et que ses bords extérieurs tombent près des bords du Qstallin, pour converger ensuite sur la rétine. Alors, il est nai, la partie centrale du faisceau converge trop tôt; mais Tépnouissement qu'elle peut prendre en allant depuis son point fc convergence jusqu'à la rétine est toujours très-petit , et peut 'autant moins troubler la vision que l'éclat de sa lumière est AJOUTS très-faible par rapport à l'éclat de la lumière des Wds.
lOo. Joliment sor la eooleor» la forme» la siloatioii <t U grandeur des objets. — Nous distinguons les couleurs somme nous distinguons les sons , sans le secours du toucher ; ^ nous ne les distinguons pas de prime abord sans exercice li sans comparaison. Il faut des expériences souvent répétées Y^ reconnaître que le rouge, le jaune et le bleu, par exemple, Be (ont pas la même impression sur nous; comme il faut des *ipériences souvent répétées pour reconnaître une différence •ittrc les sons graves et les sons aigus. Nous voyons la lumière '^t de savoir démêler les couleurs , comme nous entendons
du bruit avant de savoir démêler les sons. Ce résultat, qui semble bien naturel , se trouve confirmé par les obsenratîonsque Von a faites sur les aveugles de naissance auxquels on est parvenu à rendre la vue dans un âge plus ou moins avancé.
Les images tracées sur la rétine sont, pour la couleur, le contour et la forme, une représentation fidèle des objets; il suffit donc , pour que nous puissions prendre directement une idée de la forme des corps, que nous puissions distinguer les points de la rétine qui sont en repos et ceux qui sont aflêdéi ou ébranlés par la lumière. Or, il n*y a pas uii des points de notre enveloppe extérieure sur lequel cette distinction ne soit facile. Une piqûre au bras se distingue d'une piqûre au doigt, et nous pourrions sans doute, avec le bras comme avec b paume de la main , saisir la différence qu'il y a entre un cerck et un carré. Par conséquent, il n'y a pas de raison pour que cette différence ne puisse être saisie avec plus de netteté encore, et plus de précision , sur la membrane de la rétine. Les objeCs donnent au fond de Tœil des images renversées , et de là on i voulu conclure que naturellement nous devons voir les chjèt» renverses. Cette conclusion serait légitime si Von supposait qoe Tàme regarde les images, et qu'elle est placée derrière Tcd, comme une personne derrière le tableau d'une chambre nain. Mais, si l'on suppose que Tàme ne regarde .pas les imagei, qu'elle les sent, et qu'elle s'élève de la sensation à la cause qri la produit, il est évident que Texistence extérieure des corps et leur situation résultent pour nous d un seul et même jugemeM. Il paraît toutefois que le sens de la vue seul ne pourrait pas pldi nous conduire à la connaissance du monde extérieur que lesett de l'ouïe ; tout semble indiquer que sur ce point le sens du toncbcr nous fournit des données indispensables et qu'il ne pedl être suppléé par aucun autre sens.
L'extériorité des objets une fois constatée , leur distance pe* être appréciée de plusieurs manières. 1** Le cône lumineux qâ tombe sur la pupille est d'autant plus divergent que le poitf qui l'envoie est plus rapproché de l'œil , et d'après ce que nom avons vu, il faut que l'œil s'ajuste à ces diverses distances, pov faire tomber sur la rétine une image suffisamment nette. I* conscience que nous avons de cet ajustement ou de cette mofification de l'œil devient, par riiabitude, la donnée d*apw» laquelle nous portons notre jugement sur la distance. De plus,
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iTBqoe noRDS regacrdons ayec les deux yeux , nous devons doner à leur axé optique une inclinaison relative d'autant plus rmde que T^bjet est plus rapproché^ nous avons pareillement onscience de cette inclinaison; c'est une seconde indication ni vient au aecours de la première , et qui donne en général laaucoup [4uft <le justesse à nos jugements ; car il est facile de e tromper qu»ad on juge avec un œil, à moins de s'y être ouroé.
On «ppe\]e distance de la idsion distincte la distance à la- (■eile noiffi voyons nettement et sans effort divers objets, tels, pir exemple, quNane page imprimée en caractères ordinaires.
Cette distance est d'environ 25 ou 30 centimètres pour les vues wiyennes; eOe s'étend à près de 1 mètre pour les vues prèsl^f&Bs, et se réduit à quelques centimètres pour les myopes. Au Heate, elle varie avec les dimensions des objets; des lettres très- Ims, par exemple, et des lettres de moyenne grandeur ne peu- MM ét]% distinguées à la même distance.
Lorsque les objets sont assez éloignés pour qu'en les regarluit les axes optiques des deux yeux deviennent senâblement ptiallèles, nous n^avons plus de règle sûre pour déterminer leur iMance. Alors, nous avons recours à des considérations plus M moins trompeuses : nous tenons compte de Téclat de la lu- ■ifare, de la netteté avec laquelle nous distinguons les détails, k la grandeur des objets eux-mêmes , si elle nous est connue Ftvance, etc. Par ces divers moyens , habilement combinés^ ipdques observateurs parviennent à une étonnante précision km leurs jugements : mais, s'ils changent de lieu ou de climat, Itar science est à chaque instant déroutée par un autre aspect iidel, un air plus pur ou plus brumeux, ou par des objets f«ie forme nouvelle.
Le jugement de la grandeur est, en général, une conséquence il jugement de la distance. L'image d'un vaisseau peut être au Itad de Tceil d'un observateur beaucoup plus petite que oelle inœ barque, et cependant l'observateur ne s'y trompera pas; idira que le vaisseau est plus grand que la barque, parce qu'il fotrra juger que sa distance est beaucoup plus grande. Cepen- <kit, quand nous savons d'avance la grandeur d'un objet, nous (ivfons nous en servir poin* estimer sa distance : c'est ainsi, par Qcmple, que la hauteur d'une tour est mieux appréciée quand <% voit sur son sonunet des hommes ou des ol^ets d'une gran-
«ti LIVEE YI. — OPTIQUE.
deur connue; mais, û ces homme étaient des nains , Vceàl s'y laisserait pas prendre, il trouverait sans doute dans les n d^cations de la lumière des moyens de se défendre de Till sion.
106. Vlal«m myree les émmx, jwkml •« vlalsm blAscalnlre. Stéréoaeope i paésdesespe. — Quand nous regardons un tabk avec les deux yeux, nous donnons aux figures qui le composa une position déterminée par rapport à nous j et, comme ce position est exactement la même, soit que nous regardions ai l'un des deux yeux ou avec l'autre, il est imposable que le 1 bleau nous paraisse double quand nous le voyons avec les dq yeux ensenJ>le. Il n^en est plus de même lorsque nous regi dons un objet qui se projette sur un second plan un peu |j reculé : cet- objet cache à l'un des yeux une partie du seooi plan, et à l'autre une autre partie; par conséquent, avec les da yeux, on est embarrassé de savoir en quelle partie du plai doit tomber. Mais il n'arrive presque jamais que les deux y« aient une égale force , ou plutôt il y en a toujours un qui fci porte et auquel nous protons une plus forte attention : c| d'après les impressions de celui-là que nous décidons. ^
Pour juger qu'un objet vu par les deux yeux est vu plus é^ tant que s'il était vu par un seul, il suffit de r^[arder une bai|| de papier blanc avec l'un des yeux , et de placer devant Taot un obstacle qui nous en cache la moitié : la partie qui est n par les deux yeux à la fois paraît beaucoup plus éclairée (f celle qui n'est vue que par un seul.
Enfin , quand nous regardons un relief, un cylindre vertioi| par exemple, placé dans les Umites de la vision distincte,! portion de sa surface viable pour Fœil droit n'est pas la mé^ que celle qui est visible pour Tœil gauche ; car on peut coM dérer les centres des deux pupilles comme deux points eife rieurs par lesquels on mène des tangentes au cercle qui fonv la section du cylindre dans le plan horizontal de la vision ; Il tangentes menées par Tœil droit embrassent bien en grandeur 1 même arc que les tangentes menées par l'œil gauche , mais cl arcs sont autrement placés sur la circonférence. Eu suppotfl que la distance des yeux soit de 8 centimètres, et la distance J cylindre de 80 centimètres , les axes visuels de l'œil droit et i Tœil gauche fout entre eux un augle d'environ 6* ; par couse quent, l'œil droit découvre 6* de plus de la surface latérale i
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droite dû cyliQdi*e et l'œU gauche 6* de plus de la surface de gauche. Si Iç cylindre était à une distance double cette différence se réduirait à moitié, et s'il se trouve seulement à 7 ou 8 mètres elle devient insensible; si le cylindre était horizontal ou parallèle à la ligne des yeux , il n'y aurait plus aucune différence de cette nature à aucune distance. Admettons mainte- Btnt que Ton regarde un objet plus varié dans ses formes, un buste, une statue , un bas-relief, où la lumière donne des clairs et des ombres, on comprend que les images des deux yeux cessent d'avoir une identité parfaite : Tune appartient à un certain point de vue , Tautre à un point de vue de même distance, mais d'iuie position angulaire un peu différente, de 2, 3, 4, 5 ou 6* suivant Téloignement de Fobjet. Ces deux images dissemblables oonooureut cependant à la sensation unique que nous éproufons, et servent peut-être à nous faire mieux apprécier le relief; je dis peut-être parce qu'un cylindre horizontal ne nous paraît pas moins en relief qu'un cylindre vertical ; parce que nous saisissons parfaitement des reliefs éloignés de plus de 7 ou 8 mètres, pour lesquels les images des deux yeux ne présentent plus d'une manière perceptible le caractère différentiel dont nous venons de parler; enfin, parce qu'un œil seul ne confond pas les formes nodelées avec les formes plates.
Toutefois, il y a quelque intérêt physiologique à faire l'analyse des impressions diverses que nous pouvons recevoir par le concours simultané de deux images dissemblables, occupant des points homologues de la rétine , Tune dans l'œil droit , l'autre dans Tœil gauche.
La dissimilitude peut être telle que les deux images restent distinctes ; c'est ce qui arrive , par exemple , quand on regarde «n objet^éloigné , un arbre ou une maison, avec les deux yeux. Fui agissant par vision directe, l'autre au moyen d'une lunette. Alors, Fimage naturelle ne se confond pas avec l'image grossie; 3 y a seulement dans la partie superposée quelque confusion pour les formes et pour les couleurs. C'est, conmae on sait, un procédé dont beaucoup de personnes se servent avec succès pour apprécier le grossissement d'une lunette ; il suffit de juger, ta effet, combien de fois la dimension de l'image naturelle est Contenue dans la dimension homologue de l'image grossie.
La dissimilitude peut être telle qu'elle donne cependant une h*sultante unique; c'est M. Wheatstone qui a le premier fait n. 15
T* analyse de ce second cas, et il l*a faite avec son habileté or£naire. Il a été ainsi conduit au problème suivant : Etant donné», à côté l'une de l'autre, deux perspectives d'un objet peu éloigné, prises à la même distance , mais l'une avec TcBil drojt , Vnntn avec l'œil gaucbe , composer im instrument qui superpose les images de ces deux figures , quand elles sont regardées diaconr avec im œil ; c* est-à-dire , qui fasse paraître au même lieu tt dans le même espace celle qui est regardée avec l'œil droit « celle qui est regardée avec l'œil gauche. Il suffit évidemment dr déviei' d'une manière convenable les rayons que chaque figure envoie à Vœi\ qui la l'egarde, ou seulement de dévier les rayo» qui arrivent à l'un des yeux, afin qu'ils prennent en y entrant h même direction que s'ils venaient de la figure que l'autre ad regarde. C'est donc par la réflexion sur des miroirs plans, oa : par la réfraction dans des prismes d'un très-petit angle que le problème peut être résolu , et l'on voit de suite qu'il peut rcc^ voir plusieurs solutions.
L'instrument qui remplit les conditions indiquées, smt pir réflexion , soit par réfraction , est appelé , tantôt stéréoscifê^ tantôt pseudoscope; double dénomination qui ne tient pM i une différence intrinsèque de l'instrument lui-même , mais seBlement à la manière dont les figures ou perspectives lui sont présentées.
On l'appelle stéréoscope ^ quand les perspectives sont dispo- -| sées pour que chaque œil regarde celle qui lui appartient. 1
On l'appelle psenrloscopc , quand les perspectives sont dispo- ^ sées pour que chaque œil rejjarde celle qui appartient à Tautiv. 1
M. Wlieatstone avait d'almrd insisté sm* le stéréosco|)e par réflexion ; M. Brcwster a fait connaître les avantages du stéwoscope par réfraction, et les amateurs de curiosités optiques semblent lui donner la préférence. Le principe de sa construction tsl indiqué (Pl. 36, Fig. 3). <7 et « représentent l'œil droit et l'eril gauche, Imn est la figure que doit regarder «, Xpiv celle que doit regarder a ; les raisonnements que nous allons faire s'appliquent aux sections de ces figures , cependant pour montrer leur différence il m'a paru nécessaire de les rabattre chacune aidevant de sa section, la première en/;, la seconde en o; c'«l une pyramide tronquée à baî»e carrée vue d'eu haut, p ffX^^ perspective qui appartient à l'œil droit, puisque lu base supérieure est projetée à gauche sur la base inférieure , o est celle L