CBAFITRE II. STRUCTURE DES CORPS
dre dont la couleur est un jaune orangé assez éclatant.
On l'expose à une haute température, et tout se vaporise, excepté le platine qui reste en masse spongieuse, plus friable que de la cendre agglomérée par le feu. Cest avec cette poussière infusible que Ton parvient à faire une masse solide et homogène.
L'art de la verrerie, la fabrication des porcelaines et des poteries , offrent une foule d'exemples des divers modes d'agrégation par lesquels peuvent passer les corps solides soumis à l'action du feu.
316. Des propriétés qiie prennent les corps en se précipitant des dissolutions qui les contiennent. — S'il y a, comme nous venons de le voir, un ^rand nombre de corps solides que l'on peut obtenir par la voie sèche ou par l'action du feu , il y en a beaucoup d'autres que l'on ne peut obtenir que par la voie humide , c'est-à-dire, par des liquides qui les prennent en dissolution et qui les laissent déposer par l'évaporation. Cest ainsi, par exemple, que lé sel ordinaire se produit dans les marais salants par l'évaporation de l'eau de mer, et que le sucre solide se tire des sucs de cannes ou de betteraves convenablement évaporés. Les corps que l'on obtient par cette voie peuvent prendre des structures encore plus distinctes et plus variées dans leurs apparences que ceux que l'on obtient par le feu. Quand l'évaporation s'accomplit lentement dans un lieu tranquille, sans variations sensibles de température, le corps solide qui se dépose s'arrange en beaux cristaux parfaitement réguliers, transparents pour l'ordinaire, et terminés par de larges faces planes et polies ; mais quand l'évaporation est trèsrapide, le corps solide se précipite en poudre opaque, qui n'oflfre aucune trace de régularité ni d'agrégation. Entre ces deux extrêmes , il est vrai de dire en général que le corps solide prend en se précipitant toutes les nuances de structure que Ton peut imaginer depuis l'état pulvérulent le plus informe jusqu'à l'état cristallin le plus parfait. Ainsi la II. 3
34 UVRE IV. ikCTIONS MOUCDLAIRES.
pierre à bâtir ordinaire {carbonate de chaux) et le beau marbre blanc de Carrare ou de Paros ne sont qu'une même substance qui a pris à son origine des états d'agrégation différents ; le marbre lui-même n'est encore qu une cristalUsation confuie^ car elle est sans transparence, et il y a bien des degrés intermédiaires entre sa structure et celle des cristaux limpides du spath d! Islande. Pareillement le charbon, la houille, le Ugnite, l'anthracite et le diamant ne sont qu'une seule et même substance diversement agrégée.
Les substances qui se déposent en cristallisant dans les dissolutions aqueuses se combinent ordinairement avec une certaine quantité d*eau qu*elles conservent à l'état sec, et que Ion appelle Veau de cristallisation.
M. Haidinger avait observé, et M. Mitscherlîch a oonfirmé par un grand nombre de faits cette vérité importante, qu'une même substance, en cristallisant à diverses températures, peut prendre des proportions variables d'eau de cristallisation et en même temps affecter des formes différentes. Ainsi le sulfate de soude, qui est, comme on sait, plus soluble «à 33° qu'à tout autre degré de chaleur moindre ou plus élevé , cristallise à cette température sans eau de cristallisation, tandis qu*à la température ordinaire il prend de Teau et une tout autre forme.
Le séléniate de zinc peut prendre trois proportions d'eau et trois formes distinctes, suivant qu'on le fait cristalliser dans une dissolution chaude, dans une dissolution tempérée ou dans une dissolution convenablement refroidie.
M. Ëbelmen , en prenant lacide borique fondu comme dissolvant de Talumine , de la magnésie , de la glucine et des oxydes métalliques , est parvenu à faire de petits cristaux de la famille des spinelles et dautres pierres fines, à la température des fours de porcelaine qui suffit pour vaporiser Tacide borique. {Comptes rendus, 1 6 août 1847.)
CUAPITAE III. ÉLASTICITÉ. 35
GHAPITEC III.
De l'Élasticité.
317. Tous les corps sont élastiques, c est-à-dire quiU peuvent tous, sans se rompre ou se désagréger, éprouver par des actions mécaniques quelques changements dans leur structure , leur forme ou leur volume , et reprendre exactement leur état primitif dès que ces puissances mécaniques cessent dagir sur eux. Nous avons déjà fait voir que les volumes des gaz dépendent des pressions qu ils supportent, et qu'à température égale ils reprennent toujours le même volume sous la même pression ; cette propriété constitue une espèce d élasticité que nous appellerons élaS'^ ticité de compression ; c'est la seule dont jouissent les ga?^ et à peu près la seule aussi dont paraissent jouir les li«^ quidjCS. Les solides la possèdent comme les liquides et lea gaz, mais en outre ils peuvent être fléchis ou allongés , et reprendre leurs dimensions ou leur forme^ ce qui constitue V élasticité de tension; enfin ces corps peuvent être plus ou moins tordus sans cesser de revenir à leur position primitive, ce qui constitue V élasticité de torsion. Nous allons successivement étudier ces diverses propriétés.
Z\^. De la compressibilité des liquides et de la chaleur qui en résulte, — L'appareil au moyen duquel M. Œrsted a observé la compressibilité des liquides est représentjé dans la Jig, 24 ; il se compose essentiellement d'un réser-* voir de compression de verre épais a , et d'un réservoir à tube capillaire b que Ton appelle un piézomètre , qui est représenté plus en grand dans la figure a5; on voit que le tube se termine par un petit entonnoir. Un point important pour l'exactitude de l'instrument est de graduer