CHAPITRE II. — CALORIMETBIE
non plus qu'une approximation par les raisons que nous iTons indiquées pour les corps simples et qui prennent ici bien plus de force encore, parce qu'il j a des corps composes qui éprouvent un très-rapide accroissement de capacité^ à mesure que la température s élève ; sans doute & cause de leur grande dilatabilité (tableau VIII), et aussi' parce qu'il y a bon nombre de corps composés dont l'a* grégation moléculaire peut, comme celle du charbon, passer par les états les plus différents (alumine, carbonate de rhaux^ etc.).
La seconde, c'est que le produit de la capacité par le poids atomique change lorsqu'on passe d'une composition atomique à une autre, ou d'une constitution chimique à une autre, sans que l'on puisse jusqu'à présent se rendre compte des causes de ce changement. Ainsi ce produit change considérablement en passant des oxydes RO aux 0X3rde8 RO, RO^, R'(>\ etc. ; il en est de même poin* les antres composés binaires : s'il est à peu près constant pour les sulfures, chlorures, bromures, iodures et fluorures d*une même formule, il change en passant d'une formule a l'autre. Ces observations s'appliquent aussi aux sels de diverses compositions. Toutefois, lenseniblede ces résultats a porté M. Regnault à regarder la potasse et la soude comme ayant une composition atomique semblable a celle des oxydes de cuivre et d argent : et cette analogie se soutient complètement dans les différents composés de potassium et de sodium.
S a. Chaleur latente ^ chaleur des combinaison s y et mélanges réfrigérants,
502. Calorique de fluidité. — Nous avons déjà indiqué (laS) les observations par lesquelles on reconnaît labsoq)tion du calorique latent ou du calorique de fluidité pendant la liquéfaction des corps. Il est visible maintenant que ces
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quaotités de chaleur peuvent être détenniiiéea par les moyens qui viennent de nous servir à comparer les chaleurs spécifiques des corps ; et, entre ces moyens, celui de la méthode des mélanges mérite de beaucoup la prétérence.
La détermination des chaleurs latentes a un haut degré d'intérêt : elle nous fera sans doute connaître des rap ports remarquables entre la composition moléculaire des corps et le nombre des unités de chaleur qu'ils dissimulent dans leur masse par l'acte seul de la fusion. Cependant ces recherclies ont été jusqu'à présent fort négligées : on s'est en général contenté d'approximations qui ne peuvent plus être admises aujourd'hui. La science attend donc à cet égard des données numériques précises qui lui manquent complètement. On peut espérer toutefois que cette lacune si regrettable ne tardera pas à disparaître : deux jeunes professeurs très-distingués, MM. de la Provostayeet Desains , viennent de publier sur la chaleur de fusion de la glace un excellent travail qui fait bien voir tout ce que l'on peut attendre des bonnes méthodes d'observation. Leurs expériences donnent pour ce nombre fondamental 79,a3 au lieu de 75, qui était adopté depuis un demi-siècle, d'après les expériences calorimétriques de Lavoisier et de Laplace. Nous allons indiquer le procédé qu'ils ont suivi.
Soit m le poids de leau, m' celui de la glace, t la tempe-
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duutfifmem et du refroidissement extérieur. On roit en ^et qu*u»e erreur d'une unité commise sur i ^if, devient «ne erreur de plusieurs unités sur la chaleur latente^ parce qoe m doit toujours être pris beaucoup plus grand que m; «tte erreur sur ^ quand t — tf serait cependant exact, ne éonnerait sur j? qu'une erreur égale.
Détermination deê poids. ^^Vesiu , le vase et le thermonctre sont pesés ensemble avant le mélange, et ensuite pesés de même après le mélange. La difFérence des deux pesées ne donne pas le poids de la glace, car, pendant les cinq ou six minutes que dure l'expérience, il y a une évaportttion naturelle, et même une évaporation particulière, due au mode d'agitation du mélange. Cette cause de perte est déterminée par des expériences préalables; alors , en noCant le temps qui s'écoule entre la première pesée et l'instant du mélauge, on connaît la première correction qui se rapporte à leau, et, en notant de même le temps qjui s*écoule depuis l'instant du mélange jusqu'à la seconde pesée, on connaît la seconde correction qui se rapporte à la glace; m' est ainsi exactement connu. Pour avoir m, il faut, de la première pesée, ôter d'abord le poids de l'eau évaporée jusqu'à l'instant du mélange, il en faut retrancher ensuite le poids du vase et celui du thermomètre qui sont connus, et enfin ajouter le poids du vase transformé en «m, et également transformé en eau le poids de la partie dn thermomètre qui participe aux variations de la temperature.
DètermincUion des températures. -*- Le déplacement du zéro a ici une influence directe , a cause du terme /' qui entre dans la valeur de 47; il faut donc, avant tout, vérifier souvent le zéro du thermomètre dont on fait usage. La température initiale observée n'aurait pas d'autre correction à subir que celle qui résulte de cette vérification, s'il n'y en avait pas une aussi qui résulte de ce que la tige n est pas entièrement plongée. Pour la température finale,
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la correction est plus complexe et exige d'autres soins: au lieu de s'en tenir à la méthode des compensations de Bumfort; MM. de la Provostaye et Desains ont adopté la méthode des vitesses dont j'ai fait usage autrefois {Comptes rendus^ t. III, p. 785), et qui est indiquée plus haut (498 bis). Soit 0 la température finale observée : on la corrige d abord de l'erreur du zéro et de la tige, que nous représenterons par + ^\ et ensuite de l'influence 0" du refroidissement extérieur, en sorte que la température t' qui! faut mettre dans la formule est donnée par
On arrive à observer 0 avec exactitude , en partant d'une température initiale telle , qu'après le mélange la tempéra' ture tombe à i** ou 2"* au-dessous de la température ambiante, parce qu'il y a alors un minimum qui dure plusieurs secondes , le refroidissement produit par la fusion des dernières parcelles de glace faisant alors équilibre au réchauffement extérieur. Maintenant, pour arriver à It valeur de la correction 0", à partir de l'instant où l'on a jeté la glace dans le vase du mélange, on observe, de degré en degré , les températures décroissantes, et les temps correspondants ; et au moyen des formules
tzzzcb"* et vz=:(nt log. b)$,