CHAPJTKE I.-— DE LA PRODUCTION DU SON
passe successivement d un lieu à Tautre , et qu'en conséquence il est un mouvement particulier dont notre organe est afFecte.
Mais, dans quelle substance ce mouvement peut-il se propager avec tant de rapidité? Est-ce dans Tair lui-même ou dans quelque autre fluide P Cette question , fort difficile en apparence, peut être résolue d*une manière décisive par Texpérience suivante :
Au milieu de la platine de la machine pneumatique, on dispose un petit coussinet de laine ou de coton, sur lequel on place un mouvement d*horlogerie à détente, muni d'un timbre ; cet appareil étant couvert d'une cloche à tige et à boîte à cuir, on fait le vide^ puis on tourne la tige pour presser la détente et lâcher le ressort. Â l'instant l'horloge marche, le marteau frappe le timbre par intervalle, et aucun bruit ne se fait entendre au dehors. Mais si l'op rend un peu d'air, on commence à distinguer un petit bruit , correspondant à chaque coup de marteau ; un peu plus d'air donne à ce bruit un peu plus de force ; enfin y quand l'air est tout à fait rentré, le son est fort et se fait entendre au loin. Donc le son ne peut pas se propager dans le vide : là où il n'y a plus de matière pondérable, il n'y a plus de véhicule du son.
Ainsi le son diminue d'intensité, par une double cause, à mesure qu'il s'élève dans Tatmosphère : il diminue parce que la distance augmente, et parce que l'air dans lequel il pénètre est de plus en plus raréfié. Les bruits les plus violents qui retentissent sur la terre ne peuvent pas sortir des limites de l'atmosphère ; ils s^af faiblissent à mesure qu'ils en approchent, et s'éteignent sans pouvoir les franchir. Réciproquement, nul bruit ne peut venir des espaces célestes jusqu a la terre ; les plus terribles explosions pourraient éclater sur le globe de la lune, sans quil nous soit donné d'en entendre le moindre retentissement.
De Saussure dit qu'au sommet du Mont-Blanc un coup
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de pistolet fait moins de bruit qu'un petit pétard tiré daiu la plaine, et M, Gay-Lussac a constaté que Tintensité de sa voix était très- affaiblie lorsqu'il essayait de foriuor des sons à 7,000 mètres de hauteur, suspendu dans son ballon au milieu d'un air très-raréfié.
L'air n'est pas le seul corps qui puisse transmettre les sons, tous les fluides élastiques jouissent de cette propriété; pour s'en assurer, on suspend au centre d'un grand ballon {^fig. a8) une petite sonnette avec des fils de chanvre non tordus ; on y fait le vide, et la sonnette ne peut plus se faire entendre; mais si on fait passer dans ce ballon quelques gouttes d'un liquide volatil , tel que l'éther, la vapeur se forme à l'instant et le bruit devient très -sensible.
L'eau transmet très-bien le son ; les plongeurs peuvent entendre ce que Ton dit sur le rivage, et du rivage on entend le bruit des cailloux qui sont heurtés sous l'eau à de grandes profondeurs.
Enfin , les corps solides peuvent non-seulement produire le son , mais ils peuvent aussi le transmettre : quand le timbre est sous la cloche , il faut bien que le son traverse toute l'épaisseur des parois pour se faire entendre au dehors* Un grand nombre d'expériences analogues démontrent cette vérité; il suffit d'en citer une seule. Si un observateur approche l'oreille de l'une des extrémité d'une poutre de sapin de ao à ^5 mètres de longueur, il entend le bruit que l'on fait à l'autre extrémité en frappant légèrement le bout des fibres , et cependant ce bruit est si faible dans Tair qu'il échappe à celui qui le produit.
Après avoir montré que le son est un mouvement, qull est produit dans la matière pondérable , et qu'il peut se propager dans tous les corps, il faut essayer de reconnaître quelle est la nature de ce mouvement.
323. Le mouvement qui produit le son est toujours un mowement de vibration. — La plupart des corps sonores