LIVRE IV. ACTIONS MOLIÈCULAIRES
que les mdnies corps qui se fuient ou qui s^attirent sur l*eau n'exercent aucune action à distance égale dans le vide, ou même dansFair, ou dans d'autres milieux qui les enveloppent de toutes parts.
308. Adhésion des liquides contre les surfaces solides. — Lorsqu'un disque solide est posé 9ur la surface d'un liquide, on ne peut plus le soulever horizontalement comme s'il était libre dans l'air, mais il faut faire un effort un peu plus considérable. Pour mesurer cet effort, on se sert d'une balance : d'un côté on met le disque horizontal, de Tautre on met des contre-poids^ et quand l'équilibre est établi, on approche une surface liquide jusqu'à l'instant où elle touche la surface inférieure du disque ; alors on ajoute peu à pea et sans secousse des poids du coté opposé j et l'on note combien il a fallu en ajouter pour rompre l'adhésion. Ce procédé a été imaginé par Taylor, et les résultats qu'en ont obtenus Cigna , Guy ton et beaucoup d'autres physiciens, ont donné naissance à de longues discussions. Nous nous contenterons de rapporter ici les résultats de M. Gay-Lussac.
Pour déucher un disque de verre de ii8"",366de diamètre, il a fallu différents poids suivant la nature des liquides, comme on le voit dans le tableau suivant :
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Un disque de même diamètre, de cuivre ou de quelque autre substance capable de mouiller Us liquides j dotme exactement le même résultat. Ainsi Ta ' ' '
CHA^^TEE I. — capillarjt;é. 13
la capillarité, indépendante de la nature des solides et dépendante seulement de la nature des fluides. Il est facile d*en concevoir la raison , car , en se soulevant , le disque emporte toujours une couche de liquide. L'effort des poids additionnels n*est donc pas appliqué à séparer les molécules du disque des molécules du liquide, mais bien à rompre la cohésion qui unit les molécules liquides entre elles. Les expériences dont. il s'agit donnent donc une mesure de la cohésion du liquide ou de l'attraction qu'il exerce sur luimême , et l'on voit que cette attraction , toigours trèssensible, est variable dans les divers liquides.
Lorsque la sur&ce du disque est de telle nature qu'elle n'estpas mouillée par le liquide, comme il arrive, par exemple, pour le mercure et le verre, alors le poids qu'on ajoute pour les séparer n'exprime plus la cohésien du liquide, mais aussi il est très-variable, et M. Gay-Lussac a observé que pour séparer du mercure un disque de verre de ii8"",366 de diamètre, on devait employer tantôt 396 grammes, tantôt i58, suivant qu'on mettait un temps plus ou moins long à ajouter les poids. Cependant ces expériences font voir d'une manière frappante que, même dans le cas où un solide n'est pas mouillé par un liquide , il s'exerce encore entre les molécules du solide et celles du liquide une attraction plus ou moins forte. Cette conséquence paraît être sans exception : seulement, la cohésion du liquide est alors toujours plus grande que l'attraction que le solide exerce sur lui,
309. Diuers effets de la capillarUé. — Huyghens observa en 1672 (Journal des savants^ pag^ m) un fait qui parut alors fort étonnant. Un tube de 70 pouces de longueur et de quelques lignes de diamètre , ayant été bien nettoyé à l'alcool, puis rempli de mercure , purgé d'air et retourné avec précaution, toute la colonne resta suspendue dans le tube; il fallut plusieurs secousses légères pour qu'elle se détachât du sommet et prit sa hauteiur ordinaire de att pou* ces dans l'intérieur du tube. C'est évidenuneni un pbéno-i
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mène d'adhésion ; il se reproduit toutes les fois que ta surfiace intérieure du tube est bien nette et l'appareil bien put^é d'air.
Don Casbois fit, vers 1780, une remarque importante pour la construction des baromètres. Ayant foit bouillir le inercure pendant très-longtemps dans un tube barométrique, il s'aperçut, après l'avoir retourné , que le «ommet de la colonne formait un ménisque à peu près plan, et même plutôt concave que conveie. On voit par ce qui précède que cette forme de ménisque doit avoir une grande influence sur la hauteur des baromètres qui n'ont pas, comme celui de M. Gay-Lussac, l'avantage d'être corrigés d'avance de tous les effets de la capillarité. La cause de ce singulier phénomène a été longtemps inconnue, et l'on doit à Dulong une observation qui lexplique complètement: Dulong a reconnu, par des expériences directes , qu'en prolongeant l'ébuUition du mercure à Tair, il se forme un oxyde qui se dissout dans le liquide, et cette espèce de dissolution, assez peu différente du mercure par sa densité, en eat très* sensiblement différente par ses propriétés capillaires, pois* qu'elle acquiert à la fin la propriété de mouiller le verre. Ainsi, pour faire de bons baromètres à cuvette, il ikut, autant qu'il est possible, éviter le contact de l'air pendant l'ébuUition du mercure.
On doit au P. Abat l'expérience suivante : abc (Jig.ii) est un tube recourbé contenant du mercure ; le liquide s'y trouve d'abord au même niveau ac dans les deux brandies; mais si, après avoir un peu incliné ce tube de manière que le mercure monte verse et descende vers a, on le ramène ensuite doucement dans sa première position, les des colonnes ne sont plus exactement nivelés ; celui fÀ s'était élevé reste plus haut , et en même tetnpa vexité est plus grande ; l'autre reste phls btSi^ paraît moindre. C'est un effet d% la 1 qui montre combien il faut ]
(GHAPiTAfi I. GAPlLLARfTi. IJl
semlîons barométriques , et combien il est nécessaire à chaque fois de vaincre par de légères secousses le frottement du mercure contre le verre. Pour que le liquide prenne aa Teritabie hauteur , il faut, comme nous l'avons déjà dit, que le sommet de la colonne prenne sa véritable forme.
Lm <»pillarité ne se manifeste pas seulement au contact des solides et des liquides, on l'observe encore entre les solides eux«mémes : c est elle qui retient pressés l'un contre lautre des plans polis de verre, de marbre, etc., même quand les pressions de Tair sont supprimées. On l'observe pareille» ment entre les solides et les gaz, car en mettant sous le récipient de la machine pneumatique un vase qu'on vient de remplir d'eau, on aperçoit des bulles nombreuses se former sous le liquide, tapisser toutes les parois, et grossir de plus en plus à mesure que la pression diminue. Des feuillM métalliqnes, comme Tor battu , présentent ce phénomène d'une manière encore plus sensible , car les bulles d'air qui se forment à leur surface après qu'on les a submergées, deviennent, sous le récipient , comme autant de pe* tits ballons qui les font monter ou descendre suivant le deg[ré dépression.
310. De Vendosmose. — Les phénomènes d'endosmose découverts par M. Dutrochet méritent d'attirer toute l'attention des physiciens et des physiologistes. Pour en mieux taAre comprendre le principe, nous décrirons d'abord l'instrament au moyen duquel on peut les rendre sensibles, et que M. Dutrochet appelle endosmomètre.
'Ùendoênwmètre se compose d'un tube a {Jig. vii\ d'un réservoir évasé £, et d'une cloison cd. Le tube est de verre; il peut avoir plusieurs décimètres de longueur et quelques millimècres de diamètre intérieur; le réservoir peut recefomes et être de verre ou de métal; dans le ^^Oli le sonde au tube, ou bien on y adapte ce- Éon à rémérisur le col d'un flacon ;