‹ Éléments de physique ... Seconde partie. [Chaleur]Chapitre 14 sur 89 · TEMPÉRATURE DES ANIMAUX, DE LA TERRE, DES EAUX · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE DES ANIMAUX, DE LA TERRE, DES EAUX

surtout mis hors de doute par un mode d’observation dû à M. Arago. Un puits artésien est, comme on sait, un trou vertical ayant ordinairement plusieurs centaines de pieds de profondeur, et par lequell’eau d’une nappe souterraine s’échappe à la surface du sol. Cette eau qui se renouvelle sans cesse doit bientôt arriver avec la température de la couche d’où elle provient; or, l'expérience prouve quecette température est en général d'autant plus élevée que le puits est plusprofond. Onatrouvé, terme moyen, 1° d’élévation pour une profondeur de 30"; à Paris, c’est 38". Il y a, suivant les localités, des variations très fortes.

871. Il est assez vraisemblable d’après cela que les sources thermales doivent leur température aux Couches profondes qu’elles traversent. Les expériences proposées par M. Arago sur les eaux d’Aix résoudront peut-être un jour la question. [1 paraît qu’en Europe, la source thermale la

plus chaude est celle de Chaudes- Aigues, en Auvergne; l’eau

cependant est loin de bouillir, car elle marque seulement 80°. M. Boussingault en 1823 a trouvé 96°,6 à la source de las Trincheras (Venezuela). Cette source ne paraît avoir aucune connexion avec un volcan. Les sources qui ont quelque communications avec des volcans en activité geuvent fournir de l’eau tout-à-fait bouillante, comme on le voit pour les Geysers en Islande. Les volcans eux-mêmes ont été considérés comme des preuves de la chaleur centrale de la terre, mais on les regarde maintenant plutôt comme le résultat de quelque action chimique PU locale. .

872. Suivant M. de Humboldt, la température de la mer ne dépasse nulle part 30°. Péron assure cependant avoir trouvé 31° près de l’équateur. Cette température maximum oîfre une très grande importance, ainsi que l’observe M. Arago, en ce qu’elle caractérise l’état actuel du globe, sous le rapport de la chaleur. Prise avec les précautions convenables et loin des continents , elle pourra décider par la suite si la terre s’échauffe et se refroidit.

La température de la mer décroît très lentement à mesure qu’on s'éloigne de l'équateur ; c’est seulement vers le

Eau des puits fores.

Sources thermales.

Température des mers.

Temperature des lacs.

Temperature - des rivières.

Froid des

hautes regions.

5o° degré que l’eau gèle quelquefois le long des côtes ; il faut arriver au 70° degré pour trouver des glaces flottantes; c’est vers le 80° qu’on rencontre les glaces fixes. Les mers intérieures, à cause de leur plus petite masse, gèlent plus facilement, mais aussi s’échauffent plus pendant l'été, à latitude égale. Comme la température des mers varie moins suivant la saison que celle de l’air ou du sol, on. conçoit que sur les côtes les hivers soient moins rigoureux, et les étés moins chauds que dans l’intérieur des terres ; les vents de mer égalisent la température ; cela explique comment on peut cultiver l'olivier sur les côtes de Bretagne.

Entre les tropiques et dans les zones tempérées, la mer est plus chaude à la surface que vers le fond ; c’est le contraire vers le pôle à partir du 70° parallèle. À de moyennes latitudes, une profondeur de 100-brasses donne un refroidissement de 7 à 8°. Près de l’équateur, Péron a trouvé 8°,5 à 590", et 7 à 500", la surface étant à 31°. À 20° de latitude , le capitaine Sabine a trouvé encore 7°,5 à plus de 2000" de profondeur , tandis qu’à la surface il y avait 28°.

873. Les lacs alimentés par les fontes de neige, comme ceux de la Suisse, ont vers leur fond une température qui diffère peu de 4°; nous verrons à quoi tient ce phénomène remarquable. Dans les masses d’eau tranquille, le refroidissement dû à la profondeur est beaucoup plus rapide que dans la mer ; dans le lac de Genève, par une température de 21°,a à la surface on trouye déjà unc différence de 15° à 50 brasses,

874, Pendant l’hivér les rivières sont généralement moins froides au fond qu’à la surface; c’est le contraire pendant l'été. Mais la différence s’efface quand la profondeur n’est pas très grande et que le cours.est rapide ; ainsi, pour le Rhin, sur un fond de r5 pieds de profondeur , la température pendant l'hiver a été trouyée la même qu’à la surface.

. 875. On sait depuis bien longtemps qu'il fait plus froid dans les lieux élevés. Voici quelques observations qui mettent bien ce fait en évidence ; elles ont été faites simultanément à Genève, à Fribourg et à l’hospice du Mont-Saint-

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