PRÉSENCE DE L'EAU DANS L'AIR
lignéfiée par le froid ; l’eau coule bientôt goutte à goutte. Ce moyen serait insuffisant si la température était à o°; mais alors on ajouterait du sel à la glace , et on verrait se former sur les parois une gelée blanche de plusieurs millimètres d'épaisseur, quiaugmenterait sensiblement le poids du vase. Pendant ces expériences on aperçoit une espèce de fumée due à ce que la vapeur refroïdie à distance , au milieu de l'air, prend la disposition vésiculaire. Pendant l'été , les bouteïlles qu’on remonte de la cave se couvrent à plusieurs reprises d’une couche de rosée , quoiqu’on ait soin de les essuyer. C’est évidemment la vapeur contenue dans l'air qui se précipite sur le verre , dont la température est au-dessous de celle où air derait saturé. G’est par la même raison que les verres des lunettes s’obscurcissent tout à coup quand on entre pendant l’hiver dans un lieu chaud et un peu humide.
1100. On constate encore la présence de l’humidité dans l'air, à l’aide de diverses substances qu’on appelle ky gromé triques, à cause de la propriété qu’elles ont d’absorber la vapeur contenue dans l'air, ce qui peut servir à en mesurer la quantité. Toutes les substances végétales ou animales un peu sèches sont dans ce cas. Le bois, les divers tissus , les graines, la laine, la corne, l’ivoire même, mis quelque temps dans un lieu humide, augmentent considérablement de poids; c’estmêmeunmoyende fraude fort souvent employé. La plupart des substances minérales sont encore hygrométriques à un certain degré ; les pierres , le marbre, le verre même augmentent de poids dans un temps humide, mais le phénomène est surtout bien marqué pour la terre végétale, certaines ardoises » l’argile et en général les minéraux très poreux. L’acide sulfurique concentré, exposé à l'air dans un yase largement ouvert, peut en quelques jours absorber 12 Où 15 fois son poids d’eau , surtout si on.a soin d’agiter de temps en temps pour renouveler la surface. La chaux : comme on:sait,.se réduit en poudre à l'air, à cause de l’eau qu’elle absorbe, Quand une substance solide se résout en liqueur par l'humidité qu’elle prend dans l'air, on dit qu’elle est déliquescente ; c’est le cas de la potasse caustique,
Substances hygrometriques.
pes.
Hygrosce
112 LIY,. Vi. CHALEUR.
du chlerure de calcium, de l’acide phosphorique, etc. Certains liquides volatils manifestent la présence del’eau dans l'air, parce qu’en s’uuissant à la vapeur qu’ils rencontrent, ils forment une combinaison moins volatile que chacun des composans et qui apparaît sous forme de fumée. Ce phénomène est très marqué pour les acides hydrochlorique, nitrique, sulfurique anhydre et fluoborique. Les deux derniers surtout peuvent êlre regardés sous ce rapport comme des réactifs extrémement délicats. Il est bien prouvé du reste que Les vapeurs de ces liquides fumants ne sont plus visibles dans un espace sec.
1101. On donne le nom d hygroscopes à différents appareils qui font reconnaître s’il y a plus ou moins d’humidité dans l'air. Leur construction varie à l'infini ; l’indication des uns dépend d’un changement de poids; pour les autres, c’est un changement de forme ou de volame. Ainsi des éponges, certains fucus Imis dans le bassin d’un péson bien sensible (355) font marcher l'aiguille dans tel ou Lel sens, suivant qu’ils absorbent plus ou moins d’humnidité; un tuyau de plume, fermé par un bout et rempli de mercure, change de dimension suivant que l'air est plus oumoinssec. On rend ses variations sensibles en l’ajustant à un tube capillaire ; la balle extérieure dans Pavoiae porté une.arête qui se tord et détord par les changements d’humidité; et il est facile de rendre ces mouvements sensibles en y adaptant unindex léger. Le calendula pluvialis où souci= hygromètre se ferme quand Pair devient humide. Par l’humidité les cheveux s’allongent ; au contraire les cordes de chanvre se raccourcissent et se détordent. Il en est de même des cordes à boyau, et c’est sur leurorsion que sont fondés les hygroscopes qu’on rencontre le plus souvent. Ce sont de petites figures de carton, dont la tête se couvre ou se découvre, suivant que l'air est plus ou moins humide. Ce mouvement est dû à un petit morceau de corde à boyau de 2 ou 5 centimètres , dont un bout est fixe et dont l’autre porte la pièce mobile. Ces instruments sont vendus pour annoncer la pluie; mais ils indiquent seulement l'humidité, que lapluie ne suit pas toujours,
HYGROSCOPES, HYGCROMÈTRES. 113 1102. Le véritable problème de l’hygrométrie consisteà (Ce que c'est r A ? ue le degré trouver le rapport entre la vapeur que l'air contient et celle du ee qu’il contiendrait s’il était saturé. C’est ce rapport qu’on appelle le degré d'humidité ; on donne le nom d” hygromètres ee es STO»
aux instruments qui le font connaître. Les hygromètres mixres MS actuellement connus ne font pas immédiatement connaître KA ss RS le degré d'humidité; ils donnent seulement des indiçations ment,
d’après lesquelles on peut le trouver.
1103. Le meilleur hygromètre est celui de Saussure; Hygomètre |
qu'on appelle aussi hygromètre à cheveu , parce qu'il eat, Sattite. fondé sur la propriété qu’ont les cheveux convenablement V8: 322 préparés de prendre pour chaque degré de saturation
de l'air une longueur déterminée à laquelle ils revien-
nent loujours exactement. La partie essentielle de l’ins-
trument est donc un cheveu ab qu’on dispose de manière
à voir facilement de très petites variations dans sa lon-
gueur. Pour cela, ilest attaché à un point fixe a par un bout,
et par l’autre à une poulie qu’un petit contre- -poids C tend toujours à faire tourner, de sorte qu'il reste légèrement ‘tendu. S’ilvient à se raccourcir, il fait tourner la poulie dans
un sens malgré le petit conire-poids ; si au contraire il s’al-
longe, le contre e-poids produit une rotation.en sens contraire.
La poulie porte une aiguille » 7, dont l'extrémité décrit un
arc S H divisé en 100 parties appelées dégrés. Le 100"
degré, qui est ici en haut, indique l’ humidité extrème : on
voit parla manière dont le cheveu est attaché que lai-
guille monte de ce côté quand il y a allongement. Le zéro
qui est en bas indique l'extrême sécheresse. Un cadre de.
cuivre ABCD supporte toutes.les pièces et de plus un petit thermomètre t. L’ hygromètre se suspend dans le lieu où
l’on veut faire une observation : quand laiguille est sta- LE tionnaire, on note sa position et en même temps le degré servation. du thermomètre. Il faut éviter d’humecter le cheveu en
respirant de trop près. Pour faire voyager linstrument,
avant de le mettre dans la boîte on soulève le contre- -poids
e,et on le fixe par la pince P, ainsi que la poulie ; de celte.
manière le cheveu ne risque pas de #e casser ou de se dis-
tendre. |
Éonäéucton 1104: La préparation des cheveux pour les hygromètres etgradualion. consiste à les faire bouillir quelques minutes dans de l’eau contenant -= de sous-carbonate de soude ; on leur enlève ainsi une matière grasse qui les rend moins sensibles à l'humidité. Avant cette préparation, ilsne se dilatent guère que de 45 en passant de la sécheresse extrême à l’humidité extrême; mais quand ils sont bien préparés, la dilatation peut aller jusqu’à +. ya ordinairement 10 pouces ou 27 centimètres entre les points d'attache, de sorte que l'allongement absolu est de 6 millimètres à peu près. Le cheveu étant placé, voici comment on marque les deux points fixes. Pour avoir l'humidité extrème , il suffit d’enfermer l'instrument pendant quelques heures sous une cloche humide posée sur une assiette pleine d’eau; quand l'aiguille est stationnaire, on la place au moyen de la vis V, pendant que la saturation subsiste , sur lé point où lon veut marquer 100°. Cette vis ne fait que déplacer le point d'attache « du cheveu, qui ne se trouve ni plus ni moins tendu dans cette nouvelle position que dans l’autre. La sécheresse extrême s'obtient un peu plus difficilement : il faut , après avoir laissé l’insirument se sécher à l’air, l’établir sous le récipient de la machine pneumatique, audessus d’un large vase rempli de petits. fragments de chlorure de calcium. Quand il est resté ainsi 24 heures dans le vide sec, le cheveu a généralement perdu toute son humidité ; on peut d’ailleurs s'assurer qu’en échaufiant un peu le récipient, on ne fait pas marcher l’aiguille vers une sécheresse plus grande; ce qui aurait lieu s’il restait de Phumidité, puisque Le seul effet de la chaleur serait d’éloigner encore le point de saturation (1018). Comme on a eu soin de tracer des divisions arbitraires sur l’arc SH on peut noter exactement la position de l'aiguille. On a ainsi le zéro; supprimant ensuite les divisions erbitraires, on divise l’intervalle entre les deux points fixes en 100 parties égales. L'influence 1105, Nous n’ayons point indiqué de témpérature par- SCENE ticulière pour faire la graduation de l’hygromèëtre, parce geable. qu’on trouve toujours à peu :près les mêmes points fixes en opérant dans les limites des températures atmosphé-