FROID PRODUIT PAR. L'ÉVAPORATION
que on met un vase très large contenant une couche de 2 ou 3 centimètres d'acide sulfurique très concentré; par-dessus on établit une capsule métallique peu profonde contenant 15 à 20 grammes d’eau; elle pose par trois pieds sur les bords mêmes du vase contenant l'acide, dont la surface reste ainsi bien à découvert. On enlève l'air, et on ferme les robinets ; l’évaporation, comme nous savons, se fait très rapidement dans le vide, et ici elle ne peut pas s'arrêter parce que l’acide absorbe la vapeur à mesure qu’elle se forme : aussi, par une température de 20°, l’eau est gelée en 5 ou 6”. Comme l’évaporation continue après la congélation, la glace descend à plusieurs degrés au-dessous de zéro, on est même parvenu à congeler du mercure mis en contact avec elle. La congélation de ce métal peut se faire à l'air libre, en mouillant avec de l'acide sulfureux la boule d’un thermomètre. M. Bussy a obtenu ainsi un froid de — 57° sur le thermomètre à air, et même de — 68°, en opérant dans le vide au-dessus d’un vase contenant de la potasse humectée pour absorber l'acide. Avec l’acide carbonique liquide M. Thilorier a fait descendre le thermomètre à alcool de 20° à — 90°; c’est vers cette température que l'acide se’solidifie par sa propre évaporation.
1209, Nous conclurons des expériences précédentes que la vapeur froide ‘qui se forme aux plus basses températures absorbe encore une quantité de chaleur très considérable; et pour la vapeur d’eau en particulier, nous ne nous éloignerons certainement pas beaucoup de la vérité en admettant qu’à o° elle contient presqu’autant de chaleur. qu’à 100°. En effet, il est naturel de penser que la chaleur latente, c’est-à-dire celle qui est nécessaire pour constituer l’eau à l’état de gaz, reste la même aux diftérentes températures ; on aurait déjà de celte manière 595 unités. De plus la chaleur spécifique augmente à mesure que la vapeur est moins dense : il peut donc y avoir ainsi, en partie du moins, compensation. D’après cela et d'après quelques vérifications indirectes, nous admettrons parapproximation que la chaleur totale de la vapeur d'eau
Du mercure,
De l'acide
carbonique.
Mesure de la chaleur absor= bee par la vapeur aux basses températures.
158 LV. VI. CHALEUR. È est encore d'environ 600 unités dans les ‘basses températures.
Call de 1210. En partant de là il est facile de calculer la perte re qu’une masse donnée d’eau doit faire par l’évaporation, dure, a re- pour se refroidir d’un certain nombre de degrés, ou même roidissement donné. se geler. Si on veut, par exemple, refroidir de 8° une masse d’eau pesant 5%, il faut lui enlever 24 unités de chaleur ; or <ès de kilog. de vapeur enlève une unité, il faudra