SOURCES CHIMIQUES DE LA CHALEUR
l’eau, la limaille de fer et le soufre est. à peine appréciable sur de petites masses; mais en opérant sur une trentaine de kilogrammes on obtient des effets tels que Lemery a eu l’idée de les comparer à ceux d’un volcan. De même, dans la fermentation , la chaleur peut dévenir très considérable quand la masse est grande ; on sait que des meules de foin humide peuvent s’enflammer et que des toiles peintes entassées, encore fraîches , ont quelquefois pris feu.
La chaleur qui devient sensible dans les actions chimiques n’est souvent encore qu’une partie de celle qui se produit. Une portion considérable peut devenir latente par les changements d’état, comme la fusion et la volatilisation. Dans les mélanges réfrigérants , le froid dû à la liquéfaction compense et au-delà l'élévation de température qui résulterait de l’action chimique considérée isolément.
1347. Leslie avait observé une certaine élévation de
Chaleur pro-
duite par des
température en humectant un linge qui enveloppaïit la actions physiboule d’un thermomètre; M. Pouillet a généralisé le fait T°”
ela constaté qu’il se produisait de. la chaleur toutes les Aghésion des fois qu’un liquide mouillait un solide, lors même qu’il n’y liquides.
avait aucune action chimique. L’effet ne dépasse guère un quart de degré pour les substances inorganiques , telles que le verre, les métaux, etc., soit qu’on les mouille avec de Peau, de l'alcool, de lhuile, ou différents acides. Mais en humectant avec de l’eau certaines substances organiques, préalablement desséchées, par exemple , des membranes réduites en pêtits fragments, on obtient une élévation de température qui va jusqu’à 100.
1348. On sait que les gaz adhèrent avec une force re- Adhésion des marquable à certains métaux (115) et à plusieurs autres 5°"
substances, surtout quand elles sont poreuses (1:16). Au moment où l’adhésion s'établit il se produit de la chaleur comme avec les liquides. S’il y a un mélange de gaz qui puissent se combiner, la température s’élève quelquefois assez pour que la combinaison s'effectue. C’est ce qui a lieu quand on met du fil ou de l'éponge de platine
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‘hs ün mélange d’oxigène et d'hydrogène; ou quand on souffle ce: dernier gaz sur l'éponge à travers l'air. Si le ‘platine est mêlé avec dés substances inertes la combinaison se fait peu à peu, mais s’il est pur la température s'élève jusqu’au rouge, et il y a détomation. C’est à M. Dobereiner qu’on doit:la connaissance de cette propriété qu’a le platine dé déterminer la combinaison des gaz, MM. Dulong et. Thénard ont dépuis constaté que plusieurs autres substances jouissaient de la même propriété; le palladium, le rhodium etPiridium l'ont comme le platine, à la température ordinaire; l’or à 120° seulement; le charbon , la pierre ponce, le verre; la porcelaine à 250°. | Solidifica + 1349, Nous savons qu'il se e dégâge de la‘chaleur pen-
‘ee a dant la solidification des liquides (1190); la liquéfaction
sion. des vapeurs. (1195) ; la compression des gaz (1172).
s’en dégage aussi, mais très peu , pendant la compression des liquides, eat MM. Golladon et Sturm n’ont pas obtenu avec de léther plus de 5 à 6°-d’élévation par une compression brusque de 40 atmosphères; où par le chot d’un-conp de marteau: L'effet était encore moindre sur des autres liquides. Is se servaient du thermomètre de
Bréguet (894). | Percussion, 1350. nn LA onsait par exemple quelespièces de monnaie s’échauffent sous les coups du balancier; mais comme l'effet a lieu même quand la ‘pièce ne change plus de densité, on doit. Pattribuer plutôt à la percussion qu’à
la diminution de volume. Un forgeron adroit parvient à faire rougir une barre de fer à force de la frapper sur son. enclume. Il est naturel de croire que l'inflammation dés
-amorces fulminantes. est due à la chaleur dégagée 1% la percussion.
Frottement,, : 1351. Le frottement est un des moyens les plus puüissants de produire de la chaleur; mille expériences vulgairesle dérmontrent; ainsi,leslimes, lés forets;les outils em-
ployéssurletours’échauffentjusqu’à brûler lamain;lesroues preunent feu ‘quelquefois par le frottement sur les essieux; on fait aisément fumer deux morceaux de bois en les frot-
SOURCES PHYSIQUES DE ZA CHALEUR. 519 tant lun contre l’autre; c’est, comme on sait, un moyen employé par les sauvages pour sé procurer du feu. Le briquet ordinaire est aussi fondé sur le frottement; le silex arrache des parcelles d’acier qui, étant ainsi échauffées jusqu’à rougir, brûlent dans l'air et forment les étincelles. L'oxide de fer qui en résulte fond et tombe en petits globules qu’il est aisé de recueillir sur du papier. L'acier réussit mieux que le fer, parce qu’étant plus dur les parcelles sont plus petites et qu’il faut un frottement plus rude pour les arracher. Avec deux silex on obtient aussi du feu, mais non de véritables étincelles ; parce. que les parcelles détachées ne péuÿent que rougir: Il en serait de même de l’acier dans le vide (5257). Dans les véritables briquets phosphoriques le phosphore qu’on prend au bout de l’allumette s’échauffe et s’enflamme par le frottement ; C’est encore la chaleur due au frottement sur le papier à l’émeri qui explique le jeu des briquets dont les allumettes sont garnies de poudre fulminante. Nous indiquerons encoré deux expériences remarquables, en cé qu’elles peuvent donner la mesure dé la chaleur produite par le frottément; la première, qui est de Davy, consiste à fondre de la glace en en frottant deux morceaux l'un contre l’autre ; la seconde est:de Rumford. Ce physicien, en faisant tourner l’une sur l’autre , à l’aide d’une machine à forer les canons, deux pièces de bronze plongées dans l’eau, finit par mettre ce liquide en pleine ébullition. |
1352. L'électricité, comme moyen de produire de la chaleur, est tout-à-fait comparable aux actions chimiques les plus énergiques. Nous verrons qu’avec l'électricité on fond les métaux les plus réfractaires plus facilement encore qu'avec le chalumeau d’oxigène et d'hydrogène. D'ailleurs certains effets de la foudre montrentla'puissänce calorifique de cet agent.
1353. Lés sources de chaleur que nous venons d’examiner sout en quélque sorte artificielles ou n’ont qu’une existence momentanée, mais la nature nous en présente
Électricité,
Sources
constantes,
qui ont une durée indéfinie ou qui sont remarquables par leur reproduction constante. | Chaleur du . 1354. Il est naturel de croire que la. chaleur ti soleil RE est due à une combustion; sans doute l'imagination s’efne" fraie de la durée du phénomène, mais sur notre planète même nous voyons dans les volcans des combustions qui durent depuis des milliers d'années et il n’y.a pas de comparaison à faire pour les dimensions. D'ailleurs l’incandescence du soleil aura probablement un terme comme celle de plusieurs étoiles qui ont disparu. Nous reconnaitrons en optique que la partie visible de cet astre est une matière analogue à la flamme et non pas un corps solide incandescent. | Mesure ape 13595. On peut avoir une mesure approximative. de la Pronmative. Chaleur dans le soleil même, en prenant celle des rayons solaires pour terme de comparaison. Imaginons que. la surface entière du ciel rayonne comme le soleil; un corps placé dans cette enceinte recevra autant de chaleur que s’il était dans le soleil même, car la chaleur reçue ne dépend pas du rayon de l'enceinte (1245). Or le soleil n’occupe que la 184000° partie de la sphère céleste ; la chaleur de cet astre serait donc 184000 fois aussi grande que celle que nous recevons. : | Concentra 1356, La concentration des rayons solaires offre un des pes moyens les plus puissants de produire de la chaleur. En réflexion. faisant tomber sur un même point les rayons réfléchis par un grand nombre de petits miroirs plans, Buffon enflammait du bois à plus de 200 pieds ; à 45 pieds il mettait l’argent en fusion. Ces expériences rendent plus probable ce qu’on raconte des miroirs ardents d’Archimède. On sait que les anciens se servaient de coupes. pour obtenir le feu du ciel, et cela peut se concevoir quand on obserye que le très petit miroir concaye, formé par la
boîte d’une montre, suflit pour enflammer l’amadou. —Parlaré. 1357, Les verres sont préférables aux miroirspour con- H'aciionr centrer la chaleur du soleil, d’abord parce qu’il y a moins de perte par la transmission que par la réflexion et ensuite parce qu’il est plus aisé d'exposer un corps aux