‹ Éléments de physique ... Seconde partie. [Chaleur]Chapitre 9 sur 89 · THERMOMÈTRE A MERCURE. S · texte numérisé non relu

THERMOMÈTRE A MERCURE. S

fant la boule, on chasse une portion du mercure telle que l'extrémité de la colonne reste ‘dans le tube à toutes les températures qu’on veut observer; c’est ‘une affaire de tâtonnement. On ferme ‘ensuite le tube sans y laisser d'air; pour'cela on effile l’extrémité à lalampe, puis on chauffe la boule de manière à faire venir le mercure tout près de cette extrémité qu’on ferme alors au chalumeau. Quand le mercure se contracte par ‘le refroidissement, il laisse le tube vide, ou du moins ne contenant qu’une très petite quantité d’air, ce qui n’a pas d’inconvénient. Si on laissait la totalité de l’air, le mercure en se dilatant ferait casser l’instrument. On pourrait à la rigueur ne pas fermer; mais il entrerait alors de la poussière dans le tube, et si dans quelque mouvement, une portion du mercure venait à sortir, la graduation, faite comme nous le dirons tout à l'heure, deviendrait fautive.

840. On sent utilité Gu réservoir que forme la boule: si on avait un simple tube fermé par un bout ct de même longueur que celui du thermomètre, une très forte chaleur allongerait la colonne seulement de quelques millimètres ; tandis qu'ici la boule, ayant üne capacité à peu près invariable , la dilatation du mercure qu’elle contient se loge dans le tube ct augmente considérablement la longueur de la colonne, On se sert même de tubes aplatis, afin que cette dilatation occupe une plus grande longueur.

841, Les changements dans la pression de l’air sont ici sans influence , puisque l'instrument est fermé. D'ailleurs fat-il ouvert, il en serait encore de même, parce que les liquides, et surtout le mercure, sont à peu près incompressibles (374). Ainsi, tous les changements qu’on reconnaît, indiquent des changements de température; de sorte qu’on a déjà tous les avantages du thermomètre de Drebbel, sans en avoir les inconvénients.

842. Le principal avantage qu’on attende d’un thermomètre est la comparaison des températures. Il faut donc adopter une graduation telle, que deuxthermomètres donnent exactement la inème indication quand on les place dans les mêmes circonstances, On a d’abord employé pour

Utilité du reservoir.

Ja pression de l'air est sans influence,

Recherche d'un thermomètre comparable.

cela des moyens assez pénibles; maisenfin, deux physiciens,

Cbristin, à Lyon, et Celsiu$, à Upsal, ont presque simulta-

nément trouvé en 1741 un mode de graduation très sim-

ple, qui donne des thermomètres parfaitement comparables,

quelles que soient les dimensions, et sans qu’onait besoin

de connaître le rapport entre les divisions du tube et la ca-

pacité de la boule. Ce procédé est fondé sur deux faits qu’on

peut aisément constater avec l'instrument sans graduation;

Températu. © 6St 1° que la glace se fond toujours à la même tempéra-

resfixes quiser- ture ; 2° que la vapeur de l’eau bouillante a toujours la smile NE même lempérature sous la même pression.

Procédé pour 843. Voici maintenant comment on s’y prend pour mar-

a 8 quer les deux températures fixes sur le tube : On met dans

une chambre, où ilne gèle pas, un vase contenant de la glace

pilée, ou de la neige qui bientôt commence à fondre ; on y

plonge le thermomètre et on voit le mercure descendre,

puis s'arrêter à une hauteur invariable; de sorte qu’il est

facile de marquer exactement cette hauteur. Il est bon que

le vase soil percé de trous, afin que l’eau puisse s’écouler, et

que le thermomètre soit toujours en contact avec la glace

fondante. Pour avoir ensuite la hauteur correspondante à

l’eau bouillante, on se sert d’un vase en fer-blanc, dont le

Fig. 291. couvercle est surmonté d’un tuyau en plusieurs piècespour

qu’on puisse lui donner la longueur convenable. La pièce

supérieure est fermée par un bouchon B dans lequel passe

à frottement le tube du thermomètre. Le vase contient un

peu d’eau qu’on fait bouillir ; il vaut mieux que le thermo-

mètre ne plonge pas, parce que la vapeur a une tempé-

rature plus invariable encore que celle du liquide ; cette va-

peur sort par une ouverture latérale après avoir échauffé

toute la colonne de mercure. On élève le tube du thermo-

mètre à travers le bouchon, seulement jusqu’à ce que lon

voie le sommet de la colonne qu’on marque lorsqu'il est

stationnaire,

Remarqie 844, Nous avons dit que la vapeursortant de l’eau bouil-

Mende gi lante avait toujours la même température, pourvu que la

pression fût la même. Il faut donc que ce soit sous une

même pression qu’on marque le second point fixe de tous

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