Éléments de physique terrestre et de météorologie
Les éléments de physique terrestre et de météorologie que nous présentons au public ont servi de texte au cours de physique appliquée qui a été fait Tannée dernière au Muséum d'histoire naturelle. Cette partie de la physique est sans aucun doute celle qui offre le phis de difficulté, en raison du très-grand nombre de faits qui la composent et du peu de lois découvertes jusqu'ici , servant à établir leurs relations. Un traité complet sur la matière eût présenté de trop grandes difficultés dans l'état actuel de la science. ^
L'accueil favorable fait à ce cours par le public, et la demande réitérée qui nous a été faite par la plupart des personnes qui Tont suivi , d*en livrer le texte à l'impression, nous ont engagé à nous rendre k leur désir, tout en ne nous dissimulant pas que, malgré tous nos soins à rassembler les nombreux matériaux qui le composent, à les coordonner et à en discuter la valeur, l'ouvrage présenterait encore bien des lacunes qui sont presque inévitables dans une réunion d'éléments aussi divers.
D'un autre côté, nous ne prétendons nullement offrir au public un ouvrage entièrement original, puisque nous avons fait de nombreux
AViU!IT-l»ftOFOS.
emprunts aux. personnes qui se sont le plus occupées de phynqoe terrestre et de météorologie, et en téte desquelles nous placerons MM. Arago,
BOUSSINGAULT, DuPERREY, ÉuE DE BëAUMOMT,
DE Gaspaein, de Humboldt, Kabhtz, de Sa«jssmiB, etc. Néanmoins, quelques parties ont été
traitées sous un point de vue nouveau; nous citerons particulièrement les phénomènes de décomposition et de recomposition qui ont lieu sans cesse à la surface de la terre.
Mous avons mis tous nos soins à rapporter avec exactitude les nombreuses données numé* riques composant les tableaux qui accompagnent la description des phénomènes : il pourrait se Ikire cependant que des erreurs s'y fussent giis* sées; dans ce cas, nous prierions le lecteur de vouloir bien nous les indiquer, afin de donner un erratum s'il était nécessaire.
On sera peut-être étonné de trouver dans notre ouvrage beaucoup d'applications aux différentes branches des sciences naturelles ; mais il ne pouvait en être autrement dans un traité qui est le résumé d'un cours de physique terrestre et de météorologie professé au Jardindes-Plantes, où Ton doit s'eSbrcer de montrer l'intervention des forces physiques dans la production des phénomènes naturels et de présenter pour ainsi dire un tableau de la philosophie naturelle.
INÏRODUCÏION. / \ >. ;-v. ^
Les ëlérocnts matériels et les agents impondérables oui sont intervenus dans la formation de la terre et dans celle des corps qui recouvrent sa surface, existent également dans les espaces célestes; mais d'où viennentïUf comment ont-ils agi pour constituer notre globe? Telles sont les questions qui vont d'abord nous occuper.
Si Ton jette les yeux sur le ciel pour étudier les astres qui y sont répandus avec tant de profusion, on voit d'abord des étoiles fixes, et plus près de nous les corps de notre SNStènie planétaire, cireulaut autour du soleil. Mais si l'observateur est muni d'un puissant télescope, qui lui permette d'explorer les régions les plus éloignées , il aperçoit, indépendamment d'un nond)re beaucoup plus considérable d'étoiles , des nuiltitudes de nébuleuses de foruïes diverses, et la voûte ( eleste apparaît connue un immense océan parsemé d'îles et d'arebipels , dans le(juel fious allons essaver de pénétrer, afin de remonter aux causes qui ont concouru à la formation du globe terrestre.
Le système solaire, tel qu'il est connu aujourd'hui, se compose de treize planètes et de leurs satellites^ de plusieurs centaines de comètes, et, en outre, de myriades d'aë* rolithes, de bolides et d'étoiles filantes. On doit peut-être y comprendre une zone de matière nébuleuse à laquelle on rapporte la lumière zodiacale, mais dont Texistence est encore problématique.
Ijes planètes décrivent autour du soleil, d'occident en orient 9 des orbes elliptiques, en général peu allon* gés , dont cet astre occupe un des foyers et dont les plans sont la plupart peu inclinés à Técliptique. Chacune d'elles est animée en outre d'un mouvement de rotation autour d'un axe ayant une direction lentement variable.
a IJirTBOOUCTION.
Les treize planètes » classées d'après leur distance au
soleil, sont : Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Vesta,
Astrée, Junon , Ccrès, Pallas, Jupiter, Saturne, Uranus
et la nouvelle planète Le Verrier.
Les cinq planètes situées entre Mars et Jupiter sont très-petites; elles ont été découvertes à l'aide dtt télescope depuis le coinnKMieenient de ce siècle.
Le tableau ci-joint renferme (luelt^ues éléments relatifs au soleil et aux plaucLcs.