CHAPITRE IV
la pluie; en hiver^ la gelée ou le dégel. On les a regardés comme pronostic de vent. Dans un beau temps, d'après Howard, avec une brise légère il toujours de petits groupes de cirrus cjui viennent frecjuenîment du côté oppose au vent et qui s'accroissent dans le sens du vent; de forts vents sont toujours précédés de ces nuages dans leur direction ; avant les orages, ils paraissent plus épais, et cela dans la partie opposée à celle de Torage.
Lorsque, dans nos climats, le vent du S.-O. devient dominant et se fait sentir également dans les régions inférieures de Tatmosphère, les cirrus sVpaississent et deviennent grisâtres; ils se présentent d'abord sous la ' forme de laine cardée, puis s'abaissent vers la terre; la neige fond, et il se forme de la vapeur vésiculai|'e| qui ne tarde pas à se transformer en pluie.
Quelquefois des circonstances analogues transforment les cirrus en petits nuages arrondis, appelés nuages njoutonués; ce sont des cirro-cumulus. Ces nuages, formés de vapeurs vésiculaires, sont très-transparents, et lorsqu'on voit au travers le soleil ou la lune, au lieu de halos, il se produit des couronnes. On les considère comme un présage de chaleur; ils sont dus, de même que les cirrus, au mélange des vents chauds du sud avec les masses d'air plus froides des parties supérieures de l'atmosphère. Un temps humide, d'après Howard, est accompagné de ces nuages qui se transforment rapidement en cirro-stratus.
Cumulus, — Les cumulus sont des nuages arrondis, ressemblant à des montagnes entassées les unes sur les autres, nuages qui s'accroissent par en haut à partir d'une base horizontale. Ils se forment le matin et se dissipent habituellement le soir, mais ils partagent en général les, vicissitudes de l'atmosphère; ils sont plus fréquents en été qu'en hiver. Leur formation dépend du mouvement ascendant de la vapeur d'eau pendant le jour, laquelle vient se condenser dans les régions plus élevées; d'après cela, cjuand l'air est humide et le ciel serein, on
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les voit se former vers huit heures dumatin; ils augmentent jusqu'à midi, puis diminuent vers le coucher du soleil. Le matin , ces nuages sont peu élevés; dausia journée^ ils s'élèvent davantage; et le soir, ils se tiennent plus bas; ainsi , dans les montagnes , des voyageurs ont pu observer des nuages sous leurs pieds le matin , autour d'eux à midi ou une heure ^ au-dessus de leur téte dans la jour^ née, et voir redescendre la limite inférieure des nuages vers le soir. I>es cumulus, souvent, au lieu de se dissiper le soir, deviennent plus denses,et leur forme se rapproche de celle des stratus; ce changement dépendant de Thu'^ midité de Fatniosphère, on doit s'attendre alors i des pluies ou à des orages.
M. de Saussure attribue la forme arrondie des cumulus aux colonnes d'air chaud ascendantes, dont les contours se dessinent dans l'atmosphèi e, car leurs apparences ne sont que des sections de cylindres. Si l'on ajoute h tt'lu (les petits tourbillons sur les hords, les formes arrondies prcuncal l'aspect des tourbillons de fumée qui s'échappent d'une cheminée.
Nous avons dit (pie les ( unuilus proprement dits se forment le jour et disparaissent la nuit : si Tair inférieur est trop humide , alors le ciel peut se couvrir complètement vers midi; mais les nuages passent de nouveau vers le soir à Tétat de vapeur invisible. Suivant Howard , la formation de larges cunmlus, du côté opposé au vent , quand il en fait beaucoup, indique l'approche du calme ou de la pluie.
Les cumulus sont quelquefois très-haut, mais jamais aussi haut que les cirrus. Ou a mesuré les hauteurs d'un grand nombre de nuages; voici quelques déterminations qui se rapportent surtout aux cumulus et à leurs modifications. Les limites d'élévation, d'après Bouguer, deHumboldt, etc. , sont 4oo à 65oo mètres. Dans la campagne de la yénus, on a trouvé pour extrêmes 900 mètres et t6oo mètres. MM. Peytier et Hossardont déterminé aussi quelques élévations de nuages, d'après les pics auxquels les (Htrties supérîetires et inférieures de ces nuages étaient
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tangentes ; ils ont trouvé pour limite inférieure /Joo et aSoo mètres , et pour liiuitc supi riiune 900 mètres et 3ooo mètres. Dans une circonstance, ils ctaicnt placés de manière à voir en même temps les deux surfaces d'un nuage; ils lui ont trouvé, le premier jour, une épaisseur de 4^0 mètres , et le second jour, de 85o mètres.
Il n*e&t pas question , dans ces déterminations, des nuages orageux ^ dont il sera fait meotion dans uu cha- . pitre h part.
Stratus, — On appelle ainsi des couches nuageuses horizontales très-larges, continues, s*accroissant de bas en haut. Ce sont les brouillards s'étendant en une vaste couche dans les matinées calmes, et dont la condensation apparente augmente encore par un effet de perspective.
Ils se forment habituellement au coucher du soleil, et disparaissent à son lever. En général, ils ne durent
Sue la nuit; au retour du soleil, la base prend la forme 'un cumulus i^ui 8*élève et s'évapore; ce changement peut étré considéré comme pronostic de beau temps. Par rapport aux cumulus, qui peuvent être regardés comme nuages de jour, les stratus peuvent être considérés comme des nuages de nuit.
Les stratus sont fréquents en automne , et au prin* temps on les voit rarement se former. Ces nuages sont situés plus près de terre que les autres.
Nous avons représenté, dans la planche Yl, les trois espèces principales de nuages. La légende placée à côté du dessin indique à quelles formes correspondent les diverses figures.
Les nioditications des nuages, intermédiaires ou compostées, se produisent dans beaucoup de circonstances, et souvent il est très-difficile de distinguer à quelle forme elles a ppartienacut. Howard fait les réflexions suivantes à ce sujet :
Lorsque les cirrus resttîut stationnaircs , ils passent habituellement à l'état de cirro-cumulns ou decirro-stra^ tus. Le cirro-cumulus est fréf|uent dans Tété, et accompagne un temps chaud et sec; on le voit rarement dans
Sgo DE l'atmosphère.
Thiver. î^e cirro-stratns est épais au milieu et aminci aux extrémités; il précède le veut et la pluie, dont Tapproche peut être prédite quand les nuaj^es de cette es- J)èce sont plus ou moins nombreux; on le voit presque toujours dans les intervalles des oraj^es.
L'horizon souvent paraît chargé de nuages de tous côtés, cependant on n'observe au zénith q\ie quelques cumulus épars et le ciel ne se couvre pas; cela provient d'un effet de perspective tel, qu'à mesure (jueles nuages isoles s'approchent de Diorizon, leur intervalle diminue, de sorte qu'a l'horizon même ils paraissent se toucher.
On vient de voir, page 38Ç, que souvent les cumulus s'épaississent pendant le jour ou pendant la nuit, suivant l'humidité; mais, d'après M. Raemlz, on doit distinguer, lors de ces modifications, les ciu)iulo-stra(ns des sfra/O' cumulus. S\ l'air est très-humide, les cumulus augmentent en intensité pendant la journée, s'étendeiit et ressemblent aux stratus : ce sont les nifiiulo-strutus ; le ciel se couvre alors tout-à-fait, la pluie peut tomber vers midi et cesser le soir. Si des masses nuageuses, denses, étendues, à boids circonscrits, augmentent le soir et couvrent le ciel pendant la nuit, îl se forme alors des slrntO'i'umulus : ces nuages peuvent donner de la phiie le matin, puis se dissiper vers midi. Ia's slrato-cunuilus ont de l'analogie avec les strnfus par leur extension, mais leur formation n'a pas lieu à la nu*m<î heure, ni d<! la même manière que les cumulus; ceux-ci sont formés pendant la elinleui- du jour, tandis (|ue lesstratoeumulus se dissipent sous l'action des ravons solaires. Pendant Phiver, ces espèces de slralus couvrent (|uel(juefois le; ciel pendant des semaines enlières,et leur présence tient peiit-rln-au décroissenjenl rnj>ide delà température à partir du sol ; ujais vei's midi les vapeur:; s'élèvent et des < iimnlus se forment.
Quelquefois il existe plusieurs étages de nuages, cha((ue couche étant toujours alignée par sa pjirtic inférieure, de manière à inanjuer par une surface (jui paraît à peu
près plane la limite de la partie de l'atmosphère où l'air est satinr de celle où il ne l'est pas. 11 est possible que les rayons calorifiques, absorbés par la première «Stfche de nuages , produisent uij^ évaporation donnant naisBanoe à la deuxième eooche, comme la première elle- -fiiêiDe est due à TévapMition du sol; mais, en gênéini^ oes couches uuageusés sont dues Sfvt ^Milf inëgale- Wifiit lehliwls et hmaides qtii rèfftm à'ttiNblÉëi liatiteurs '^itiè^ ^ dfelM!titfliS difftérent
-Qliant au IMMgé ;<le pMe tm nimbus, Howard l'a WB/anné HmhcUffMBh^tl^s^poiit iodiqtter le ii|H«ri|» obfliftét ralisence de toute forme. ' ^
' Koils ne devons pas oublier de Mentioiiito 1o Vo^nîon clé Howard sur Torlgine de la forme des nuages, opinioB partagéé 'liepuis par quelques personnes. Ce ' ^^li^léiM^ogiste ^étiMliQeM les eifrus comme des eondiio- ^lecttiq^ qui servent de communi-
jàtÊÊt^ il attribue leur
Ibfine «Plongée MllHlffetsj^^ prodtnsent dans cette circonStÉtoCe.H fMIlkc que IprldumulttS sont des conducteurs diargés d'éfectridië'V et que leur fonpe arrondie ' est due à cette circonstance.
On a soin , dans les observatoires météorologiques, de noter l'aspect du ciel au moment des diverses observations de la journée; on indique si le ciel est couvert, à moitié couvert, etc.; cet examen est de quelque intérêt , le climat d'un pays pouvant être modifié et rendu plus uniforme par la présence de vapeui^ : l'A ngletcrre, comme nous Tavons vu , en est un exeniple. Pour tenir compte de la partie du ciel couverte de nuages, on peut, comme l'a fait M. Cacciatore, supposer le ciel partagé en segments, et estimer ainsi approximativement la surface nuageuse qui couvre chaque segment ; alors le produit de cette surface par une épaisseur dépendant de Tintensité de la teinte plus ou moins sombre des nuages, donné une évatuation approchée de leur masse, (Voyez Météatxdme apicole de M. deGasparin, tome II,
De la pluie^ de la neige et du grésil,
Dk L& pluie. — D'après ce qui a été dit relativonieiit à la suspension des nuages, il est probable que les sphéruies de brouillard foinbent continuellement, à inoins qu'elles ne soient emportées par les vents. Lorsque, par Icgr réunion, elles peuvent faire un trajet assez long avant de se réduire en vapeur, on aperçoit des bandes grises qui tiennent aux nuages et n'atteignent pas le sol; mais lorsque par leur agglomération, provenant de leur rencontre ou d'autres causesqui sont encore inconnues, elles peuvent acquérir une masse capable de les faire tomber sans qu'elles se vaporisent en roule, alors elles donnent de la pluie qui tombe sur le soL Si la condensation se fait lentement , comme cela arrive dans certains brouillards, la pluie qui se forme est très-fine et se nomme bruine f si la condensation est plus rapide, les gouttes acquièrent plus de grosseur. Quand la pluie traverae des couches d'air saturées, les gouttes peuvent s*accroître en tombant, parce qu'elles proviennent d'une région plus froide, et qu'elles pénètrent dans une région plus chaude; alors, il doit tomber plus d'eau sur le sol quà une certaine hauteur. ÏjSl soudaineté de la chute de la pluie qui a lieu quelquefois, feit croire que Ton ne connaît pas toutes les causes productrices de cette agglomératioii de sphérules aqueuses.
Pour évaluer la qujftntitë d*eau qui tombe dans les divêr> ses localités , soit |tj^t ,.de pluie, soitàTétatcleneige, PH^t usage d*appud^U 4^^*oA ^ nommés pluvimètres , . ^|||omètres, byetoow^ ou ombromètres. Us se composimplement de vases ouverts par en hant, placés ^Ëuis un lieu découvert , de manière à recevoir directement la pluie ou la neige et à les soustraire à Tévaporation; on mesure ensuite Peau tombée dans le vase. Quand on dit qu'il est tombé centimètres d'eau dans une année, cela signifie que si l'on empècbait l'évaporation , et que l'on supposât l'eau étendue sur toute la surface du lieu où elle est tombée, l'épaisseur de la couche