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CHAPITRE VI

c( ainsi à 3o lieues dans rintérieur de cette contrée. Il « est donc permis d'admettre que les éclairs dont nous « avons vu la lueur, dans notre atmosphère de la Coquille^ « avaient pris naissance au milieu des nuages orageux a situés à Go lieues de distance. »

L*éclair suit toujours une ligne courbe ou brisée, effet dû à la propriété que possède réiectricilé de suivre toujours la ligne qui offre le moins de résistance à sa transmission; dans les fortes décharges, lair étant plus ou moins comprimé, l'électricité cherche la partie où l'air est le moins condensé; elle se dévie alors de la ligne droite pour suivre une ligne brisée ou courbe dont on ne peut prévoir la forme.

Bien que la plupart du temps l'électricité se porte à la surface des nuages denses, on ne doit pas néanmoins considérer ceux-ci comme des conducteurs parfaits, m raison des intervalles (jui séparent toujours les globules vésiculaires,même quand ils sont très-rapprochés: il résulte de laque souvent le ménïe nuage, \\ différentes reprises, donne naissance h plusieurs étincelles successives.

On a remarqué que l'éclair parcourt souvent des distances de plusieurs lieues; cet effet pourrait provenir, indépendamment de l'action par influence, de la présence de nuages isolés ou de la présence de globules vésiculaires servant d'intermédiaires pour opérer la décharge.

La plupait du temps les éclairs sont blancs, mais quelques météoi ologisles prétendent en avoir observé de couleur' purpurine violacée, semblable à celle que présente la lumière électrique dans le vide.

La réunion des électricités ne se fait pas en général en donnant toujours lieu à des éclairs de même forme; il peut se présenter trois apparences principales d'après lescjuelles on a établi trois classes d'éclairs.

Les éclairs qui composent la première classe, ont la forme d'un sillon de lumière, mince, serré, très-arrélé sur ses bords, se mouvant en zigzag et pouvant se bifurquer ou se diviser en {)lusieurs branches ; quelquefois.

5o6 DE L'iéLECTRICIT^ ATMOSPHÉRIQUE.

après plusieurs zigzags, ils retournent vers la région (1 où ils sont partis, (^es éclairs peuvent être comparés aux étincelles (|u'on tire du conducteur d'une machine électiique ordinaire.

Les éclairs de la deuxième classe comprennent ceux dont la lumière, au lieu d'être concentrée en un trait lumineux, occupe un espace considérable; suivant une expression vulgaire , les nues, lors de leur apparition, semblent s'entr'ouvrir. La décharge électri(jue, dans cette circonstance, paraît avoir lieu à l'intérieur des nuages et en éclairer la masse. Ces éclairs, qui sont les

{)lus communs, pourraient être comparés à l'étincelle )rillante, large et peu longue qui résulte de la décharge d'une batterie électrique dans laquelle l'électricité est fortement condensée. La teinte de ces éclairs est souvent d'un rouge très-intense, mêlé quelquefois de blanc ou de violet.

Dans la troisième classe se trouvent des éclairs qui diflferent des précédents sous le rapport de la vitesse et de la durée. Ils sont visibles pendant i ,a, et même lo secondes, de sorte qu'ils peuvent se transporter des nuages vers la terre pendant un temps assez appréciable pour que l'on puisse suivre de l'œil leur mouvement. Leur forme apjiroche de celle d'une sphère; ce sont de véritables globes de feu qui se divisent parfois , et rebondissent sur la terre à plusieui*s reprises; ils ont des mouvements tantôt longs, tantôt rapides et quelquefois, eu éclatant, ils font entendre un bruit comparable à la détonation de plusieuis pièces de canon. 11 est à remarquer que la foudre se présente en général sous cette apparence quand elle pénètre dans Tintérieur des édifices. (Arago, .Annuaire <hi Bureau des hm^iludes , i838, p. aSg et suivantes.)

On ne sait rien sur l'origine de ces globes; jusqu'ici on n'a pu donner une explication satisfaisante de leur formation. Les nuages électfisés pouvant être positifs ou négatifs, il poui rait se faire que l'espèce d'électricité ne fût pas indifférente aux apparences diverses qui se manifestent dans ces f irconstances , et alors, peut-être

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