‹ Éléments de physique terrestre et de météorologieChapitre 151 sur 202 · CHAPITRE VI. So'î · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. So'î

« minant ia direction et l'effet des éclairs, j'apcreus « di'rrière le penchant de la colline ([ui , d'un côté, ter-

« mine la vue de ma maison, un point lumineux

« (le point lumineux ayant acquis peu à peu du volume « et de 1 étendue, il forma insensiblement une zone, « une bande pbospliorique , qui se montrait à mes yeux « sur une hauteur d'un mètre; elle finit par sous-tendre « à mon œil un angle de Go°. Sur cette première zone « lumineuse, il sVn forma une seconde de la même « hauteur, mais qui n'avait que 30** d'étendue..., c*est-à- « dire la moitié de celle de la zone inférieure. Entre deux « resta un vide dont la hauteur égalait celle d'une des « deux zones prises séparément. On remarquait dans u l'une comme dans l'autre zone des irrégularités à peu a près comme sur les bords des gros nuages blancs, a avant-coureurs de l'orage. Ces bords n'étaient pas a tous également lumineux, quoique le centre des zones « offrît une clarté lumineuse. Pendant le temps que les

« zones avançaient vers l'est , la foudre, à trois re-

« prises différentes, s'élança de l'extrémité de la zone « inférieure, mais sans produire de détonation apprête ciable. »

Ne voulant pas préjuger la question et admettre sans nouvel examen que la haute tension électrique des nuages peut les rendre lumineux, nous nous demandons si plusieurs phénomènes météoriques n'ont pas existé sinudtanément , et si les effets ne se sont peut-être pas corn pli(| nés de ceux de l'aurore boréale?

On ne sait si les brouillards tels que celui de 1783, que l'on prétend avoir été lumineux, doivent leur lumière à une action électrique. Il ne faut pas ranger dans les effets dus à l'électricité les lueurs ([ue l'on observe près des endroits marécageux et des cimetières, et qui sont produites par des décompositions ou des combinaisons chimiques.

Des ('('/(/irs. — L'éclair ()ui sillonne l'espace compris entre deux nuées n'a (in'une durée inappréciable, puisque la vitesse de l'électricité est excessive j eu outre, le sou

5o4 ' DB t/^LBCTRIClTÉ ATMOSPHERIQUE.

parcourant 3/|0 mètres par secoiulc, il doit s'écoultT entre l'apparition de Téclair t^t la détonation, autant de secondes qu'il y a de fois 34o" mètres entre le lieu où Ton est et celui où éclate la foudre. La durée de ce temps est très-variable, puisqu'elle est proportionnelle à la dis* tance de Tobservateur à Téclair; DeL'isle a compté une fois 67a secondes entre IVclairetle tounerre : c*est Tintervalle le plus long dont fessent mention les recueils météorologiques ; ce nombre donne pour la distance du nuage où l'éclair s'était montré , 34^64 mitres ou 6 lieues.

Quand l'éclair brille sans être suivi d*un coup de tonnerre, on est assuré que le lieu où s^opère la décharge est situé à une distance telle de Tobservateur que le son est inappréciable.

éclairs dits de chaleur, parce qu'ils brillent dans les belles nuits d'été, ne sont probablement que la réverbération , sur des coucbes atmosphéi iques plus ou

'moins élevées, d'éclairs ordinaires produits dans des nuages orageux que l'on ne peut apercevoir, à cause de

■ la forme arrondie de la terre. Ces éclairs silencieux étant engendrés au milieu de nuages situés à de très-, grandes distances de l'observateur, le bruit des détonations et du roulement du tonnerre ne peut parvenir jusqua lui.

M. Duperrey a cité, dans les tableaux de routes de^ la corvette la Coquille^ l|u'ii a publiés en 1829, exemple de la distance extraordinaire à laquelle on peut apercevoir la lueur des éclairs :

« Dans la soirée du G mars 18^3^ étant entre les pa- * « railèles de Lima et de Tru&illo, environ 3o lieues dans « l'ooest de la côtei nous vîmes des éclairs très-brillants « dâv^ l'est et le nord-est ^ au terme de l'horizon; le vent « élait au sud-sud*est, le temps magnifiqucy et le ciel c d'une pureté remarquable. T>e tonnerre ne se fit point '« entendre. L'on sait eu effet , depuis longtemps^ qu'il ne « tonne jamais sur les côtes du bas Pérou; mais l'on sait « aussi, d'après don AuLonlo do Llloa , qu'il n'en est pas

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