‹ Éléments de physique terrestre et de météorologieChapitre 169 sur 202 · CHAPITRE Vm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vm

PIIEH0JI1KM£S MKTKORIQUES DONT l#'ORUUJiK EST

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SECTION r®.

M vAvmmm polam.

S r*^. — Description de L'aurore polaire.

L'aurore polaire est cette lueur formée par des rayons diversement colorés qui jaillissent de toutes les parties de l'horizon à certaines époques, dans rhéniisphère nord ou dans l'Iiéniisphère sud ; dans le premier cas elle prend le nom d'aurore borcalc , et dans le second celui d'aurore australe. L'apparition de ce phénomène est annoncée par des perturbations exercées sur l'aiguille aimantée; ces perturbations, dont nous avoDS parlé précédemment, ëta* blissent une liaison intime entre ce phénomène et la dis* tribution du magnétisme, sur le globe , et nous laissent entrevoir que l'aurore polaire a probablement une origine électrique.

L'aurore boréale dans nos contrées a, eu général, l'apparence d'un brouillard assez obscur vers le nord, avec un peu plus de clarté vers l'ouest que dans le reste du ciel. Ce brouillard prend peu à peu la forme d'un segment de cercle, s'appuyant de chaque coté sur l'horizon; la partie visible de la circonférence, c'est-à-dire la nai^ tie supérieure, est bientôt entourée d*une lumière bian« che donnant naissance à un ou plusieurs arcs lumineux; viennent ensuite des jets et des rayons de lumière diversement colorés , partant du segment obscur, dans lequel il se fait parfois c^uelques brèches éclairées , sem-

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l)lant annoncer un mouvement de fluctuation dans la masse. Quand Taurore s'est (^tendue, il se foi nie une couronne au zénith , où concourent les rayons lumineux. Le phénomène diminue alors d'intensité; on observe cependant encore de temps à auti*e des jets de lumière^ une couronne et des couleurs plus ou moins vives^ tantôt d'tto côté du ciel, tantôt de l'autre. Enfin le mouvement cesse, la lueiur se rapproche de plus en plus de Thorizon, la nue quitte les diverses parties du ciel et s'arrête vers le nord. Le segment obscur en se dissipant devient lumineux ; sa dartc est d'abord assez prononcée près de rborizon, plus faible au-dessus^ et finit par sè perdre dans le ciel.

L'aurore est quelquefois composée de deux segments lumineux concentriques, ayant leurs extrémités à Thorizon , séparés entre eux par un segment obscur, et de la terre par un autre segment obscur. Jjsl pl. Xill^ fig. uj, rej)i"ésenle une aurore boréale observée par Mairan, à Brcui Ile-Pont, le 19 octobre 1726; elle est composée d'un seul segmenl obscur, percé symétrique- . ment, autour de son bord, de créneaux à travers lesquels on croyait apercevoir un incendie.

Tels sont les phénomènes généraux de l'aurore boréale, comme les a décrits jMairan dans un traité spécial (Paris, 1754) ou il a rendu compte de toutes les observations recueillies jusqu'à lui. Depuis , ce plH'iiomèue a été étudié parles physiciens, sans i\ui\s soient parvenus 'pour cela à en connaître la cause. Le travaille plus complet qui ait été fait est dû à la commission scientifique envoyée dans le nord, (jui s'est livrée, pendant Thiver de i83^ à 1839, à des observations suivies à Bossekop (West-Finmark)i dans la baie d'Alten , par 70" de latitude nord. Cette baie s'étend dans la direction du nord ausudy comme un large fleuve dont les sinuosités vont se derrière plusieurs* promontoires, de sorte que opi semble être sur les bords d'un lac entouré de forêtsdesapinset de montagnes neigeuses, dont les crêtes dentellent 1 horizon à la hauteur de 5 à 7**.

CUAP1TR£ VIII. t}^}^

A nniir du 7 septembre i838 jusqu'ea avril iSSg, dans rtntervalle de ao6 jours, on a compté i43 aurores boréales, qui ont été surtout très-iréquentes du 1 7 octobre au a5 janvier, pendant l'absence du Soleil ; de sorte que v cette nuit de 70 fois 24 heures a offert 64 iiiubreif sans compter celles dérobées à la vue par un oii^'^titîire* Dient couvert, et dont néanmoins la présence était accusée par les pcrtin batlons de Taiguille aimantée.

Yoiei l'aspect sous le([uel les aurores boréales se sont piésentc'es le plus fréfjueinnient, ainsi que leur niaiclie habituelle, d'après l'excellente descri|)lion (jue M. ].t)ttin, un des membres de la commi&sioa, a eu i ubiigeaiice de nous conmiuniquer :

Le soir, entre 4 et 8 heures, la brume légère qui règne presque habituellement au nord de Bossekop à la hauteur de 4 à 6", se colore k sa partie supérieure, ou plutôt se frange des lueurs de Faurore qui existe derrière. Cette, bordure devient plus régulière et forme 'un arc vague, d'une couleur jaune p«Me, dont les bords sont dessus et dont les extrémités s'appuient sur la tenu* . Cet arc monte plus ou moins lentement, sou sommet restant dans le méridien magnétique, ou à très-peu près:' position difficile à déterminer avec exactitude à cause • de son mouvement ascensionnel et de sa forme dé* primée. > -

Bientôt des stries noirâtres sépàrent régulièrement la matière lumineuse de l'arc : les rayons sont formés; ils s'allongent, se raccoumssent lentement ou Instantanément; ils dardent, augmentant et diminuant subitement d'éclat. La pai'tie inférieure, les pieds des rayons olTrent toujours la lumière la plus vive, et forment un arc plus ou moins rétiulier. La longueur de (!es rayons est souvent très-variée, mais tons convergent veis un mémo point du ciel, indi(|ué par le j)r()l()nge!nent de la pointe sud de l'aiguille aimantée (j)l. XIV, lig. -ïi); parfois ils se prolongent )us(|u'ii leur j)oinl de réinnon, f ormant ainsi le f ragment duue immense coupole iumiueuse (pi, XI V,

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I/arc continue à monter vers le zénith; il éprouve un inouvement ondulatoire dans sa lueur, c*est-à«dire que d'un instant à l'autre Téclat de chaque rayon augmente successivement d'intensité ; cette espèce de courant lumineux se montre plusieurs Ibis de suite, et hieo H plus fréquemment de Touest à l'est que dans le sens op» posé.QueIquefoi8y mais rarement, un mouvement rétro* grade a lieu immédiatement après le premier, et aussitôt que cette lueur a parcouru successivement le ciel de 1 ouest à Test, elle se dirige dans le sens inverse, i*evenant ainsi à son point de départ, sans que l'on puisse dire si ce sont les rayons qui éprouvent alors un mouvement de translation à peu près horizontal, ou si cette lueur plus vive se transporte d'un rayon à l'autre de proche en proche sans que ceux-ci éprouvent de dé[)laceinent.

I /arc offre un mouvemenl alternatif dans le sens lio- • rizontal, tigurant les ondulations ou les plis d'un ruban ou d'un drapeau agité par le vent (pl. XIV, fig. a5). Par- " fois, un de ses pieds, et même tous les deux abandonnent Thorizon; alors les plis deviennent plus nombreux, mieux prononcés, l'arc n'est plus qu'une longue bande de rayons qui se contourne, se sépare en plusieurs parties formant des courbes gracieuses (pLXlV,fig. a6et 27), lesquelles se referment presque sur elles-mêmes et offrent, n'importe dans quelle partie de la voûte céleste, ce qu'on a appelé j usqu'ici couronne boréale. Alors l'éclat des rayons varie subitement d'intensité et dépasse celui d'étoiles de première grandeur; ces rayons daixlent avec rapidité; les couiiyes se fonnent et scdéroulent comme les plis et replis d'un serpent. Puis les rayons se colorent : la base est rouge, le milieu veit ; le reste conserve sa teinte lumineuse jaune claire. Ces couleurs ont toujours, sans exception, conservé ces positions resj)e( tives ; elles sont' d'un(î adniirahle transparence ; le rouge apj)roche de la teinte sang-clair, le vert de celle d'une émcraude pale. L'éclat diminue, les couleurs disparaissent, tout s'éteint subitement ou s'affaiblit peu à peu. Des fragnieiUs d'arc .reparaissent; Tare se reforme lui-même , continue son

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