CHAPITRE VI
mouvement asceasionnel et approche du zénith ; les rsqrons, par Teffet de la perspective, deviennent de plus en plus courts; on peut juger de l'épaisseur de Tare, qui offre alors parfois une large zone de rayons parallèles; puis le sommet de l'arc atteint le zénith magnétique, point désigné par la pointe sud de l'aiguille d'indinaiaon; alors les rayons iont vus par leurs pieds ; s'ils se colorent en ce moment, ils montrent une large bande rouge à travers laquelle on distingue les nuances vertes qui leur sont supérieures, et s'ils subissent ce mouvement de translation horizontale dont on a déjà parlé, les pieds forment une longue zone sinueuse et onduleusc, tandis que dans tous c«'s eliangenienls continuels, les rayons n'éprouvent jamais (roscillation dans le sens de leur axe et conservent toujours leur parallélisme.
Pendant l'intcM-valle de temps qui vient dètre décrit, de nouveaux arcs se sont présentés à l'horizon, commençant d'une manière diffuse, ou avec les rayons tout formés et très-vifs. Ils se succèdent en passant à peu près par les mêmes phases, et se maintiennent à distance les uns des autres; on en compte ainsi jusqu'à neuf appuyés sur les terres, et rappelant par leur disposition ces toiles cintrées qui vont d'une coulisse h l'autre et ^figurent le ciel de nos scènes théâtrales. Parfois les intervalles diminuent, plusieurs de ces arcs se serrent l'un contre l'autre; c'est une large zone de rayons parallèles qui traversent le ciel, et vont disparaître vers le ' sud en s'af&iblissant rapidement après leur passage au zéttitb. Mais parfob aussi, lorsque cette zone occupe le haut du ciel , s'étendant de l'est à l'ouest, la masse de -rayons qui «Hlt^^Jà dépassé le zénith magnétique paraît 'tout à coup venir du sud, et forme avec ceux du nord la véritable couronne boréale, dont tous les rayons convergent Vers le zénith magnétique. Ainsi cette apparence de couronne ne vient sans doute que d'un simple effet de perspective, et l'observateur placé dans cet instant à une certaine distance au nord ou au sud n'apercevrait qu un
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La xoae totale des rayons étaat moins épaisse dans le sens nord et sud que dans le sens est et ouest, |raisqu*elle s'appui^ souvent sur les terres , la oou* ronne a une forme elliptique. Mais oda n a pas toujours lieu : on l'a vue circulaire , les rayons inégaux ne s'étendant pas à plus de 8° à 12^ du zénith, tandis que d'autres fois ils vont jusqu'à l'horizon.
Si l'on jpense qu'alors tous les rayons précédemment mentionnes dardent souvent avec vivacité , variant ooatinuellement et subitement dans leur longueur et dans leur ëdat ; que de belles tmntes rouges et vertes les colorent par intervalles ; que des mouvements ondulatoires ont lieu comme ceux qui sont produits dans une étoffe légère; que les courants luinincuK se sucecdent ; enfui que la voûte céleste tout euticrt; olTre une immense et magnifique coupole étiricelaiite, dominant un sol couvert de neige qui lui-nu nie sert de cadre éblouissant à une mer calme et noire comme un lac d'asplialle ; on n'aïu-a encore qu'une idée très-imparfaite de ladniiialjle spectacle qui s'oi£re alors à Tobservateur et qu'il fiiut renoncer à décrue.
La couronne ne dure que quelques minutes ; elle ae forme quelquefois instanlanémeot sans aucun arc préalable. Rarement il y en a plus de deux dans bi même naît, et bien des aurores en sont privées.
La couronne s*affaiblity tout le phénomène est au sud du nénith, formant des arcs plus pâles , et qui disparais* aent généralement avant d'avoir atteint l'horizon sud. Le plus ordinairement tout ceci a lieu dans- la première moitié de la nuit ^ après quoi l'aurore paraît avoir perdu de son intensité ; des fiûsceaux de rayons, des bandes , des fragments d'arc paraissent et disparaissent par intervalle; puis les ravons deviennent de plus en plus diffus: ce sont des lueurs vagues et faibles qui finissent par occuper tout le ciel, groupées comme de petits ( unudus et désignées sous le nom de plaques aurorales. l^eur lumière lactée éprouve souvent des changements très-vifs dans sou inteusité 9 semblables à des uiouvemeuts de dilatation et de
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otflilriction <jui se propagent du centre à la circonférence | et réciproquement. La lueur crépusculaire arrive peu à peu, et le ])lirtion)ène9 8'affaiblissan| graduellement, cesse d'être visible. D autres fois les rayons paraissent encore avec le ooramencement du jour, puis ils disparaîssen^lpifot à eoup, ou bien à mesure que le crépuscule augnpWjSyils deviennent vagues^ prennent une couleur btamiâtre et finissent par se confondre dans les eirrostratus, de telle sorte qu'il devient impossible df Jes distinguer de cette espèce de nuage. * ^
§ II. — Exiuiieii des différentes parties de tautvrc
polaire.
Dans le paragraphe précédent, nous avons donné la (K'scription générale de l'aurore polaire; il s'agit maintenant lie préciser la position de diverses parties, suivant les différentes heures aux(pielles elles se montrent. Nous prendions pour guide M. Bravais, membre de la commission scientifique du Nord, qui a étudié à Bossekop toutes les particularités des aurores boréales.
Du segmeiU obscur, — I^e segment obscur qui se présente au commencement de laurore, à Bossiekdpy a MXùit étendue de lo" environ au-dessus de rhorizon; il est situé dans le méridien magnétique, du côté oà ratmosphàreest habituellement brumeuse la nuit comme le jour, en raison de la mer Glaciale située de ce côté. . On s'est demandé si ce segment ne serait pas par basard . une bmné.
Des ara de tmtere. VL Argelander a remarqué qtte le point de isulminatiott de l'arc, à peu près situé dm le méridien magnéti({ue, s'en dévie néanmoins de 1 rers roccident.Ge résultat a été confirmé par les membres de la commission, (pii ont trouvé par des observations multipliées que l'arc chaîige (Toi ientation avec sa hauteur, et qu'à mesure (pi'il s\'lève il semble éprouver un mouvement de rotation de l'ouest à Test en passant par le sud. M. Bravais peuseque ce& faits s accoideut avec
Sgft DE L^AUftOBB POLA.1RE.
la manière de voir de M. Hanslccn , qui considère l'arc comme un anneau lumineux dont les ddTt'i'cnls points sont à égale distance de la su d'ace de la lerrc, et qui est centré autour du pôle magnétique boréal de ma- . uière à couper à angle droit tous les méridiens magnétiques qui convergent vers ce pôle. Uu semblable anneau doit se présenter à nous avec les apparences sous lesquelles notis voyons une aurore boréale, et son sommet apparent est toujours situé dans le méridien magnétique ^ du lieu. Pour expliquer le changement d'orientation des . arcs avec la hauteur, il ùlvlI admettre que la déclinaison magnétique augmente en s'élevant le long de la verti- \ cale de Bossekop, et que si cette cause ne sufEt pas, il serait nécessûre d'ajouter que l'aurore boréale est plus élevée an-dessus des continents qu'au-dessus des mers. Toutefois il est bon d'observer que ce ne sont encore que des hypothèses. Indépendam nient de la position moyenne des arcs lunu'neux, il arrive (}ue des causes accidentelles dévient plus ou moins Tare de la position ordinaire; ces di'viations peirvent même aller jusqu'à changer de 80° l'azimut de cultninalion , comme cela est arrivé dans la nuit du iG janvier 1839. Ces causes portin-batrices agissent (juclquefois pendant plu- • sieurs Ik ihcs de suite, et daos le méuic sens pendant toute sa durée.
M. Bravais considère un arc auroral comme étant circulaire dans sa partie supérieure, tandis que près 4e l'horizon il commence à s'écarter du petit cercle perpen* ' diculaire au plan de symétrie, et dont la projection or^ thographique serait une ligne droite: l'arc pourrait donc avoir Tapparence elliptique. Il n'est pas rare de voir plusieurs arcs briller au même instant, et paraissant converger vaguement de l'est à l'ouest vers deux points abaissés de quelques degrés au-dessous de l'horizon.
Les arcs auroraux présentent souvent , comme on l'a vu , des apparences bizarres et irrégulières, comme celle d'une draperie ondulante. Ces formes variées montrent • que mille causes perturbatrices empêcUeut l'arc auroral