‹ Éléments de physique terrestre et de météorologieChapitre 173 sur 202 · CHAPITRE V|U · texte numérisé non relu

CHAPITRE V|U

couronnes. Il faudrait donc être certain, pour que ces délcruiinalions eussent toute la rigueur désirable , (jue les observateurs des deux stations aperçussent au numc instant les niOines molécuU'S éclairées par la cause incon* nue (|ui doiuie lieu aux aurores boréales. Du reste, les difTérences que l'on a trouvées dans la njesure des angles, font (jue Ton ne peut répondre au juste de la parallaxe et par suite de la bauteur de l'aurore.

L'agitation des jets de lumière, le mouvement des arcs, la fluctuation continuelle de la matière des aurores, qui se replie sur elle-même, se déplie comme une matière floconneuse agitée par un vent léger; tous ces effets semblent donner de la vraisemblance à l'opinion généralement accréditée dans les régions septeutrionales, que les aurores boréales font quelquefois entendre un bruissement plus ou moins fort. M. Biot, pendant son séjour aux îles Sbetland, a recueilli de la part des babitants des témoignages unanimes de ce fait dont il n'a pas été témoin.

Les membres de la commission scientifique envoyée dans le nord ont observé i43 aurores boréales, sans (|u'aucune fût accompagnée de bruissement , et cependant tous les babitants ont déclaré, comme ceux des îles Sbetland et de Sibérie, que souvent ils l'ont entendu distinctement. Doit-on inférer de tous ces témoignages, pris dans des régions très-éloignées , que le météore descende quelquefois assez bas pour que le bruit qui l'accompagne soit entendu des observateurs, et même |)our répandre une forte odeur dé soufre autour d'eux , comme l'ont éprouvé des voyageurs en traversant les montagnes de Norvège, oîi ils ont été enveloppés par l'aurore boréale, au rapport de Rergmann ? (Bergmann, Opusculd /j/t)'sic(iy t. V, p. 2197.) C'est ce <(ui n'a été nullement constaté depuis par les savants; il est donc nécessaire que de nouvelles observations viennent éclairer ce point de météorologie.

M. Bravais, qui a été témoin d'une aurore dont les rayons paraissaient se prolonger au-dessous d'une

£oo OB L'Aimoas polairb.

montagne , a attribué cette illusion à une réverbération des lueurs sur les facettes de neige de cette montagne; aussi il ne doute pas que riiltnnination des nuages OU d'autres effets n'aient donné lieu aux illusions qui ODt hàt penser que Taurore se trouvait près des observateurs.

§ III. — Fréquence (le l'aurore polaire,

La commission scientifique du nord a observé qu'en aoo jours il j a eu 1 5o aurores boréales; mais il résulte d'un examen particulier, que les nuits sans aurores boréales ont été réellement des nuits ezceptionnélles; ainsi aux pôles on peut donc dire qu'il y a en général des aurores totis les jours. L'apparition du météore a quelquefois lieu dès que la nuit commence. Cependant, il ne fiiut pas croire que fànrore soit continuellement fixée au-dessus de rhorizon; (|uelquefoi8 elle ne se montre qu'à une beure assez avancéede la nuit. Ordinaircnjent, cependant, à mesure que la clarl(' ( répusculaire diminue , l'aurore se présente à l'ubscrN att ui- , avec tous les signes capables d'indiquer qu'elle existait avant son apparition. Si l'on joint à cette circonstance, la dispailtion de l'aurore souvent rt tnrdi <• jnscjn a l'arrivée du jour, il est permis de croire (jiu- le nictéoï c existe souvent en plein jour.

La succ( s'^ion non niterrompue du météore n'empédie pas qu'il ne reste soumis aux lois de la période diinnc; ainsi l'apparition des arcs, des rayons ou des plaques, l'heure oîi les rayons se colorent et atteignent leur maximum d'éclat, etc., ne sont point réglées au liasard. I^a période diurne des phases successives est très-évidente, ainsi que les perturbations magnétiques qui les accompagnent. L'aurore commence par des arcs ou des rayons, quelquefois par l'apparition simultanée de ces deux types distincts. Quelques aurores n'offrent que des rayons sans aucune apparence d'arcs pendant toute la durée de la nuit; d'autres n'offrent que des arcs sans aucune trace de rayons : ces cas sont cependant assez rares. Mais les rayons colorés, partie la plus brillaute du météore, agissant si puissannnent sur Tai-

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guîllé aimantée, paraissent en général vers 10 heures . du soir, et leur apparition est rare après 4 heures du matin; les plaques aurorales, au contraire, dominent pendant la seconde partie de la nuit ; enfin les mouvements de palpitation appartiennent à la période de déclin.

* En dierchant les époques moyennes de la première apparition des diffi?rentes parties de l'aurore boréale, M. Bravais a trouvé les nombres suivants :

1*^^' apparition des ars • , 7" 5a' du soir.

id . des rayons. • • . 8" a 6'

id. des plaques. . • 1 1 *' 1 8'

id • lueurs vagues. . y 3a' du matin.

Ces nombres ne sont que des moyennes , car le phénomène n'est soumis à aucune apparition rigoureusement régulière; les détails dans lesquels nous sommes entrés indiquent suffisamment la valeur qu'on doit y attacher sans que nous soyons o])ligés d'y revenir. Pour citer un dernier exemple, montrant les anomalies (jui peuvent se ])résentei-, nous dirons qu'une fois, le 18 février 1839, les palpitations ont paru à 7 heures du soir; mais il est • probable que cette aurore n'était que la fin de la grande aurore boréale de la veille qui s'était prolongéîe dans le jour, comme le prouvent les perturbations magnétiques observées sinuiltanément.

On a cherché si les mouvements de translation participent à la variation diurne, et si quelques-uns des faits généraux pouvaient être attribués , soit au mouvement de rotation de la terre, soit à son mouvement de translation dans son orbite. La discussion des observations a montré que le mouvement et que le sens du transport des lueurs ne sont astreints à aucune période diurne ré» gulière. Cette remarque et d'autres rejettent Fhypothèse qui attribuerait l'aurore boréale à une matière cosmique, originairement étrangère à notre globe.

S'il existe (juclqnc loi relative à la prédominance des mouvements dans tel ou tel sens, la seule que les obser-

vations permettmieiit 4e déduire, serait celle dei ibqiI'^ Vf mcnts du nord au sud , ou de rpue$t à Test. La dia-^ position relative de la mer et de la terre, près de Bos-

sekoj), stM'ait-clle la cause de celte prédominance? Les lueurs tendraient-elles à se mouvoir de la première de ces régions vers la seconde, à s'irradier des mers polaires vers l'intérieur des continents? CVst à quoi Ton ne peut répondre actuellement. Plusieurs faits prouvent, en outre, que les aurores deviennent plus rares à mesure que ron s'enfonce dans rintérieur des terreS| faits qui viendraient à l'appui de cette opinion.

Si dans les régions polaires les aurores sont fréquentes, et même ont lieu tous les jours , dans les lati- , tudes moyennes elles sont moins fréquentes, et même ne se montrent que lorsque, dans les k'^Ious polaires, elles ont une certaine étendue. Quelquefois, comme on l'a déjà dit| ce météore a une étendue considérable , et si Ton &it attention qu'il peut s'en montrer vers les deux pôles de la terre, on voit que ce phénomène peut 89 in^nifestet' en mêni| temps sur nne grande partie du glotie. Maîiipr, danii.>>(i|«} ti^ité, a rapporté tous les éxfmàes d'auroret^dfUit il a gu jî^<pr des notions depuis rân jusqu^ti i;|3i^^ans ltt latitudes moyennes; 11 a pu fbraiei fùs^ 1* 1^ de la page suivante. (Mairan , De tnUrore bon' aie , p. a 1 3.) •

On voit que dans les latitudes moyennes elles sont plus fréquentes en liiver qu'en été ; et quoi([ue ce phénomène soit variable , cependant, il ne s'est pas montré toujours à peu près de la même manière. Ainsi , depuis 1716 jusqu'en 1731, pendant i G années que Ton a suivi ces phénomènes, il y ^ eu plusieurs recrudescences; vers 17^4, il y a eu fort peu d'aurores , seulement deux; et en 1728, elles ont été très- fréquentes. Mais jamais on n'en avait tant vu que dans le mob d octobre de 1731, où il y en a eu, en moyenne, une sur trois jours. En moyenne, dans nos contrées, d'après le tableau suivant, il y aurait à peu près dix imrores boréales visitées par an. . . ... , ^

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