CHAPITRE J. 6a I
de dolivelle formation, tels que mésotypes, chabasiesi etc.
L'acide carbonique, en dissolution dans les eaux, est câpable d'exercer des réactions énergiques sur des roches granitiques. Dans la ▼ail^^âC^âtei'-GuYon , en AuTergne, les nombreuses sour^HHmj^m^ chargées de gaz acide carbonique, goraHwi^^ ^ toutes les fissures du granit, exercent une aoHprdîssoIvante si puissante, qu elles creusent cette roche, et y forment de petits bassins irréguliers qu'elles remplissent de fer hydraté. Dans un des filons de Pontgibaud, une explosion de poudre fitsortir un jol d'eau très-violent, chargé de gazacidc carbonique foi'tenient condensé. J/eau, dans les premiers moments, était surchargée d'une matière argileuse blanche, tenue en suspension. Cette eau avait traversé une masse de baryte sulfatée qui était altérée, sur une certaine épaisseur, à un tel point, que la forme cristalline de la baryte était mise à nu comme dans le moiré métallique. Ces mêmes eaux avaient attaqué aussi des fra|[ments de stéaschistes empâtés dans le feldspath. L'altération était si complète, qui! ne restait plus «{ue* les grainj^ifaàttteux elles lamelles talqueuses. Les eaux vitriol iques/4Ûl agissant sur le feldspatli et autres roches ignées, peuvent aussi donner naissance à des hydro-silicates d'alumhieé
$ II. jÉllération des iat^es et des produits volcaniques*
On a observé, à la Chaussée des Géants, que le calcaire qui est en contact avec le basalte a une cassure hrillante, une dureté plus grande et une pesanteur spécifique qui a sensiblement augmenté, sans qu'il y ait changement dans la composition. Il est probable que le basalte, quand il est venu s'épancher à la surface du globe, ayant une température très-élevée, a modifié le mode d'agrégation du calcaire sans changer ses parties constituantes. Hall a obtenu un effet de ce genre en soumettant, dans l'eau , un morceau de craie à une tem« pérature élevée , sous une forte pression : la craie a été changée en chaux carbonatée à grains cristallins.
Le granit qui se trouve dans le voisinage des 61ons
6aft DE L'ALTitEàTfOV ptS ROCHES.
de basalte a rprouvé aussi une décomposition, comme on en cite des ('X('in[)lcs dans les îles tl'Ecosse et aux environs de Clermoiil. Les schistes argileux, en contact avec le basalte, ont été changés en schiste siliceux; les Mibstance» métaliique& ont été sublimées, l'argile fi>ndue, etc.
liCs laves, comme les granits, ne se décomposent pfp toutes sous rinûuencedes agents atmosphériques; celles des volcans éteints sont pour la plupart intactes, comme TAuvergne et le Vivarais en fournissent de nombreux eiempies. Il n*en est pas de même des la^es du Vésuve « qui se décomposent assex rapidement , et dont les parties constituantes aident puissamment à la végétation. Cette différence dans les elfets produits doit être attribuée à la composition de ces laves. En Auvergne, les laves à base de pyroxène se décomposent plus vite que les laves labradoriques.
On trouve souvent, dans les basaltes et autres roches d'onglnc ignée, des produits qui ont été formés après la consolidation de la masse, et dès que leur température a été suffisamment abaissée ; car la plupart de ces composés sont altérés par une chaleur incandescente et renfer- H)ent de Teau de cristallisation, qui peut é^re enlevée par une température peu élevée.
§ 111. Des effets de décomposition dans les Jilons.
Lies parties les plus rapprochées de la surfiu^e du soi sont dans un état de décomposition que Ton neretroiivie pas dans les parties inférieures. De même , les portions qui ionjt en contact ^vec une roche perméable à reau,qui peut les mettre en communication avec les agents atmosphériques, éprouvent des changements semblables.
Ces effets sont surtout marqués dans les filons de galène; les carbonates, ainsi que les oxy des, les bydi*ate$, occupent les parties du filou les plus voisines du sol , ou celles qui sont en rapport avec des substances argileuses ou roches fendillées qui laissent facilement passer les eaux. Il a est doiic pas permis de douter que le sul-
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furc iVait été oxydé par rinllueiicc* prolongée des oaiix pluviales. Pour en avon- la preuve, il sulfit d'cxj)oser à i air uue masse bocardée de galène; on ne tarde pas à sentir une odeur de gaz sulfurei|x» qui est surtout très* marquée lorsque, après une pluie, le soleil hrille. Pendant le grillage naturel, le plomb et ^ soufre s oxydent; il se forme, d'une part, du carbônat|^et,de l'autre, du sulfate de plomb en quantités assea gr^od^ pour prod|iîni .dap9 la fonte dea pertes notables au bout d'un certain temps. Dans les parties voisines du toit du filon , on trpi^vç.du carbonate, des cristaux de sulfo-carbonate, et du j^iopab no'iv, produits résultant de Finflueiice exercé^ sur la galène par les agents atmosphériques.
La décomposition graduelle du fer spatliiquc dans spn gisement est due à une cause semblable. A Yizille , département de Tlsère, où il existe de grands amas de cette substance, on a établi des galeries les unes audessus (kîs autres, qui ont permis de reconnaître que la déeoniposition est d'autant plus grande, que le minerai est plus rappi ocbé du sol , cVst-à-dire, qu'il éprouve davaiilagf Faction de l air, de l'eau et des agents atmosplién([ues» A uue certaine profondeur, le miuerui csl intact.
Le minerai décompose renferme toujours des carbonates de manganèse et de magnésie en diverses propocv lions. Qiiand la décomposition commence, le minerai prend assez promptemcnt une teinte jannatre ou brune, et se change en un mélange de peroxyde et d'hydrate de peroxyde de fer. Il paraît, comme Ta avancé M. Berthier, que le fer et le manganèse, en se suroxydant et se ehan^
{^eanlpourla plus grande partie en hydrate^abandonnent eor acide carbonique , qui se porte sur le carbonate de magnésie, et le transforme en bicarbonate soluble, que içiji eaux entraînent £icilement«
Le filon d'Huelgoat, en Bretagne , va nous révéler une foule de réactions chimiques intéressantes à connaître pour la pbysicjue du globe. Ce filon a pour roches encaissai! tç§ des schisteb a débns couuilliers,un ()orphyr^
D£ L*4LTERATIOir DES ROCHES
quarizifere, un pouddingue porphyrique très-perméable à Teau, des schistes alumineux et pyritifères^ une broche pyrîteuse amphibolique et feldspathiqae contenaut des veines de carbonate de chaux, etc. Les matières
3u*il renferme, ainsi que les roches eqcaissantes , sont 'autant plus altérées qu'elles soot plus rapprochées de la surface du sol. La partie supérieure du filon est composée d*un quartz carié pUis ou moins ferrifère, renfer» mant du chlorure d'argent , de 4'argent métallique et des pyrites cuivreuses argentifères; ce minerai «st analogue au pacos des minerais d'argent. d'Amérique. La par* tte inférieure renferme principalement des galènes; le quartz carié est d'autant plus riche qu'il est plus rapprofilé du plomb.
Les pacos renferment dans la partie inférieure , près de la galène, du plomb |)ii()spliaté à l'élat de eom rétion, ou en houppes soyeuses : c'est là aussi où se trouvent les plombs carljonatés et une substance gélatineuse, qui remplit les géodes dans lesquelles les phosphates et les carbonates se sont déposés. Il y a très-peu de carbonate de plomb dans TaHleurement du filon; on y trouve seulement du plomb sulfaté et du sulfo-carbonate^ ainsi que du plomb noir. On i*encontre le plomb-gomme à la jonction des masses de galène et de pacos. Au milieu dei pacos, non loin des sulfo-carbonates^ se montre le fer résinite, dont la formation est bien moderne. L'alun de plume abonde au toit du filon; il provient de la décomposition d'une roche alumineuse et'pyritifère, appelée roche verte, qui semble faire partie du filon. Les schistes pyriteux, en se décomposant, produisent des cristaux de sulfate de fer. Les eaux en sortant de la roche encaissante sont peu vitrioliques , mais elles le deviennent successivement ; elles renferment en outre du chlorure de sodium. Enfin les porphyres, dans le voisinage du fdon et de Talmosphère, sont décomposés et amenés à l'état d'argile.
Les sidfates des métaux oxydables, en réagissant sur les phosphates et carbonates calcaires des corps organi-
CEàFITRB 1. 6a5
ses et des coquilles, auront donné naissance à du guU fate de chaux et à des phosphates, ainsi qua des carbonates de plomb, de cuivre et de zinc, qui auront été décomposés par de nouvelles réactions; il se sera déposé alors des hydrates de fer argentifères. D*un autre côté, les eaux salées, en traversant les roches, réagissaient sur plusieurs des parties constituantes du filon , et concouraient à la formation du phosphate et du sulfate de plomb, comme on le verra plus loin. La solution de sel marin , en réagissant sur Targent , a donné naissance au
, chlorure. Les pacos qui renferment de l'argent nictalli* que, présentent re métal tanUk sons forme de dendriles, tantôt sous celle de dépôts très-iiiliK es , sruihlant indiquer une réduction du chlorure, (|ui aura pu s'effectuer quand ce composé aura été en contact avec des corps
^pUis avides de cliloie (|ue Targent.
Les vallées d'érosion étant devenues plus profondes , les eaux n'arrivèrent plus dans le filon (ju'en moindre proportion , tandis que l'air y entrait par toutes les issues qu'elles y avaient formées: il faut faire remontera cette époque la formation du carbonate de plomb noir.
Les sulfates de zinc et de fer, qui ne ressaient pas de se former en dissolution, continuaient à réagir sur le
Sspalli de la roche porphyrique encaissante en enle* \ le silicate de potasse. Il résultait évidenmient de cette réaction , indépendamment de la silice gélatineuse, des flilfates d'alumine et de potasse. Quand le sulfate d^linniàe rencontrait du carbonate de chaux , il y avait décomposition et dépôt d*alumine hydratée.
, Ui|e -autre portion de la silice gélatineuse, en se com« bintf^^^ns les anfractuosités du filon avec lalumine hycEratée, formait ces masses assez considérables d'hydrosilicafé d'alumine , dont les éléments ne sont pas en proportions définies. Lue autre pui lion de l'alumine , en se combinant avec le ploinh, ;iura produit le plomb gomme. On ne doit pas être étonné de l'action puissante (ju'a dii exercer le sidfate de fer sur la plupart des minéraux préexistants, iorsquoa couuaît la puis*
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aance dissolvante de ce sel , surtout quand le fer est au maximum d'oxydation. Les sels ferreux ^ eo réagissant sur le phosphate de plomb , auront donné naissance à des tubes prismatiques de sous-phosphate de fer, et à ces encroûtements de même composition qui recouvrent les cristaux de chloro-phosphate de plomb.
Les schistes pyriteux et la brèche pyriteuse fournissent abondamment des aluns de plume et du sulfate de fer; la blende et les pyrites du filon, les sulfates de zinc et de fer, I>a réaction de ces sels sur la diaux carbonalée donne naissance à des cristaux de gypse , d'où résultent de Phydi-ate d'alumine siliceuse et du plomb carbonate en bouppes ou cristaux qui se tronveiil en suspension dans les liyfiratcs. Il se |)i'oiluit en même temps du pliospbale de fer résinite, mélangé d'bydrate, qui se dépose jourrîelleinent, ainsi que des petites masses molles de pliospbale de plomb.
I/amas des minerais de cuivre de Cbessy , près de Lyon , nous montre également de nombreuses réactions qu'il importe de connaître. Ces minerais se composent de cuivre pyriteux, de cuivre noir, de cuivre carbonaté bleu et vert, et de protoxyde de cuivre. cuivre pyriteux ou double èuifure dé cuivre et de fer se trouve dans le tflH!|^ primitif, dothposé d'une diabase(ampbibole et Mttijptth};' le cuivre noir, dans le terrain de tfttttsiiioii t mélange de schiste feldspathique et de dia* le cuivre oxydulé, entre le cuivre noir et le cuiit0it carbonaté, dans une couche d'argile rougeâtre, séj^iint le terrain de transition du grès bigarré ; le cuivre eifbonaté, dans le grès bigarré, dans les parties les plus j^prochées du sol oit les influences atmosphériques ^mrcent plus facilement leur action. Dans le grès bigarré, on a rencontré un grand nombre de boules plus ou moins spbériques, d'une grande dureté, présentant à leur centre des vides tapissés de cristaux de carbonate bleu (le cuivre, et reuferinaut de l'eau, indice d'une origine aqueuse.
La pyrite cuivreuse^ en se décomposant^ donne uais-