‹ Éléments de physique terrestre et de météorologieChapitre 183 sur 202 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

« peler g^y/>se cupripre. Dans tout le souterrain, il n*y

«r avait qu'un faible suintemeat aqueux Quaot à rori-

« giiie du sulfate de cuivre et même du cuivre hydro* « siliceux, elle est très-facile à comprendre, d'autant « plus que je n'ai pas trouvé ces substances cristallisées. « On ne peut pas dire la même chose pour le gypse, «I ét surtout pour les beaux cristaux qu'il forme.*... J'ai « observé la production récente de cette substance dans « les volcans actifs et dans les solfatares de Naples , «I mais toujours en masses fibreuses, jamais en cristaux « réguliers et bien terminés ; je l'ai observée aussi dans « les lav^oni de Toscane. Dans tous ces endroits, elle « dérive de la décomposition de l'acide sulfhydrique, qui, « en réagissant sur la chaux des laves pyroxéniqucs , ou « des roclu's calcaires, détermine la production du gypse, <• lequel reste dans la position où il a été formé. Mais dans « le souterrain de Campiglia Torigine du r^vpse est bien « diifércnle; il provient de la décomposition de la py- « rite cuivreuse, et de la réaction de l'acide sulfurique « sur la chaux du pyroxène. Le gvpse ainsi produit « n'est pas rcst(> en place; il a été transporté à la suret Êice des parois du souterrain, où il a cristallisé. Sa

V production a donc été par voie humide En consi-

« dérant le faible suintement de liquide qui tient en so- «c lution les substances déposées dans la grotte, et par - « conséquent la petite épaisseur de la couche qui pou* « vait se produire dans le cours d\uie année; d'un autre « coté , prenant pour mesure l'épaisseur du dépôt ente tier, qui, dans quelques points, n'était pas moins de « trois pieds, je ne crains pas d'affirmer que sa produo- « tion a dû exiger près de 3ooo ans pour atteindre la « puissance qu'il a.

« Én visitant le souterrain de Campiglia, je me suis « rappelé des observations récentes de M. Becquerel sur « les courants électriques souterrains. Il serait tliflicile « de trouver un autre endroit plus opportun que celni- « ci pour faire des observations de cette nature. On y « trouve réunies toutes les circonstances nécessaires

634 l'altération des roches.

a pour vérifier la inanifcslation de ces courants ; il y a « un riche dépôt de substances produites par des actions « électro-chimiques , qui annonce une grande source « d'électricité; il y a des liquides en circulation et des «c amas métalliques capables d'exciter des courants élec- « triques, etc. »

§ ÏV. — • Des dépôts modernes de calcaire.

Il se forme de nos jours des dépôts très-étendus appelés lujs ca/cairci'y formés à la surface du sol par des eaux chargées de carbonate de chaux, enlevé aux formations calcaires et tenu en solution par Tintermédiaire de Tacide carbonique. Ces dépôts affectent diverses formes: tantôt ils sont compactes et homogènes, tantôt plus ou inoins cariés; d'autres fois, ils sont fibreux, ils forment des stalactites et des stalagmites. Ils renferment fréquemment des coquilles fluviatiles ou terrestres qui indiquent leur origine récente.

On rencontre encore de ces dépôts dans les mers, sur les rivages où ils cimentent des matières arénacées , comme en Sicile, dans les environs de Messine, h. la Guadeloupe et dans file de Ceyian. A la Guadeloupe, on y trouve en outre des ossements humains.

îiCs dépôts calcaires (jui se forment sous les eaux douces, comme on en a un exemple dans les marais de Czegled en Hongrie, ac(juièrent assez de dureté pour servir de pierres à bâtir. A Carisbad, en Bohême, il se dépose journellement des concrétions calcaires (|uc l'on a rapportées à l'arragonilc. A Saint>Nectaire, dans le déparlement du Puy-de-D(')me, dans des tufs modernes, on trouve de semblables dépôts, qui ne présentent en général qu'une cristallisation confuse de cristaux groupés irrégulièrement les uns à côté des autres, et parlant d'un centre comnnni. A Clermont,en Auvergne, il existe des fontaines incrustantes qui déposent sur les corps une croûte de très-petits cristaux de carbonate de chaux.

Les eaux de Saint-Nectaire, qui renferment un grand excès de gaz acide carbonique, comme l'indique l'ana-

lyse suivante duc à M. Bcrtbier, éprouvent des décompositions à Tair, que nous devons faire connaître, |)arce qu'elles iiKli(|ucnt les causes qui concourent à la for-

uiatioii des dépôts.

StUaMfMt.

Acide carbonique Vihre 0,000786

Girbonate de soude neutre. . • . • o,ooa833

Chlorure de sodium 0,0024^0

Sttifiite de soude 0,0001 56

Carbonate de chaux o,ooo44o

Carbonate de magnésie. 0,000:14^

Silice 0,000100

Oxyde de fer • 0,0000 1 4

o,oo6ao3

G» etiix imiitent «a bouilIonnaRt à travers les fissures d*un gneiss jaunâtre en décomposition. Près de leur source elles sont très-limpides , mais elles ne tardent pas h loucher, et déposent sur le sol des incrustations calcaires qui s'accumulent avec le temps et fînissent par former des roches d'une grande étendue. Dans les journées cliauiles, elles déposent sur les herbes des efflorescences hlnnrlies alcalines. Ces dépots varient de coideur : ils sont d une teinte ocracée due à l'oxvde de fer, qui se dépose dès que l ean a le contact de lair. Les autres sont grisâtres ou Manciiàtres, et sont composés de couches concentri([ues; la cassure en est presque toujours cristalline et striée. Voici l'analyse ique M. fierthier a donnée de toutes ces coucrëtiona :

Dans 1rs concré- DanslMConrrétiuu» ocracées. Uuiih blanclie».

Sahie mêlé (le silice gélatineuse. . 0,1 4 0,18

Carbonate de chaux 0,78 ... 0,78

Carbonate de inaguésLe o,o4 • • • o,o4

Oxyde de fer. . • o,o4 • • • trace

1,00 1,00 Les eiilorescences alcalines sont puJvérvltfutes et d'un

636 DR L'ALTiEATIOir DES ROCHES.

blanc (le neige; leur saveur est fortemeut alcaline : elles sont composées de

Sous-carbonate de soude • • . 0,657

Muriate de soude. 0,080

£au de cristallisatioa 0,^63

M. Bcrthier envisage conime il suit la décomposition des eaux minérales de Saint-Nectaire:

Ces eaux, au contact de l'air, dégagent de l'acide carbonique; io fer, qui paraît se trouver dans Teau à letat de carbonate de protoxyde, passe à un degré supérieur • dVzydation^ et se dépose presque immédiatement h Fétat d'hydrate de peroxyde. La silice vient ensuite, puis

le carbonate de chaux, le carbonate de magnésie Le

dégagement d'acide carbonique oontînnant toujours, le carbonate neutre de soude devient de plus en plus alcalin, se transforme entièrement en sous-carbonate; après cela, Teau minérale n'éprouve plus aucune altération.

^ Y. — De la formation spontanée de t ammoniaque.

L'animoniacjue se forme frt'cjiieminent dans les décompositions olcrtro-t hlniiqucs ainsi que dans certaines ^ actions spontanées. (Becquerel, Traite de P Électricité et (In Mdirnctisnir ^ t. V, i*"'' partie, p. 83.)

Vauquelin a observé que la rouille ({ui se forme sur le fer, dans les maisons habitées, contient ordinairement des vapeurs ammoniacales. Ces vapeurs ne sont pas absorbées par la rouille, maïs elles se forment quand Foau réagit sur le fer au contact de lair. £lles existent également dans différents minerais de fer, tels que le fer otigistc lamelliforme de Tile d'Elbe, la variété compacte deFramont, le fer oxydulé, le fer hématite, l'hyénite, le fer oxydé terreux; enfin dans le t<ésidu des eaux de Passy, après 1 evaporation. M. Boussingault a constaté également ce ùÀt sur des minerais de fer nouvellement

Page 1