‹ Éléments de physique terrestre et de météorologieChapitre 184 sur 202 · CHAP1TA£ I · texte numérisé non relu

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ttrës de terre, afin de montrer que la formation de l'ammoniaque ne devait pas être attribuée au séjour prolongé de ces minerais dans les maisons habitées.

La présence de l'ammoniaque dans les oxydes de fer naturel et dans les composes de ce métal semble indiquer que ces oxydes et ces composés proviennent de Toxydation du fer par Teau dans les temps primitifs.

On est porté à ci'oirc cjue toutes les fois qu'une substance s'oxyde en déconij)()sant Teau au contact de l'air, il se produit toujours de raninioniaque. Celte production a lieu également dans les phénomènes électro-chimiques.

S VI. — Sur la formalkm spontanée du nitmle de

potasse*

IjCS exp(''riences de Cavendish ont démontré qu'il se forme de l'acide nitrique dans l'air, pendant les orages, par suite des décharges électriques. M. Liebig, qui a analysé soixante- dix-sept résidus obtenus par Tcvaporation d'eaux de pluie ^ a reconnu que, sur ce nombre, il y eo avait dix-sept provenant de pluies orageuses qui contenaient tous de l'acide nitrique en quantité très-différente, combiné avec la chaux ou avec l'ammoniaque. Parmi les autres échantillons, il n'y en avait que deux qui continssent des traces d'acide nitrique.

Quand l'eau de pluie est absorbée par des roches poreuses sur lesquelles elle peut agir, il en résulte des nitrates qui produisent des efflorescences dans les endroits situés à Fabri de la plùie et des injures de l'air; mais telle n'est pas en général la cause des nitrières. Conimenrons par citer des exemples : le nitrate de chaux existe dans un grand nombre de puits en Suède; il est naturel de rapporter sa formation au voisinage des habitations; car Luisclus, qui a analysé douze eaux de puits à Gessen , a trouvé dans toutes des nitrates, tandis que des eaux tirées de puits situés à quelques centaines (le pas de la ville n'en renfermaient aucune trace. Il ïsxMt en conclure que la présence des matières animales

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Il exercé une influence déterminante sur la production de ces nitrates.

John Davy, en visitant File de Crylan, a trouvé vingt-deux cavernes desquelles on extrait dn nilre. Les

roches dans lesquelles elles sont creusées contictiiicnt lonjfHirs, au inoitis, du cai-boiialc do chaux et (!u feldspatli. Suivant ce chimiste, la déconipositiou du fchlspath et la rcaclion du carbonate sur Foxygcucct l'azote de Tair donîîCDl naissance a du nitrate de chaux qui se change en nitrate de potasse, par suite de sotj action sur le silicate de potasse (jue perd le fiildspath. Le salpêtre se forme à la surface de la roche, là où Tair a acccs, et il est toujours accompagné de nitrate de chaux et de magnésie; de plus, on nen trouve pas sur les roches qui ne renferment ni chaux ni feldspath. 11 est d'autres cir* constances qui favorisent aussi la formation du salpêtre, c'est Texistence d'un peu d'humidité et d'une petite quantité de matière animale. Néanmoins , John Davy n'adopte pas cette opinion, qnitoique dans les grottes de Geyian on trouve généralement des excréments de chauves-souris. A l'appui de sa manière de voir, il cite la nitrière de Mëmorra , oit l'on trouve du nitre , quoiqu'il n'existe aucnne trace de matière animale.

Ail volcan de Ghalusset, dans les environs de Pontgibaud, département du Puy-de-Dome, il existe une coulée délave excessivement poreuse, qui forme un escarpement abrupte et très-élevé au-dessus do la Sioule. On trouve dans cette masse du salpêtre disséminé eu petites houppes cristallisées blanches.

A la Rocbe-(iuvon, à peu de distance de Paris, il existe des nitrières qui sont l'objet d'une exploitation; elles se composent d'une craie trés-poreuse dont les couches, coupées à pic, se trouvent exposées à l'action directe des rayons du soleil. Seine coule au pied des collines oiH se trouvent les terrains crayeux. Les habitants grattent la surface des couches deux fois l'an. On enlève quelques millimètres d'épaisseur que l'on traite comme des plâtras salpêtres. Le résidu crayeux qui reste

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apt*ès les lavages est façonné en pains et abandooné aux iofluenoes atmosphériques^ qui déterminent une nouvelle fbmialian de nitre. M. Dumas, qui a visité les lieux avec soin 9 ne pense pas (|ue la matière animale soit assez abondante pour que Ton puisse lui attribuer la formation presque indéfinie des nitrates qui y prennent naissance. Suivant lui, la grande quantité d'eau qui s'é- ^ vapore du sol voisin'et même de la Seine, et (]ui renferme en dissolution des matières organiques, est absorbée par la ct aie et v dépose des résidus organiques qui aident à la foruialion du nitre. La craie serait donc une sorte d'éponge se desséchant à la surface et reprenant par la capillarité l'huinidité auv couches voisines, et qui, de pi*oche en [floche, ferait arriver de loin les matières ani-' maies déposées dans le sol. Dans cette localité, on a observé un fait qui est une forte objection contre les partisans de Ja doctrine qui attribue le rôle essentiel aux matières animales : il existe dans ces nitrières des cavités creusées par les exploitants, qui servent de caves, d^écuries et même de pigeonniers, et dans lesquelles il ne se produit pas de nitre. il faut ajouter néanmoins que les parois de ces cavités sont formées d*un calcaire qui n*est pas poreux comme la craie. D'après ce qui précède, on voit que pUisieurs causes peuvent concourir à la formation des nitrières natui^lles, et qu'on en est encore réduit à des conjectures à cet égard.

^ YIL Des produits qui se forment journeUemetU

dans les tourbières,

La tourbe, qui est formée de débris de substances hei^ bacées ou d'autres végétaux en décomposition, donne naissance à divers composés qui se trouvent dans les divers terrains composant la croûte superiicielle du globe.

On distingue deux espèces de toni he, la tourbe des marais et ta tourbe marine. La tourbe des marais, comme son nom l'indique, occupe les parties basses ayant servi de fond d'étang ou de lac d'eau douce et recouvertes

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d'un mètre au plus de terre végétale : elle renferme ordinairement des substances minérales, des débris de corps organisés qui, en réagissant sur les substances environnantes, produisent des pyrites et du phosphate de fer . pulvérulent qui enveloppe quelquefois les racines ou les tiges des végétaux dont se composent ces combustibles. On y rencontre aussi des couches de sable et de marne déposées par les alluvions, des coquilles fluviatiles dont les animaux ont été décomposés , des armes , des outils, etc.

Les tourbes marines sont celles dans lesquelles on trouve des végétaux et des corps organisés marins. Il existe aussi des tourbes sous-marines, formées quelquefois d'une grande accumulation de végétais ligneux, d'arbres et de plantes qui croissent dans les forêts. Elles renferment aussi des débris d'animaux terrestres.

La tourbe pyriteuse du département de l'Aisne est remarquable sous le rapport des composés qui s'y forment souvent en peu de temps. Cette tourbe, qui est plus ou moins compacte, est pénétrée de sulfure de fer qui s'enllamme s|)ontanément à l'air et produit une grande quantité de proto-sulfate de fer. On trouve confondais ensemble des bois fossiles, des troncs entiers d'arbres (juelquefois pyriteux à l'endroit des nœuds, des bois pétriliés, beaucoup de pyrites, du succin de diverses couleurs, des os fossiles, des cristaux de quartz, des roches calcaircîs, des ocres, du cuivre, du zinc, probablement a l'état de sulfure , du sulfate de soude, de l'alun, des cristaux de gypse (|ui acquièrent un volume assez considéyMv. dès l'instant que les marnes qui les renferment sont exposées au contact de l'air.

Voici connncnt on peut concevoir toutes ces réactions:

liCs plantes réunies en tas h l'air libre éprouvent, par l'effet de l'eau, de l'air et de la chaleur, une décomposition telle, qu'il se dégage de l'hydrogène et du gaz acide carbonique^ il se forme en même temps des huiles, des résines, et(*.; il se sépare des végétaux, du carbone, de la silice et des sels. Quand les plantes sont recouvertes

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