CHAPITRE. II. l8l
schiste, la syenito, le tmcliylo, rte; les sols qui sont venus enstiite l*ont été aux (h^pens dv terrains de sédiment.
î.es roches primitives, en se décomposant sous l'influence des actions nx'téoriques , produisent des galets, du sable, de l'argile, etc. L'eau s'infdtre d'abord dans ces roches par Tintermédiaire des fissiu'es ; en se congelant, elle augmente de volume, dilate les parties, et finit à la longue par faire éclater les masses, dont !e9 débris , emportés par les cours d*eau , forment, sur lèurs bords et à leurs embouchures, des alluvions ou des àtterrissements qui ne tardent pas h se couvrir de végétations. Indépendamment de cette décomposition mécanique, le feldspath, l'amphibole, le mica, le protoxyde de fer, principes constituants de ces roches, en éprou* vent une autre due à la réaction des agents météoriques sur ces substances. lYous reviendrons plus en détail , dans un chapitre à part, sur ces d^mpositions.
Le feldspÂb ét le idakçà ^deviéiin^ terreux, friables , etsecfaangetttîe&utteroliti^ appetteiaolin (^i).
L'amphibole et lé pfkfÉijÛé éprott^ir^ liné altération du même genre par là sùiMyéàUàit m^ roches peu dures, sont facilement attaqués par \eé causes mécaniques , et sont dissous par les eaux char^^ gées d*acide carbonique.
Lorsque la végétation se dévéloppe dans les dépôts formés de cailloux, de sable et d*argile provenant de la désagrégation et de la décomposition des roches, on aperçoit d'abord des plantes qui prennent peu au sol, beaucoup à l'atmosphère, et qui n'exigent f(u'un point d'appui ; c'est ainsi qucse développent, sous les basses latitudes, les cactus et autres plantes grasses, les tniinosa, etc.
Dans nos climats, ou voit paraître successivement des licbens, des mousses, des fougères, etc., dont les débris, s'accumulant d'année en année^ tinissent par former un terraia propre à la culture. ■ '
(i) La presque totalité de la potasse ou de la soude est enlevée^ . ainsi ^u'nne certaine proportion de <iiiice | et les eaux dissolvent mi sikcate de potasse. . ' ' \ ' .
l8a DES CLIMATS, £TC.
A répoque oii une gi-ande pai*tîe de la surface ter»
restre était sous lté. eaux, la végétation consistait ieule»
ment en plantes marines. La iner, en effet, offre aux plaiiU s tous les éléments dont elles ont besoin , savoir, l'acide rarl)oni(jue, les matières ammoniacales, les |)l>os-' phates , les carbonates alcalins ; la Icn e ne fournit pas anx plantes tout ce qui leur est nécessaire, il leur faut encore le concours de l'atmosplière : l'une foui'nit les éléments qui uiancjueut à 1 autre, et réciproquement.
TiR présence des pbospbates , (|uoi(ju'en très-petite proportion, dans le sol, doit ctre considérée néanmoins comme un principe essentiel. On a observé efîectivenient, en Angleterre, (jue des cbamps (|ul ne renfermaient plus sensiblement de pliospbate doublaient de fertilité en y semant des débris (rossements. Les phosphates et les sels terreux sont nécessaires pour la production de la fibrine et de la caséine végétale.
Pour donner une idée de la manière dont la végéta» tion s'empare d*une contrée, nous emprunterons l'exemple suivant à M. Gaudicbaud (Voyage autour du monde de ff m/lie ; Hota/uquc, page 88), qui montre comment^ à Owhyhée« Tune des îles Sandwich, la végétation se dé» veloppe sur des roches qui résistent le plus à l'action des agents atmosphériques. La lave dont se compose llle est vitrifiée, brillante près du rivage; à cloo mètres au delà, elle est encore dure, mais opaque et rugueuse^ ce qui annonce déjà un commencement d'altération; à une hauteur de 5 à 6oo mètres, l'action simultanée de la chaleur et des nuages qui humectent constamment cette partie de la montagne, décompose cette lave; là commence seulement la végétation de l'île , qui est bien différente et plus active que celle c|ue Ton observe sur
Slusieurs points isolés du rivage , ou arrivent des fileta 'eau qui descendent des montagnes et entraînent dans leur cours de la terre végétale. M. Gaudicbaud n'a pu franchir les nuages, qui se trouventà une hauteur de 6oo à I200 mètres. Il pense qu'à cette hauteur les plantes alpines sont moins nombreuses et moins vigoureuses, et
Digitizoa by Li(.)0^1c
CHAPITAE Jl. 1.83
qu'au-dtfflsiiSy vers le tommetf la lave eil intacte comme À la base.
Les terrains provenant de la décomposition des n>« ches , et qui ont été envahis par la végétation | t'enferment comme principes constituants , indépendamment des matières organiques, de la silice, de rahimine, de la chaux, de la magnésie , de la potasse ou soude , des oxydes de fer ou de manganèse, de l'eau et quelquefois de l'acide iluurliydricjuc.
En comparaiil l aiialyse des minéraux élémentaires à celle des cendres des véj»étaux, on voit snr-le-rliamp que cetix-ri ont pris au sol les substances inor^ani([nes, à rexceplion toutefois des phosphates, (jul ne sont pas fournis pai* les détritus des terrains cristallisés. Suivant M. Boussingault , aucjiiel nous empnuïlons ces (h'iails i^Ecotio//iic rurale cous idr rte dans ses rapfiorts accc 1(1 vhindc , la phjsifiiw, la inéti'oroloi^ic, 1. 1 ), on regai-de l'apparition de cette substance comme peut-être contemporaine de celle des animaux sur la terre.
Ce préambule était nécessaire afin de pouvoir expliquer les propriétés physiques que possèdent les terres propres à la végétation.
Une terre végétale doit être assez meuble pour que les racines puissent y pénétrer et s'y étendre, et que Teau s'y infiltre sans ^ séjourner. L'air doit y entrer, s*y renouveler facilement^ sans toutefois dessécher le sol. On conçoit dès lors que la qualité de cette espèce de terre doit dépendre des proportions de sable et d'argile. Le sable rend le sol plus meuble, par conséquent plus perméable à Teau et à Tair. Ses qualités dépendent encore du degré de finesse de ses grains.
L'àrgile agit d*une manière opposée; aussi aucnne culture n'est fructueuse dans un terrain entièrement argileux. Indépendamment de ces deux principes , la terre végétale renferme, comme nous l'avons déjà dit, différentes substances salines, indépendamment de l'hu* mus.
Nous donnons , d'après M. Schûbler {jénmles tk Ta*
ÙES CLIMATS, ETC.
gricuitiure française^ t. XL, p. laa, série), les subs* taitoes minérales que Tou trouve habîtueUemeiit dans le sol:
I** Sable siliceux.
là** Sable calcaire.
3" Argile maigre, renfermant.. . . o,4o de sable.
4** Argile grasse o,a4 —
5° Terre argileuse o,i i —
6° Argile à peu près pure.
7° Carbonate de chaux pulvérulent ou à difïérents
états de ténuité.
8** L'humus.
Terre de jardin légère, noire, friable, fertile, contenant pour loo:
Argile 5a,4
Sable quartzeux 36,5
Sable calcaire 1^8
Terre calcaire «1,0
Humus ^,3
Terre labourable prise dans un champ d'Hoffwyll , composée de :
Terre labourable prise dans un vallon situé dans le voisinage du Jura, contenant :
Sable siliceux* Sable calcaire.
Terre calcaire Humus. . . . • .
Argile
Les propriétés physiques qui influent sur les qualités des terres arables sont : 1° la pesanteur .spécifique; a" la
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faculté de retenir l'eau; 3** la consistance; 4° Taptitude
à la dessiccation; 5" le pouvoir hygroscopique ; 6® Fabsorption de Toxygcne de l'air; 7" la faculté conductrice par la chaleur; 8" l'écliauffemeut par la chaleur solaii-e, ou le pouvoir absorbant.
M. Schûbler a déterminé les propriétés physiques de cliacune des terres dont nous veuous de donner la coin-positioii.
I*' th' la dcnsiu'. Elle a été obtenue eu comparant le poids des terres, sous le même volume, à l'état pulvérulent sec ou humide.
RESULTAT EXPilIlEACBS SUR LA PSRSITB
TSRBE8.
OttlGRATIOll DBS TEEIBS.
3 uT ^ W i -
POIDS MJ LITRE de terre eonpriux^e.
Sèche,
Hnniido.
nuto.
KILOO.
a,Saa
.x,6ai
Ttne cakaira fine, ctrbonale de cbaux.
i,aa5
Terre arable d'Uoffwyll .... . . . .
Terre arable du Jura. . . .
1 Xt7^»
a,ia6
Ces résultats montrent, i"que les sables calcaires et sUiceux sont les plus denses des matières nnnCT ales composant la terre arable; 9.° que l'argile est celle qui a la moindre densité; 3" que l'Iunnus eu a une qui est encore moindre^ on peut donc, connaissant la densité d'un
l86 . DES CLIMATS, tic.
terraby en condore approximativement la nature de M pfincipBUX éléments oonatituants.
a® DetimUHiion, Cette propriété cet celle en vertu de laquelle les terres retiennent l'eau en s'opposant à une évaporation trop rapide. On l'évalue en pesant une terre desséchée à 4o" ou 5o", jusqu'à ce qu'elle ue perde plus de poids par une dessiccation prolongée, et Ton pèse de nouveau après lui avoir lait absorber toute la ({uanlité d eau qu elle peut prendre. Le tableau suivant reufenue les résultats obtenus.
nasiGR ATKîa os imam.
es I-
UN UTRE
mouillés
Eau.
DE TERRF
Terre.
aiMO.
■no*.
9i,oai
0,aoH
0,9 So
Terre de jardin
Nous voyons, par ces résultats, que les sables siliceux et calcaii'es, ainsi que le gypse, sont les substances ^ui ont le moins d'affinité pour reau ; que Tai^ile en retient davantage, et d'autant moins qu'elle renferme plus de silice. Il est à remarquer que le calcaire en poudre fine en absorbe 85 , tandis qu'à l*ëtat de sable il n^en prend que 39 pour 100. On voit par là combien l'état de division influe sur les propriétés pbysiques d'un sol.
L'bumus étant la substance qui a le plus grand pouvoir abâorbantf on conçoit comment les terres végétales
CUiil»lTAS li« 187
en humlii. oon|«i*vent longtemps Teau dont elles
sont humectées.
3" Tcnacitc, vuhcsion, adlutrcnce. des terres. — Pour di'termiiHT ces facultés, ^I. Schùhlci- a moulé les (UfTérenles substances hutncctées convenal)leuient en parallélipipèdes égaux et senihlables; puis, quand ils ont clé coniplétenictit secs, il les a posés, par leurs extrémités, sur deux supports fixes, et au nioven de plateaux de balance suspendus exactement au milieu de la longueur des prismes , il les a chargés successivement de poids jusqu'à ce qu'il y eût rupture : la charge supportée par chaque parallélipipède, immédiatement avant <|uello eût lieu, servait de mesure à la ténacité. ^
résultats obtfinuh daits deux séries d'expériences.
desigiiatioh
des terre*.