CHAPITRE II. l'^'J
« Aussi le froid (le ces contrées est-il si intense que, même « dans les inoisde juillet etd*aoûtderannée iSsy^rexpedi- « tion du BlossoiD y atroiivë^ par les vents du N. etN.*0. c (malgré rinflueDce d'un courant du S.-0. qui amène # aes eaux de 5^,4 ^ ^^fi)9 une température moyenne « de l'atmosphère qui s'élevait à peine à 4* î* Les varia- « tions étaient de o** à 9?, Sur le même parallèle, en I^ponic, au cap Nord de l'ile Magorœ, dans des ré* %^gions qui cependant se trouvent aussi enveloppées en 'Srété de ces brumes qui entravent l'action du sol^, k c chaleur moyenne de juillet est encore de 8^. Plus loin « des cdtes, à Alten( lat. 71^)9 M. Léopold de Bucb l'a « trouvée de 1 7°,5 !
« Dans rhéniisphère austral, les extrémités pyrami- « dales des continents (jiii se prolongent inégalement vers « le pôle Sud offrent le climat des îles. Des étés d'une « température très-basse sont suivis, au moins jus- « qu'aux /|8" et 5o" de laLitude, d'hivers peu rigou- « reux; d'oii il résulte que les formes végétales de la « zone torride, les fougères en arbre et de belles orcbi- «( dées parasites, peuvent avancer au sud, jusciiK; vors « les 38" et 4<)" de latitude australe; tandis i\uv , dans « riiémispbère boréal , les (Jdu gères en ai bre et les ora chidées ne dépassent pas le tropique du Oancer. . . .»
surface des terres des deux liénilspjières suit le rapport de 3 à i ; les différences portent beaucoup plus sur les terres qui se trouvent dans les zones teujpérées que sur celles situées sous la zone torride. Les premières sont, dans les hémisphères boréal et austral, comme i3 à I ; les secondes, comme 5 à 4* Cette distribution iné* gale des terres ne peut manquer d'exei cer de l'influence sur la température de Thémisphère austi-al.
SECTION UI
DBS DIPPÉEMVTS SOLS.
51. — Considérations iréncrales sut les pom^oirs ab" sorbatUSf énu^sifs et rayonnants.
Avant de faire connaître comment la nature du sol
I7B DU CUMàTS, KTC.
infliM sur les rlimats, nous devons rappeler quelques» ODei des propriété» générales de la chaleur, qui jouent le principal rôle dans cette circonstance.
lie soleil lance de toutes parts^ autour de lui, de la chaleur rayonnante , qui est absorbée, ou réfléchie en plus ou moins, grande proportion, par les corps qui se trouvent sur son passage. La faculté que possède une substance d'émettre ainsi de la chaleur rayonnante est appeic'c pouvoir émissif, pouvoir rayonnant, et cellcf qu elle a d'absorber la chaleur, pouvoir absorbant. Le pouvoir émissif et le pouvoir absorbant sont égaux pour un même corps, quoique variant ensemble avec la température de la source calorifique. propriété que les corps possèdent de réfléchir les rayons calorifi(]ucs est le pouvoir réfléchissant ou réflecteur, (|ui est complémentaire des deux |)ri'niiers ; eu effet, lorsque la chaleur rayonnante émanée d'iuie source calorili(|ue loudje sur un corps, une portion est relléchie, régidièrcment ou irrégulièieniiMil , sans être ahsoihee, paiee qu'elle est renvoyée pai- la surface de ce corps; or, comme toute la chaleur é'niise est ahsorhcc on rc'llécliie , il i'aut que les deux pouvoirs absorhaat et réflecteur soient complé* mentaires l'un de rautic.
Le tableau suivant 1^ d'après M. Melloni 1 doinu' une idée du [)ouvoir émissif de certains corps à la température de luo" :
Noir de Tu m ce loo | Encre de Chine 85
C;ui>onatf' de plomb. 100 (ilace 85
Papier à rriire 98 (îoinme la<pu' 7a
Ycrrc orciiiunie. . , . . yo Sui lacc mcialliqiie. . la
On voit par ces résultats que les surfaces métalli({ues trabsorbcnt (]uc les -r-; de la clialeur incident, et réfléchissent les
En général, les surfaces noires, rugueuses, ont le plus grand pouvoir absorbant, et les surfaces blanches i;t |)oiies le plus grand pouvoir réfléchissant.
iVun autre côte, les corps transparents absorbent en plus ou moins grande proportion la chaleur rayonnante
GiiAPiTH£ IJ. 179
qui les traveriei cette fiioultë a été appéf^e diatherma» B^té. Le sel gemme est très-diathemane , pour toutes les sources de diverse température, tandis que Talun l'est très-peu , et d'autant moins que la température de
• la sotirce est plus basse.
La surface du sol agit suivaut sa nature et celle des plantes qui le recouvrent, c'est-à-dire suivant leurs pouvoirs absorbants, éinissifs et réflecteurs. Il existe effectiveinent, comme l'observe M. de Huniboldt {^Asie ccnlralc^K. IH, p. ic)ï et suivantes), une grandi; différence, toutes choses (égales d'ailleurs, enlre les déserts, les savanes couvertes tie gaz(jn, les steppes recouverts de grandes heihes légumineuses, les forêts, les marécages et les pays cultivés. ï^es déserts desableou couverts de roches ne se trouvent presque exclusivement que dans la p;u'tie chaude de l'ancien continent; les savanes eu Amérique, les steppes dans la Russie méridionale, la Sibérie et le Turkestan. I^s déserts de sable occupent environ iSa" en longitude, depuis l'extrémité occidentale du Sahara jusqu'à l'extrémité orientale du Gobi, à travers le centre de l'Afrique, TArabie, la Perse, le Candahar, le 1 hian-chan-nan-loa et le pays des Mogols. Plus des deux tiers de cette vaste superficie, nus et arides, sont situés à l'ouest de l'in dus, très-près des tropiques où le sable acquiert, sous l'iniluence solaire ^ une température de So** ou 6c»^. Une continuité de soi ainsi échauffé doit exercer- nécessairement une iufluence sur la température d'une grande portion de la terre.
Lors({uc la température s'abaisse suffisamment par suite du rayonnement céleste, l'herbe se recouvre alors d'une abondante rosée. C'est à cette cause qu'est due la puissante végétation des H'anos de l'Amérique équatonale. Il existe une grande différence , sous ce rapport, dans les effets produits sur le sol par les graminées et les ^ arbres des foréls. Les arbres rwoidissent les couches d'air qui enveloppent leur cime, lesquelles couches descendent vers le sol, cpii ne parlicij)e point au ravonnenient, à cause des branches .servant d'abri, l^s grami-
la.
l8o DES CLIMATS, ETC.
iiées,au contraire, restent constamment plongées dans Tatmosphère refroidie, et doivent se couvrir de rosée.
Sous la zone tempérée , M. Daniell a constaté que le rayonnement noctumei dans les prairies et les bruyères, peut abaisser la température pendant dix mois jusqu'à zéro.
Quant aux forêts, elles agissent, dans cette circonstance, de trois manières : elles abritent le sol contre Firradiation solaire; a** elles produisent, par la transpiration cutanée des feuilles, une forte évaporation ; 3** elles présentent au refroidissement nocturne de |[randes surfilées. On conçoit , d'après cela, combien il est important, dans Tétude d'un climat, de prendre en considération le rapport des surfaces boisées aux surfaces dénudées, couvertes de graminées, d'herbes, ou de difféi'cntes espèces de culture.
L'absence de forêts dans unv locabté doit augmenter nécessairement la température et la séclicressc de l'air, d'oii résulte un(^ diminution dans Tétcadue des uappcs d'eau, ainsi (jiie dans la végétation.
Quand le sol des foiéts est marécageux, l'abri des arbres s'oppose à l'action solaii e, et devient iiniNihlc au climat. Os marais gèlent profoiidcnKMit , et lurment ainsi de petits glaciers, qui rësisleut lougtenips à l'action de la chaleur ravouuaute.
5 II. — Oes différents sols et de leurs pivpriétés
physiques.
Le sol agit sur la végétation de diverses manières, soit en servant de support aux plantes par Tintennédiaire des racines, soit en raison de sa composition et de ses propriétés physiques et cliimiques. Il se compose: de ses éléments minéraloçiques; 2" do Thumus formé de détritus de matières anunales ou végétales plus ou moins soiubles dans Teau, et servant à la nutrition des plantes.
Les éléments minéralogiques proviennent de la décomposition des roches; dès lors le premier sol formé l'a été aux dépens des roches ignto, le granit, le mica-