CHAPITRE
11 leur donne de la qualité, surtout aux premièr«>8, dont il diminue la grande ténacité ; mais II a l'inconvénient, dans les saisons humides , de rendre les premières ex« trêmement humides. Si la sécheresse est trop longue, la terre se durcit au point que les plantes ne peuvent y pénétrer.
Les terres légères pèchent rarement par le trop d'humidité ; la sé<!heresse, au contraire, leur est très-nuisible. La végélatioii s'y développe plus rapidement que dans les autres. î^'engi ais étant dissous et entraîné facilement par les eaux pluviales, y produit de moins bons effets que dans les terres fortes.
Suivant Thaër etElidioff, un sol est dit argileux quand il renferme 4o pour 100 de sable. Lorsque le contenu descend à 3o, l'orge v réussit mieux que le froment; an-dessous, la culture de Tavoiiie est fructueuse. Le froment est encore cultivé (juand la contenance en sable est • de l\o à f)o pour 100. Si elle desceiid à ou 60, la culture de l'avoine^ est plus avantageuse; à -jo, le sol ne convient plus au froment, mais bien à l'orge; h -^S, d'après Thaër, le terrain est propre à la culture de l'avoine. Dans nos climats, (piand la terre renferme qo pour 100 de sable 9 on en tire difllcilement parti , attendu que la sécheresse lui enlève toute cohésion.
I^s jiarties terreuses jouent- elles un rôle direct dans les phénomènes de la nutrition? Le$ matières terreuses renferméi s dans les tissus des végétaux étant semblables à celles qui se trouvent dans le sol, on est porté à répondre ararmativement «\ cette question. On cite, en faveur de cette manière de voir^ les marais salants, qui fournissent aux plantes de la soude provenant de la décomposition du sel marin, tandis que ces mêmes planteS) végétant loin de la mer, renferment de la potasse.
A l'appui de cette opinion , on a dit que certaines plantes se plaisent plutôt dans un terrain que dans un autre ; que le noyer, le buis, le potentila rupestris , par exemple, préfèrent les terrains calcaires; le châtaignier^ \e di'gilalis purpui'ea, etcC.,les terrains phisou moins si-
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liccux. Il y u iiéaiiinoins des exceptions, puisque M. dé Caudoiicu vu croître nhoudauinicnt le buis dans un terrain scliisleux et dans des terrains volcani({ues. Celte prédilection cfuue piaule pour tel ou tel terrain ne |>ourr.iit-ell(> pas provenir de propriétés physiques dépendantes de la nature de ce terrain?
Les terrains possèdent des qualités (]ui dépendent non-seuleinent de leur composition ininéralogiquey de leurs propriétéi physiques et de la nature du sous-sol, inais encore du climat ou ils sont placés, de leur orientation et de leur inclinaison à l'horizon.
D'après les considérations que nous avons déjà présentées touchant les propriétés physi(pies des terres, on peut en conclure que les terrains ar<^ileux. conviennent mieux au3L climats secs, et les sols sablonneux aux régions humides oîi les pluies sont fréquentes. Il faut rappoi'ter à ces derniers les pumpas, les Uanos, les savanes de rAméri(|uc et les step[)es de T. Vsie, terrains dans lesquels la v(*g('tation est suspendue pendant les jji'audes sécheresses et r<*pr(Mi'l à la saisoji des pluies.
I/Cs iIcM'rts ari'U's nv doivent leur sUmUIIiî (|u'à i'al)senee de jfluie; iiinis si <|Ur!<|ucs parLies de ces Irrres sont arrosées pai* dfs iilels d imii, coniine les oasis en Afri({!i(', la vé;;rtatioii y devient alors active.
Un sol saljloiiiii'ux, avant p(Mi de colii'sioii , doit occuper les parties les int)ins élevées de la contrée jjoiir (piM soit prodiielil: il est alors moins exjjose à la sécheresst; ; si le sol est incliné, les c.iiiv pluviales cntrainenL riininus et il devient sli rilc. (Test pour ce motif <pie les parties abruptes sont couvertes d arbres, afin de retenir la terre végétale. Les terres fortes exigent, au contraire, une certaine inclinaison pour donner écoulement aux eaux.
L'orientation d'un terrain dépend du climat; dans les régions extratropicales, oîi l'ombre a totijours la même orientation pendant toute l'année, il n'est pas iu^ ttilïérent d'exposer les plant(!s à telle ou telle exposition. Les terrains très-inclinés qui regardent It^ nord, reçoivent nécessairement moins de chaleur et de lumière
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et cdtiàcrvfetit plus Idngtehips de rhuhiidit('; les sols situés au midi sont, à la vél'itr. pitis exfjosés à souffrir de là sëchèresse, mais aussi la végétation y fait pltis de {îrogrèà.
Eil Siiis^ëtdans le noi-d dérÉcossc, du a femnrquë cfUc lë$ |)entës cjCil de^ccnd^nt vers le nbi'd) cjuaiid elles lie sont jias ti*opdbrupttïâ, tont plus prbductlvës parët! qilë le dégel s*y opère phiâ lentement.
La crafé , qui parait fralppce de stérilité ën j^rancc, sert à la cultafe des hécbites vertes daîis les contrées liumidës, cdtiime TAugleterre. Les terrains tourbeiix
Eetitent être ciiltivés cjuarid là tourbe est transformée en uintiè.
Le^ Sahles nioîiviints siliceux ou calcaires, qui 6ccupcut souvent une très- grande (•h iiduc da?is riiiit'riciM* des coiiliiicnts , piniveut être rendus à la ciill iitc, hicii que leur mobilité leui" permette de se (K'plaici comme une mass(î liquide; leur stérilité doit être atli ihuee au man(|ue d'eau, l'eau d(''t(M'min<'nil nue ceitaiiie cohérence entre les pai'ties. Aî. H()n^sinijanlL raj)|)()i le à ce sujet le fait suivant ' fù'oiio/iiii' runilc^ t. 1, p. (>!^8) :
«f En Espagne, dans les environs de Sau-Lucar de « Barameda, un sol |)oudreu\, d'une aridité extrême , « a pu être fertilisé par la maiu d(^ riionnne. A la surce face, les dunes amoncelées de Sau-Lucar sont rè- « couvertes pai' un sable quart/eux assez t(Mm pour « être emporte pai- le vent; uiais par cette circoiistauce « heureuse, qUi fait que la partie iuférieurt* d(> ( e terrain « est coustanunent mouillée par le Guadalquivir, il « suffit d'enlever le sable sec (pii le recouvre, de le ài* (c velèr, de le décaper en quelque sorte, pour obtehi^ un « sol qui iH îuiit au plus luiut degré deux conditions a essentielles à la fertilité. j>
T^a fixation d^m sol mouvant, en le couviaiit de plantàiidnS bfdduciîves , à été opérée par M. Brehiontier, itf^^flièùr déé pdfità et chaiisàéés.
Leâ dtitieâ fijritiéetf auil dépens dés sàbleâ réjëtés pâr l'Océan occupent entre les embouchures de la Girondè
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et de FAdour une superficie d'environ i i3g myriamètres
carrës, sur une élévation moyenne de ao mètres. Ces dunes avancent dans les terres par Timpiilsion des vents (roiiost avec une vitesse do j. f^ mètres par an, et finissent par envahir des villages et des forêls. On a calculé qu'en vingt-quatre siècles tout le Bordelais serait envahi j)ar les sahles , les dunes avançant en roulant pour ainsi dire sur elles-mêines. Pour les fixer, il y avait doux choses à faire : développer la végétation, et la protéger contre l'impétuosité des vents de mer jusqu'à ce que les • racines des plantes eussent pénétré dans le sol. Rremontier a résolu la (juestlon comme il suit : depuis la base des premiers monticules jusqu'à la Iij;ne des plus hautes marées , le terrain est plat, le sable y roule sans s'y arrêter. On commence par y établir un semis de graines de pins et de genêts , et on recouvre le sol de branchages verts fixés solidement pai* des crochets enfoncés dans le terrain. Au moyen de cet abri, les graines germent et !< n plantes se développent avec une prodigieuse rapidité. Clette première plantation, qui arrête les sables y est destinée à protéger celles qui doivent la suivre et s'étendre vers l'intérieur des terres. Quand cette plantation a cinq ou six ans, on en fait une autre contiguë à celle-ci sur une largeur de 60 à 100 mètres, puis Fon continue graduellement jusqu'au sommet des dunes. En 1 809, les semis occupaient déjà une étendue de 3700 hectares dans le bassin a Arcachon. Le succès a été tel, qu'en seize années, des pins avaient déjà atteint une élévation de 10 h la mètres.
L'exposé, que nous venons de présenter de la composition minéralogique et chimique des différentes terres propi*es à la culture, de leurs propriétés physiques, et des diverses causes qui peuvent les modifier sont du domaine de l'agriculture; aussi trouve-t-ou ces parties traitées avec de giamls développements dans l'ouvrage de M. lîoussingault: Keonornic rurale^ considt'rce ddiis SCS rapports avec la chimie^ la p/ijsique et la tnétéu^ rologie.
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§ IV. — De iiii/fuence du déboisement et du dessé" chement sur ia diminulion des cours iCeau à la sur^ face du soi.
Les défrichements et les desséclienunts de marais facilitent réva))oration des eaux pluviales, diminuent ia ((uan^té qui eu tombe, et influent par conséquent sur les cours d'eau qui arroseot une contrée. On conçoit, en effet, que les forêts, qui entretiennent une humidité continuelle à la sur&ce du sol, s'opposent au dessèchement, et doivent exercer une grande influence sur les cours d'eau. Parmi toutes les observations qui établissent cette vérité, nous citerons les suivantes , dues à M. fioussingault ( Annales de physique ei de chimie^ tome LXIV, page 1 13).
La vallée d'Aragua , province de Venezuela, située à peu de distance de la cote , a un climat trèfr-favorable et un sol d'une grande fertilité. Elle Cfit bornée au nord par la chaîne du littoral , au sud par des montagnes , à Fest et àTouest par des collines qui la ferment de toutes parts. Les rivières qui y coulent n'ont donc point d'issue vers l'Océan; en se réunissant, elles donnent naissance au lac deTacarigua ou de Valenciana, qui, à l'époque ou le vit M. de Humholdt, au commencement de ce siècle, éprouvait depuis une trentaine d'années un desséche- • ment graduel dont on i«;norait la cause.
Oviedo, historien do la province de Venezuela dans le XVI** siècle, rap|)orte que la ville de Nueva-Valeiu ia fut fondée en i5:'):j, à une dt;nn-lieue du lac de Tararigua. Celte ville, suivant M. de Tluniholdt, qui visita, cette contrée en 1800, en était éloignée de a-joo toises, preuve du letrait des eaux, qu'attestent du reste un grand nombre de faits. Il attribua la diminution des eaux aux nombreux défrichements qui avaient été faits dans la vallée. Voici comment il s'exprime à cet égard : « En abattant les arbres qui couvi-ent la cime et le flanc « des montagnes, les hommes, sous tous les climats, prête parent aux générations futures deux calamités à la
iq8 des climats, etc.
<c foiSf un manque de combustible et une disette d'eau.»
En i8aa , M. Boussiiigault apprit des habitants que les eaux du lac avaient ('prouvé une hausse très-sensible; des teries , jadis cultivées, étaient alors sous Ifs eaux. Dans Tespace de viii^t-deux ans^ la val|ce avait été le théâtre de luttes sanglantes durant la ^^uerre de rindépendance ; la population avait été décimée, les terres étaient restées incultes, et les forêts, q)|i croissent avec une prodigieuse rapidité sous l^s tropiques, avaient fini par of:cupcr une grande partie du j)a)s. On voit par là l'influence qu'exerce le boisage sur la quantité d'eau qui cpule ou qui séjourne daqs un pays.
M. Boussingault nous fournit encore plusieurs autres exemples du même genre. Il existe plusieurs lacs sur les plateaux de la Nouvelle^Grenade, à une hauteur de aooo il 3qoo mètres, où la |enipcrature, toute l'année, est de 14** à 16**. I^s habitants du vilfege Dubaté, situé pi»ès des deux lacs qui étaient réunis il y a une soixantaine d'années, ont été [('inoins de rahai^st inciit graduel des eaux, (le |flle sortrcpic des t cria in. s qui se trouvaient ^ous les eaux il y a trente ans sont aujourd'hui livres à la culture. M. Boussingault s'est assuré que ce changement est diî à ta disparition de nombreuses forets qui ont été abattues.
D'auties lacs, tels que celui de Tota, peu éloigné de Fuquené, situes dans des localités où il n'v a pas eu de déboisements, )i'onl éprouvé aucune diminution dans leurs eaux.
M. Deshassvns de Richeniond a constaté qu'il existe dans l'île de l'Ascension une belle source au bas d'une montagne, laquelle s'est tarie par l'effet du déboisement, et a rettx>uvc ses eaux quand la montagne a été reboisée.
Ji'Europe fQurmt des exemj)les du inémc genre; les lacs de Rienne, de Morat et de Neufchàtcl ont éprouvé également un abaissement à la suite de défrichements.
ÎJà diminution des eaux provient-elle ^'une moindre quantité de pluie tombée ou d'une plus grande évaporation ? Ijss faits suivants répondront à ces cjuestions.