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CHAPITRE II

En i8vJ), les moulagiios métallifères de Marmalo ne nréseiUaieiit cjiie (|uel(iiies misérables cabanes habitées par des nègres esclaves. En i83o, cet état de choses était changé: il y avait de nombreux ateliers et une populalion de 3ooo habitants. On avait été forcé d'abattre beaucoup de bois; le dch-icbemeut n'élait commencé fpie depuis deux ans, et l'on s'apercevait déjà de la diminution du volume des eaux employées au travad des machines; cependant un pluvionuMre prouva à M. Boussingault (pie la (pianlité d'eau tond>ée la seconde année avait été plus forte que celle recueillie i)endant la première. Ce fait tend donc à prouver que le déboisement peutdiminuer et faire disparaître des sources, sansqu'd tondjc pour cela une moins grande (pianlilé de phne.

Les observations de Bcrgliaus ( Cours iF li^riviiltKre de M. Gasparin, p. 146) montrent que le volume «les eaux de roder et de l'Elbe s'affaiblit depuis 1778 jusqu'à 18*35, pour le premier de ces fleuves, et depuis i8'28 jusqu'à i836 pour le second. Cette diminution est tellement sensible, (pie, si elle suit toujours la même loi, il faudra changer en 1860 la forme des bateaux. Des recherches statistiques ont prouve (jue l'on ne pouvait attribuer ce fait au déboisement des montagnes.

On a cherché, pour l'expliquer, si la quantité de pluie qui tombe dans différents lieux de rEurope n'allait pas en diminuant; mais on n'a pas été pins heureux: en effet, depuis 1689 que l'on observe la quantité de pluie tombée à Paris, on a plutôt trouvé une légère augmentation qu'une diminution. Césaris a reconnu le niéme accroissement pour la ville de Milan, depuis 1 7G3 jusqu'à cette époque. Il en est de même à la Rochelle et dans le bassin du Hhônc.

L'hypothèse de la diminution de pluie devant être rejetée, on a pensé (pie peut-être le nombre de pluie aurait pu changer, en se fondant sur ce fait généralement admis, que les grandes pluies fournissent plus d'eau aux rivières que la même quantité deau tombée en plusieurs jours séparés par des intervalles de sécheresse;

aOO DES CLIMATS, £TC.

maU la discussion des observations n*a pas éclairé davantage la question. On en est réduit aux changements apportés dans les climats par la culture.

M. Boussingault, c{ui a étudié la question du déboisement avec beaucoup de soin, a tiré les conséquences suivantes des faits qu*il a observt»s : i" les grands défrichements diminuent la ([iiantilt' dos eaux vives (jiii coulent dans un pays; il n\\sl pas possible do dooidor si cette diminution doit otre atlrlbiioo à une moindre quantito annuelle de pluie ou à une plus grande évaporation des eaux pluvialos, ou à ces doux effets combinés; 3" dans les contrées (jui n'ont ôprouvé aucun changement dans la culture , la (piantité d'eaux vives ne paraît pas avoir cliangé; 4" les forêts , tout en conservant les eaux vives, ménagent t't régularisent leur écoulement ; 5" la culture élablie dans un pavs ai'ido et découvert dissipe une partie des eaux courantes; ()" dos sources peuvent disparaître par suite de déboisements locaux, sans (|u'oa puisse en conclure (|ue la ({uantité anoueile de pluie ait diminué; 7** les faits météorologiques recueillis dans les régions équinoxiales tendent à montrer que les grands défrichements diminuent la quantité de pluie ({ui tombe annuellement.

La question du déboisement préoccupe d'autant plus aujourd'hui, que depuis cinquante ans, tous les quatorze ans, la consommation de la houille étant doublée, si cette progression continue, on arrivera promptement à une époque oii le combustible manquera.

SECTION ÏV.

GOUSIDlinATIOVS SUR LA OISTRIBOTION DBS Tàc^TAUX ET DES ANIMAUX SUR LE GLOBE.

§ 1. — JJes végétaux.

Le but que nous nous proposons, en esquissant la géographie des plantes, n'est pas [)récisénïont d'exposer avec de grands développements leur distribution sur la

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surface du globe, mais bien de montrer l'influence qu'exei'cent sur eelle distribution les actions combinées de la ;Cîbaleur, de la lumièie, de l'air, de l'eau et du sol. ""^Sans cbaleur, la vie s'éteint, et selon qu'elle esl plus ou moins forte, entre certaines liniiles, la vie est plus ou moins active. Son action varie avec la latitude, en tenant compte, bien ent<'ndu, des causes perturbatrices dont il a été fait mention eu exposant la climatologie.

La lumière exerce une action directe sur la composition des tissiis, la coloration des fleurs.ettles 'fottUes, et ' la maturatioir^des fruits. Cette action varie, comme celle de la cbaieuryàvec la latitude, atteint son maximum sous Féquateur. A latitude égale, toutes choses égaies d'ailleurs, elle est plus forte sur les montagnes qu'en plaine, où les jours ont mpios. de.durée. .La quantité de vapeur répandue dans Fatmosphère, en mettant obstacle au rayonnement solaire, dinainue nécessairement son influence. t *v • .

L*atmosplière. fournit Facide carboniquc^ani feuilles , organes de la respiration, qui le décomposent sous llnfluence solaire, et Tox ygène aux racines , par l'intermé* diaire de l'eau.

L'eau agit à l'état de vapeur ou de brouillard, et à l'état de pluie : i'-l'étàt de vapeur, en humectant les feuil- les, elle fecilite les phénomènes de la respiration ; à l'état de pluie, elle pénètre dans le sol et réagit sur les racines, en leur faisant absorber les substances qu'elle a dissoutes, et dont les plantes ont besoin pour leur nutrition. L'eau, sans le concours sinudlané de lu chaleur et de la lumière, rend les plantes h) dropiques.

Les tropiques doivent leur puissante végétation aux foi'tes pluies qui tombent régulièrement chaque jour en certaines saisons. Les forets peuvent conserver ainsi une humidité constante et chaude, éminemmeut favorable à leur développement.

Dans les climats tempérés, les forêts, en s'opposa nf à l'évaporation, rendent le climat moins sec, et la fréquence de certains vents rend également un climat humide.

aoa BES CLIMATS* ETC.

Pqur bien ctu<Jier rinfluence dp ces dîvpi> agent8| on> a divisé la surface de la terre en (|uatre zones priuctpales (Ad. de Jussieu, Cours (Hénienicùre W histoire 9Mtun'l!c, partie botanique, p. 691) :

1" Zone cquatoriale , s*étendant d'environ i5° à droite et à gauclie de IVquateur, et caractérisée parlai présence plus exclusive des palmiers et des scitaminées.

a** Zone tropicale, allant du i5* au ^ù^ degré de latitude et caractérisée par les fougères arborescentes, les niélastoroacées et les pipéracées.

/ Zone ju\tatropicale, de 'if\' à 3" Zone tei]ip('Mée,|' 3C>" de latitude, parcourue en

son milieu parrisollierine de 9.0".

1 ^'tenipéri'e chaude, eorrespon-

s'élendant dej)uis les tropi(pies jiiscju'au eer cle jxjlaire, et dans laquelle la vég<'lnlion é|irouve de grandes va-( Zpne tcmpériatioMS, en raison des rcc dinérenccs de rliinat proprement qui les compqsem. On dite, la divise en deux zones secondaires :

dant aux lij^nes isothermes de i5 a 10 2" tempérée froide, de lo^'aSo, 3" tempérée sousarctique, de S"

ai ^1

\ ao

k" U zone poWre,; OU Ion trouve abon-^ ^ damment les plantes 1 „ , .

alpines,est divisée en :( ^^ne polaire.

Dans la zoniMHpiatoi iale , on n'apereoit aucun chnugenienl dans la végétalion dt'pnis le niveau delà mer jusqu'à la hauteur de (îoo mètres; mais au delà, jusqu'à iQoo mètres, on retiouve la flore de la seconde zone.

.Sous l'équatertr, ainsi que dans les l égions (jui en sont peu ëloignt'es, les jours étant sensi})lemenl égaux aux nuits, la différence entre les saisons est peu appréciable^ et la température moyenne est celle de toute Tannée ; aussi la Yégétation suit-elle une marche régulière. 11 n'en est pas ià même en s'éloignaat de i'équateur; oar, la didfê-

Digitizoa by CjOO^le

CHAPITRK II. ao3

rence entre les saisons aMgmentant| la végétation doit êti*e de plus en plus modifiée.

Sons r('>qu;;(cur et sons les tropiques^ la puissance de la vrgétatiqn doit donc rh e à son maxjnjiinoy puisque les plantes y trouvent ubondamment chaleur , humiuité et lumière, dont elles ont besoin pour leur développement. Les végétatif ligneux s'y trouvent pn très-grande proportion ; les fqrêts y sont vastes et peuplées d arbre^ gigantesques, appartenant pour la plupart'à des gepres et à des familles ç|u'i ne sauraient vivre dans Içs climats tempérés.

Dans les régions tropicales ^ la végétation est suspendue^ quand )e sol est siliceux, pendant la sécheresse; nidis elle reprend avec vigueur lors de la saison des

pluies : les campes du Brésil, les pampas du Paraguay et les llanos de rOréuoque en CT>nt des exemples reuiarquahlc's.

La première zone tcnipérc'v, ou zone jnxtatropicalc, inditjuc le passage de la lloi'e tropicale à celle de la zone tempérée; on y trouve effectivement, inclées çà ot là, les plantes des tropique avec celles de nos climats. Quant aux trois zones secondaires dont se compose la zone temp(''rée proprement dite , nous dirons (jue, dans la I^rovence et dans le Roussillon, faisant partie de la zone chaude, se montrent encore le j)almier, le datticîr, le myrte, le grenadier, qui appartiennent aux régions tropicales, et en outre les crucifères et quelques espèces de coniftM'es, les cyprès, les pins pignons, les piasd'Alcpi les chênes verts, les lièges, les platanes, etc.

Dans la zone froide, 911 se trouve Paris, température moyenne io",8, la flore renferme en grande proportion des Êimilles de la zone chaude , mais elles sont représentées par d'autres espèces : les conifères, par le pin commun, les sapins, les mélèzes; les amentacées, par les chênes, coudriers, hêtres , bouleaux, aunes, saules,qui perdent leurs feuilles pendant Tliiver. Les deux, grandes capitales Londres et Berlin, dont la première a pour température moyenne to%4> ^ la seconde lo^iy sont

ao4 DES CLIMATS, ETC. *

situées également à la limite des deux premières zones.

Si l'on s'avance vers le nord, on voit diminuer graduellement le nombre absolu des espèces, ainsi que le nombre relatif de celles de certaines familles. Les espèces appartenant aux malvacées, cistinées, eu|)hotl)iac(^es, disparaissent tout à fait. Sur les côtes de la Scandinavie, le hrtre cesse de semonlrerau delà du i)cf degré; et le cbéne, au delà du Gi% à la limite delà zone tempérée froide.

' La zone sous-arctique, qui suit la précédente, est peuplée d'arbres verts. Le sapin cesse de se montrer vers le GS^' degré; le pin, jusqu'au •70*', et le bouleau un peu plus loin. Au delà, on ne i*eucontre plus que des arbrisseaux peu élevés.

Vers rextrémite de la Lapoaîe, on entre dans la région polaire arctique, où il ne croit que dès arbrisseaux très-bas, le bouleau nain qui se montra jusqù'au 71' de» gré, où la végétation né se réveille que pendant ([uelques semaines pour donner naissance à des végétaux vivants et sous-frutescents chétifs et clair-semés, et au rhododendron.

La seconde zone polaire, ou zone polaire proprement dite, est la région des plantes alpines ; le Spitzijerg s y trouve compris.

Les hautes montagnes, depuis leurs bases jusqu*àleui*8 cimes couvertes de neige, présentent les mêmes flores que Ton rencontre successivement ens'avançantsous des latitudes plus élevées. Ainsi, en gravissant les Alpes, on voit disparaître les espèces suivantes à des hauteur» différentes, et qui varient suivant Texposition des versants, comme on le voit dans ce tableau.

Digitizoa Ly Li(.)0^le

CHAi>ITR£ 11.

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UBOTE D£& OIFFéRENTS ARBRES SUR LBS DEUX VER* SARTS DU MONT TRNTOUX.

[Annales des Sciences fia/., 2* série, t x, p. aaS.)

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