CHAPITRE
Valais ou la vallée du Rhône. A la partie supérieure de cette vallée se trouvait un glacier qui sVst éboulé et a barre la vallée, d'où est résulté un lac immense du coté de la montagne. L'éruption a été si puissante tpie d'énormes rochers ont été lancés en l'air et transportés à des distances considérables. Des maisons el des forêts entières ont été emportées; les bois, transportés avec une masse considérable de matières terreuses, se sont déposés en couches alternant avec des couches de boue : image de la formation des lignites.
Des effets puissants de dégradations produits par l'accumulation des eaux ont pu, en agissant sur une plus grande échelle, opérer l'ouverture du Bosphore, celle du détroit de Cadix et de la Manche.
Lors de Téboulement qui eut lieu a la Dent du Midi, dans les Hautes-Alpes, le iG août 1 835, M. Élie de Beaumont vit des torrents de boue provenant de l'éboulemenl, qui ne renfermaient pas -7^ d eau, et qui déplairaient des roches calcaires de plusieurs mètres de côté, flottant même sur leur surface, pendant des espaces considérables, comme des glaçons flottent à la surface des rivières.
Si les eaux qui proviennent de la condensation des vapeurs atmosphériques ravinent la terre et dégradent les continents, celle qui se trouve dans les grands bassins produit aussi des actions très-éncrgiques. En eflet , les marées, les vents et les courants, concourent à maintenir les eaux des mers dans un état continuel d'agitation. Les mouvements des vagues, qui sont quelquefois r.i énergiques à la surface de la mer, se transmettent jusqu'à une certaine profondeur. D'après les observations de M. Siau {.Annales de physique et de chimie, y série, tome II, page 118, année 1840^^^®^ recherches de !VL Aimé (même ouvrage, tome V, page 417), non-seulement à une certaine distance, les molécules d'eau ont un mouvement oscillatoire vertical, mais encK)re un mouvement oscillatoire horizontal; de façon que ju.squ'à 188 mètres M. Siau a pu reconnaître au foad de la mer des zoues de gravier d'iuégale grosseur
DLS MF.RS.
disposées parallèlement par suite du mouvement oscillatoire de la masse liquide.
Lorsque les ondulations de la mer, qui se prolongent jusqu'à une grande distance^ rencontrent tout à coup un ressaut, alors Teau est refoulée vers la surfiice et peut s'élever à une assez grande hauteur; il se forme dans ce cas des flots de fond , qui ont étë l'objet de recherches de la part de M. le colonel du génie £my. Ces flots, en s*avançant vers le rivage, se soulèvent, se gonflent .de plus en plus et forment des nappes écumantes que Ton nomme nappes de déferlement. Si les flots frappent des côtes abruptes, ils y produisent les mêmes effets. Le rochei- qui a reru le nom de la Femme de T^l , dans l'archipel des îles Mariannes, a une hauteur de ii^niètres, et cependant les vagues viennent se l)riser contre son sommet. Il est probable (jue ses bords sont abruptes, et que les mouvements de la mer, qui se commurncpicnt de proche en proche juscpie vers l'eau qui les baigne, en vertu de la vitesse ac(piise, oceasionnent ces effets.
Un banc de sable eu peute douce ne présente pas de flots (le fond.
Cette action des flots de fond sur les rivages peut devenir très-c;onsidérable, quoi(pi*en pleine mer elle soit à peine sensible ; les ondulations se propagent tou* jours de |ftrocbe en proche jusqu'à ce quelles aient trouvé des ressauts. Jx>rsque ces phénomènes se passent à lembouchure des fleuves, ib prennent le nom de ras de ' marée; on a remarqué (pie, lorsqu'ils se manifestent dans les parages des Antilles, à peu de distance des côtes la mer est fort calme.
Il est facile de concevoir, d'après oe qui précède, comment les actions combinées des vagues, provenant des marées, des v^nts ou des mouvements quelconques de l*Océan, dégradent sur certaines cétes les rochers , sur d'autres au contraire déposent des matériaux ; c'est ce qui arrive en France. Quelques parties des côtes de Normandie se dégradent, tandis que sur les côtes des Landes il y en a qui se recouvrent de aable. Le premier elfet
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est dû à rescarpement plus ou moins gi and des rivag(;s , et à la nature des roches qui les composent Ces érosions, qui se manifestent sur presque toutes les côtes , montrent que l'Océan lutte presque continuellement
coiUre les continents, et que, dans cerlaines contrées, des cotes auraient été entraînées dans la mer si Thoinme n'y eût pas mis obstacle.
L'action destructive de la mer se continue tous lis jours. On ne sait où s'arrêter;» raclion de cet agent qui tend à niveler la surface de la terre, et qui détruit d'un côté et dépose de l'autre les débris des roches ; il est probable que plusieurs péninsules se di'taelieront des continents; peut-être Tisthme de Panama tombera-t-il un jour sous l'action érosive des ilôts. On ne peut prévoir quelle seru la figure des terres sous les actions combinées des vagues et des changements ((ui résultent des mouvements dus au refroidissement du globe.