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CHAPITRE III

Le major Rennel, qui a cubé la masse d'eau que le Gange porte à la mer, l'a évaluée en moyenne à 5o4o mètres €ul>es par seconde. Lors des plus fortes crues, la masse d'eau va à 11490 mètres cubes , et dans ce cas, à ce qu'il paraît, l'eau pouvant tenir ^ de matières solides en suspension , la masse équivaudrait à a85o tonnes par seconde; ce fleuve entraînerait donc dans cette circonstance i kilomètre cube de matière solide en dix jours, en supposant que 2,7 soit la densité de ces matières. En moyenne, d'après cette densité, le Gange entraînerait i kilomètre cube de matériaux terreux toutes les trois semaines.

On ne peut guère évaluer en moyenne à plus de roo centimètres la (juantlté d'eau cjui tombe par an dans les divers lieux de la terre. Adnu'tlons ce nombre, et supposons que de l'eau seulement retourne à la mer par les fleuves et Tes rivières; si de plus celte eau tient en suspension -rrir^lc matériaux solides, alors la quantité de ces substances qui arriverait à la mer serait capable , en un an, de former une couclie qui, répandue sur toute la terre, aurait une épaisseur de-—. T-frTr.iTy. J = o,""'3, la densité de ces substances étant évaluée en moyenne à 2,7, et les terres n'occupant que le | de la surface du globe; cela ferait en 100 ans So"""", ou bien 3 mètres en dix mille ans. En admettant seulement 5-^ de matériaux solides, la quantité qui serait apportée dans la mer pendant cette période de dix mille ans , étant répandue sur tout le globe^ donnerait encore une coup che solide de 6 décimètres d'épaisseur.

Dans oe qui précède, nous avons supposé que les matières transportées par les eaux étaient réduites à l'é-. tat pulvérulent ; mais dans les lits des torrents , des rivières et des fleuves, on trouve des fragments de toute dimension et de toute espèce, et on suit les altérations qu'ils ont éprouvées. Ceux qui sont calcaires sont altérés les premiers , ils disparaissent au bout d'un certain temps; les roches schisteuses s'altèrent aussi rapidement, tandis que le quartz et les basaltes résbtent plus

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que tous les autres. I^s matières organiques, telles que le bois, qui sont entraînées par les cours d'eau, «'prouvent aussi un cffel analogue, d'après lequel les matériaux solides, débris des continents, apportés dans FOcéau, tendent toujours à se diviser de plus eu plus et à se mélanger.

lorsque les matériaux sont arrachés au sol, ils sont entraînés plus ou moins loin, suivant la vitesse del*eaii, leur densité et leur grosseur. Si cette vitesse n*est pas au moins de 5 à 6 centimètres par seconde, elle ne peut entraîner que des particules très-ténues qui ont moins de o"*^ ,1 de diamètre. Avec une vitesse de i5 centimètres, elle peut entraîner du sable de i millimètre de diamètre; quand elle atteint près de 5o centimètres par seconde, elle peut mouvoir des caiikux de i oentim. de diamètre; et avec une vitesse de i mètre, des galets de 5 centimètres de diamètre. Avec une vitesse beaucoup plus grande elle enlève les gros blocs de pierre. Mais il faut ajouter que l'eau , en se chargeant aune gi ande quantité de limon, et devenant boueuse, peut augmenter de force mécanique; il lui faut alors moins de vitesse pour entraîner ces niasses ( i ).

Cette vitesse nécessaire pour déplacer les roclies, les vagues de l'Océan peuvent l'acquérir; car des pièces de Gooo kilogrammes que Ri emontier avait placées à Saint- Jean-de-Luz, ont été déplacées par les (lots. M. Harris ra[)porte (pie pendant les deux tempêtes qui ravagèrent la côte méridionale de l'Angleterre, en 1 824 > 829, des blocs de calcaire et de granit du poids de 2 à 5 mille kilogrammes furent lancés sur la jetée de Plymoulh.

I^s torrents donnent lieu à des effets analogues ; on peut citer comme exemple ce qui s'est passé en 1818 y dans la vallée de Bagnes, qui remonte jusqu'au grand Saint-Bernard d'une part, et se rend de l'autre dans le

(i) Voyes l'appendioe à la fin de l'o«Vrage pour ott dMs

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