Variation des images
P Position du problème. D’après le principe exposé plus haut (32, 1® a), la variation de l’image doit être estimée d’après la relation avec l’objet représenté : « Une image reste autonome, quoique se modifiant, lorsqu'elle se rapporte au même objet » L’image peut varier, soit en s’appauvrissant, soit en s’enrichissant : cependant l’image, en s’enrichissant, subit plutôt une transformation qu’une simple variation puisque toute addition lui fait représenter autre chose que l’objet primitif.
■ 2^ Faits expérimentaux, a) Il ne semble pas que les images des objets complexes soient complètes : « Les recherches récentes ont montré que, chez le commun des hommes, les images réputées exactes et complètes subissent des transformations et déformations. On le constate lorsqu^ après quelque temps on est mis en présence de Vobjet primitif et que la comparaison entre le réel et sa représentation devient possible » b) L’expérience prouve que l’image trouve une raison d’appauvrissement dans la multiplicité des impressions d’objets analogues ; « Ce dernier cas a été très bien décrit par Taine. Un homme, dit-il, qui ayant parcauru une allée de peupliers, veut se représenter un peuplier, ou, ayant regardé une basse-cour, veut se représenter une poide, éprouve un embarras ; ses différents souvenirs se recouvrent. U expérience devient une cause d* effacement ; les images s^ émoussent par leurs conflits comme les corps par leur frottemejit » c) Plusieurs expériences ont été tentées dans les laboratoires pour trouver les lois de l’effacement et de la vitalité des images : on demande au sujet de repro-
1. Bühler, Psychologie de la pensée, Arch. de ps., t. 6, 386.