‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 133 sur 358 · Paulhan, 1. g. c · texte numérisé non relu

Paulhan, 1. g. c

IMAGES

e) La recherche de la raison suffisante de la conservation des souvenirs appartient à la Psychologie rationnelle : les faits expérimentaux précédents excluent néanmoins ' riiypothèse de Bain et Richet qui fixe le souvenir uniquement dans les cellules cérébrales modifiées au moment de la sensation primaire Il est en effet impossible de concilier cette théorie avec les faits suivants : la cellule cérébrale est soumise à un changement incessant tandis que l’objet représenté ne change pas au moins quant à ses éléments ; dans les lésions cérébrales certaines catégories d’images devraient complètement disparaître selon la place de la lésion et ces catégories devraient s’effacer dans un ordre déterminé en rapport avec la marche topographique de la lésion, tandis que le trouble des images se manifeste par un affaiblissement général de la fonction, par une dissociation des synthèses d’images s’étendant des groupes faiblement organisés aux groupes d’organisation plus complexe ^ ; quand bien même il y aurait un assez grand nombre de cellules cérébrales pour répondre à l’immense multitude d’images « 07i ne saurait dire quelles sont les représentations auxquelles appartiendrait tel ou tel substratum matériel. Supposons que la représentation du chien ait son siège en un endroit, celle du lion en un autre, où sera celui de la représentation du carnassier qui participe aux deux, en meme temps d'ailleurs que les représentations de 7iombreuses espèces de chiens et de chiens individuels que je connais ?... Où sera celui de la représentation du blanc qui se trouve chez certains chiens, mais appartient aussi aux nuages, à la neige, aux lys ^ ? )) La fixation et la conservation ont sans aucun doute leur raison d’être partielle dans l’état du cerveau, mais toutes les expériences indiquent que le régime des

1. Bain, Sens et Intelligence, tr. fr., 295-304 ; Richet, Psychol. gén., 145.

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