Poillaube, Images
IMAGES
parler plus exactement, a une fusion des objets représentés par la sensation avec les objets représentés par les images associées. » La perception au sens strict a donc deux caractères : subjectivement, elle est composée d’un ensemble de sensations et d’images ; objectivement, elle groupe en un seul les objets représentés par ces actes de connaissance. La perception stricte ne comprend donc pas toutes les images évoquées par une sensation, mais seulement celles dont les objets représentés sont synthétisés avec l’objet de la sensation : « Ma perception actuelle de mon bureau, dit James, est toute entière faite d’attributs actuellement sentis et d’attributs autrefois sentis, maintenant reproduits et composés avec les autres dans Vunité d’un meme objet » Comme le dit encore Titchener : « C’est une loi de la Psychologie que, lorsque les qualités sensibles se combinent pour former ce qu’on appelle une perception, le résultat de leur combinaison n’est pas une somme ou un rapiècetage, mais un système et un dessin »
Cette union d’attributs sentis et d’attributs reproduits en un même objet se fait en vertu d’habitudes, en vertu de synthèses anciennes que ressuscitent les tendances du moment (34, 2°, C) : la perception revêt ainsi l’objet senti des qualités que l’expérience passée a constaté lui être habituellement unies ou d’attributs que certaines tendances actuelles inclinent à unir à l’objet.
D’après ce qui a été dit sur la distinction entre la sensation et l’image, l’objet représenté est posé comme une réalité actuellement existante, si aucun réducteur ne nous avertit qu’il ne peut s’accorder avec l’ensemble de la réalité présente * (29, 3°) ; la perception nous fera donc spontanément affirmer que les attributs imaginés sont de fait actuellement sentis à moins qu’ils ne rencontrent un réducteur.