‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 173 sur 358 · R. ph. 1902, t. 54, 1 GO · texte numérisé non relu

R. ph. 1902, t. 54, 1 GO

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ne comporte pas la rêverie, et par ailleurs il n’aurait pas cette impression d’adaptation à un objet extérieur nouveau que lui donne habituellement la perception d’un objet inconnu Il serait comme s’il vivait un rêve. Rapprochons de cette fine analyse les remarques faites par Janet sur le même phénomène ^ : « (Le phénomène du déjà vu) ne constitue pas un trouble de la mémoire, comme on le dit trop souvent, mais un trouble de la perception. C'est une appréciation fausse du caractère de la perception actuelle qui prend plus ou moins Vaspect d'un phénomène reproduit au lieu d'avoir l'aspect d'un phénomène nouvellement perçu... Le déjà vu rentre dans les sentiments d'automatisme. Le sujet qui sent son activité diminuée ne retrouve plus le sentiment du petit effort de synthèse qui accompagne chaque perception normale, il croit réciter, c'est ce qui donne à la perception l'apparence d'un phénomène passé... Quand on dit que les événements de la perception présente prennent aux yeux du sujet l'apparence de souvenirs, il ne faut pas céder complètement à une illusion et croire que l'apparence est complètement celle d'un souvenir... Le sentiment du déjà vu est plutôt une négation du caractère présent du phénomène qu'une affirmation de son caractère passé... Le « déjà-vu » conserve toujours un sentiment de vague et d'étrange ; il se rapproche toujours des sentiments... du voile, de l'étrangeté dont il n'est en réalité qu'une forme particulière »

L’illusion de fausse reconnaissance rencontre donc son milieu de culture dans les états d’abaissement de tension psychologique (Cf. Tableau 3) qui entravent la synthèse nécessaire à la reconnaissance de la perception comme actuelle, et, en fait elle est fréquente dans les cas de psychasténie, de dépersonnahsation ^ ; on doit rapprocher les sujets affectés de cette anomalie de ceux à qui le réel donne

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