Külpe, 1. s. c
éïATS AFFECTIFS
vent être de nouveau représentés par l’image (28) ; en est-il de même pour les états affectifs ?
Nul ne met en question que le souvenir d’une connaissance passée ne puisse ressusciter une affection semblable à celle qui accompagnait l’état primaire ; certains sujets peuvent même opérer cette reviviscence à volonté. Dans son enquête sur la timidité, Hartenberg demandait à ses sujets : (( Pouvez-vous reproduire ces mêmes phériomènes (angoissCy palpitations ^ sueur froide, tremblement, etc.,) par le simple souvenir, en les imaginant fortement ? — Plusieurs sujets ont fourni des réponses de ce genre ; « Oh ! très facilement f » — « Oui, surtout le tremblement et la rougeur. » — « Je peux reproduire les angoisses et les palpitations que j'ai éprouvées en les imaginant fortement » Il est évident qu’il ne s’agit pas d’une image affective, mais bien d’un état affectif actuel.
Avant même d’aborder le problème expérimentalement, remarquons qu’à moins de se faire de l’image affective une idée entièrement différente de ce qu’on appelle image il est impossible de concilier l’existence des états affectifs secondaires avec ce qui a été établi dans le chapitre des sensations : d’une part l’image et la sensation ne diffèrent pas en modalité (28), et d’autre part on ne peut distinguer, dans un plaisir ou une douleur, l’état algédonique de la connaissance de cet état, comme M. Ribot le reconnaît lui-même : « En elle {dans la conscience affective) le sujet et l'objet sont inséparés » Une image, connaissance d’un état algédonique, devrait donc être elle-même « hic et nunc » état affectif ; en conséquence elle ne saurait être en même temps la représentation d’un état affectif passé. Aussi Külpe donne-t-il avec raison l’actuahté comme essentielle aux états affectifs.
Külpe a présenté au Congrès d’Heidelberg (1908) un rapport sur l’enquête dirigée par lui ayant pour objet les