Probl. de ps. aff
ÉTATS AFFECTIFS
états affectifs. Ses expériences ont porté sur sept personnes et ont été entourées de toutes les précautions nécessaires pour éviter la suggestion ; on sait jusqu’à quel degré de perfection le chef de l’école de Wurtzbourg a porté l’art de l’interrogatoire. Dans la première série d’épreuves on faisait éprouver au sujet des sensations ayant un ton affectif; puis quelques instants après on le priait de reproduire l’image de son impression primitive. Dans la deuxième série, le sujet devait se représenter des situations désagréables auxquelles il avait été exposé ou qui arriveraient vraisemblablement, et examiner l’impression ressentie. Dans la troisième série, on devait se représenter vivement des émotions complexes (joie, étonnement, etc.,), et analyser les éléments plaisir-déplaisir, excitation-tension. Enfin le sujet devait s’efforcer de ressentir par sympathie les états d’âme exprimés par les portraits de personnes inconnues. Le nombre total des épreuves a été de 240. En nous bornant aux épreuves de la première série, qui seules se rapportent nettement au problème actuel (images des états affectifs sensitifs), voici les résultats obtenus ; Külpe et quatre des sujets se déclarent incapables de se représenter le plaisir et la douleur ; une personne n’a pas su reconnaître si ce qu’elle éprouvait était un état affectif actuellement senti ou une image affective, mais en revanche elle pouvait se représenter l’élément tension sans cependant pouvoir dire s’il s’agissait d’une image musculaire ou d’un état affectif ; deux sujets semblent évoquer des images affectives, mais ces représentations ou bien avaient un aspect impersonnel, fiottant, semblable à un souvenir intellectuel, ou bien étaient données comme très incertaines ; les deux derniers sujets se représentaient facilement la tension.
Külpe conclut de ces expériences que l’on ne peut admettre d’images affectives, et légitimement ; les cas douteux trouvent en effet une explication obvie dans le souvenir intellectuel du fait passé et de son état affectif, ainsi que dans certaines impressions affectives réveillées
ÉTATS AFFECTIFS
par le souvenir du fait passé. Dans le passé la connaissance d’un objet ayant été associée à un état affectif, en vertu de la loi de réintégration (34, 2P B) la représentation de l’objet tendra à faire revivre la même affection. Cette enquête confirme également la limitation des états affectifs aux éléments algédoniques (plaisir-douleur) ; il suffit de comparer les expériences de Külpe avec celles de Titchener (42) et de remarquer la difficulté de sentir les éléments « excitation- dépression, tension-relaxation » jointe cependant à la possibilité de les faire revivre à l’état d'images. Ribot soutient avec vigueur l’existence au moins très probable des images affectives, mais sa position même, au sujet de ce problème, pèche en deux points : a) Il entend par conscience affective la connaissance des impressions cénesthésiques : « {La œnscience affective) exjyrhne d^une part V état des tissus et du travail organique, les impressions issues des viscères comme le canal alimentaire et ses annexes... ;
autre part, les impressions qui dérivent des contractions musculaires, des mouveinents h » De plus, selon lui, ces affections cénestliésiques ne sont pas des connaissances, et il admet dépouillée de toute restriction la pensée de James Ward : « Le sentiment, comme tel, peut être posé comme * matière d^existence plutôt que de connaissance directe *. » Dès lors il y aurait image affective par là même qu’un état cénesthésique serait représenté ; mais cette thèse est insoutenable, car par la cénesthésie je connais vraiment une partie étendue de mon corps et ce terme de l’impression cénesthésique est bien un objet connu, et par suite n’est pas un état affectif (42). La nuance affective peut être une modalité des sensations subjectives, et c’est ainsi que doit les envisager la Philosophie naturelle mais la nuance