W. Preyer, Ame de l’enfant, tr. fr. Aie
TENDANCES
ao7
y compris le singe » L’absence apparente d’instincts chez l’homme est due à un pouvoir supérieur par lequel il contrôle les tendances naturelles, les adapte à des fins supérieures, aux nécessités sociales, les mortifie quelquefois, et souvent même les pervertit. Il en résulte que l’exercice des fonctions instinctives perd ce caractère rigide et fatal qu’il manifeste chez la bête et peut être facilement confondu chez l’adulte avec les actions volontaires ou avec la pratique d’habitudes acquises. Pour étudier l’instinct il faut donc observer l’homme dans les circonstances où ces infiuences extrinsèques n’interviennent pas.
a) On peut remarquer chez l’idiot un grand développement des deux instincts de conservation et de nutrition ; G. Pennazza dans une riche enquête portant sur plus de 700 anormaux (idiots, imbéciles, épileptiques) a remarqué que tous sont de gros mangeurs : « Toils flairent leurs aliments avant de les porter à la bouche.,. Le plus grande V unique plaisir meme des anormaux gravement atteints est de manger, et leur plus grande douleur résulte de la pri~ vation de la nourriture. En dehors de V alimentation, rien n^ excite ou ne trouble leur esprit » Les associations d’images et le contrôle de l’activité supérieure n’intervenant pas chez les idiots, du moins chez les idiots du premier degré, on retrouve chez eux l’instinct à l’état pur avec son caractère fatal et spécifique. L’idiot n’est cependant pas le terrain favorable à l’étude des instincts humains ; il ne faut pas en effet considérer les anormaux congénitaux comme des hommes dans lesquels les fonctions sont normales mais seulement arrêtées dans leur développement ; en réalité le cerveau des idiots est un cerveau dégénéré à cellules de forme modifiée, pénétrées d’infiltrations pigmentaires ou calcaires (32 2® a), et par suite, les réactions aux excitations ne pouvant se faire normalement, les