James, Pr. de ps
2. Philos, naturalis, t. 2, 23-25. Binet, Ann. ps. 1911, Qu’ost-oe qu’une émotion ? 45.
TENDAINGES
a) Animaux apesthésiés. Slierrigton (1900) sectionna chez plusieurs chiens la moelle épinière dans la région cervicale inférieure, rompant toutes les grandes communications entre le cerveau et les viscères thoraciques, abdominaux et pelviens, ainsi que celles entre le centre vasomoteur bulbaire et tous les vaisseaux sanguins. Chez deux sujets il opéra une section supplémentaire des deux nerfs vagues du cou ; ces animaux étaient dès lors apesthésiés^ c’est-à-dire que l’estomac, le cœur, les poumons, les viscères étaient séparés du cerveau. Voici les observations se rapportant à l’un des sujets ; les autres observations sont d’ailleurs absolument concordantes : « De diminution ou de changement dans le caractère émotif de V animal y nous ne 'pûmes point découvrir de trace. Ce qui suit illustre sa manière de se comporter à cet égard. Uapproche du visiteur^ dont Ventrée^ des mois auparavant, excitait une si violente colère, de nemveau provoqua une manifestation de courroux aussi significative que jadis, ^expression était indubitablement celle de la fureur agressive... avais soigneusemeni empêché que Von n’éprouvât préalablement cet animal au sujet de la viande de chien présentée comme nourriture... En 'pressant notre animal vers la viande {de chien) on n’obtint de succès décisif en aucune occasion... L’impression faite sur nous tous par la conduite de la chienne a été qu’il existait dans la viande de chien quelque chose qui était répulsif pour Vanimal et excitait en lui un dégoût insurmontable pour la faim ordinaire... Tous ceux qui ont visité et vu les anûnaux objet de cette communication ont entièrement partagé mon opinion et celle des autres personnes du laboratoire qu’ils éprouvaient d’intenses et vives émotions b » Gemelli répéta en 1910 les exfjérienccs de Sherrington sur deux chiens : « Le chien apLèthésié ne diffère en rien du chien normal ; non seidement il jjrésente tous les signes de V émotion dans les circonstances habituelles, mais il a des mimiques appropriées aux circons-
1. Exporira. on the value of vascular and viscéral factors for the gonesis of Emotion, Proc. Roy. Soc. Lond. 1900, t. 66, 390-403, tr, fr. par Revault d’Allonnes, J. ps. n. et p. 1906, 142, 148.
TENDANCES
tances nouvelles, ce qui ne peut être interprété par un auiomatisme exigeant des répétitions antérieures. Cest là un fait très net ^ »
h) Animaux décérébrés. Bechterew observa la mimique émotive de nombreux animaux dont on avait enlevé Técorce cérébrale (chats, cobayes, grenouilles) ; Gemelli répéta aussi les expériences de Bechterew en 1910, et même il apesthésia et décérébra simultanément un chat : « U animal apcsiliésié et décérebré, qui ne se différencie pas d’un animal déccréhré simplement, est extrêmement différent, au point de mie de la mimique émotive, de Vanimal apesthésié ; alors que ce dernier ne se différenciait pas d’un animal normal à ce point de vue, Vanimal décérebré ne présente de mimique émotive que dans des circonstances absolument banales ; la satisfaction sous les caresses, la colère sous les coups ; il y a là un automatisme déclanché par des excitations qui semblent être en quelque sorte le point de départ de véritables réflexes ; on ne peut trouver là aucune ressemblance avec Vanimal apesthésié au comportement très souple et adapté »
B. Expériences de psychopathologie.
a) Des faits nombreux prouvent la relation entre l’émotion et le régime des images ; nous avons déjà signalé l’influence des états émotifs sur les illusions des sens, les amnésies, etc. (39 2°, 32 2® h). Janet constate l’intervention de l’émotion dans un grand nombre de phénomènes hystériques, et insiste « sur ce pouvoir particulier de V émotion... de dissocier l’esprit, de désorganiser sa synthèse, de donner naissance non seulement aux anesthésies, aux amnésies, aux paralysies, mais encore aux phénomènes qui se développent d’une manière exagérée et indépendante, aux suggestions, aux idées fixes, aux états seconds w
1. A. Gemelli, o. f. m., La teoria somatica cleirEinozione, Firenze 1910 ; C. R. de Piéron, J. ps. n. et p. 1910, 442-443. Revault d’Allonnes, Explic. phj’^s. de l’émot., J. ps. n. et p. 1906, 133-137.