Piéron, 1. s. c
3. Janet, N. et I. f., t. 1, 345. M. Prince, Dissociation d’iin« personnalité, 446-451.
TENDANCES
ô) On trouve chez certaines hystériques anesthésie totale de la peau, des viscères : « (Chez M,) les (tcddents s'accompagnent d'une anesthésie la plus ccymplète et la pHus profonde que l'on puisse rencontrer dans l'hystérie. Cette anesthésie porte sur la peau, les sens et les viscères » Cependant les émotions existent et ont des réactions violentes : « M. présente à tout instant, à propos surtout de la plus légère émotion, des contractures de la houche, de la langue, du pharynx, de V œsophage... en meme temps que des contractures des muscles du thorax et de l'abdomen. Ces phénomènes sont accompagnés naturellement par toutes sortes de troubles viscéraux *. )) Donc il n’y a pas conscience de la cénesthésie inférieure, et cependant l’émotion existe. On peut objecter que l’hystérique n’est pas vraiment anesthésique, que la cénesthésie viscérale et musculaire existe à l’état subconscient ; sans doute, mais du moins faut-il conclure que l’émotion n’est pas formellement la conscience de la cénesthésie inférieure.
c) Si l’émotion n’est que la conscience des réactions vis- .cérales, les cas pathologiques d’émotion ne devraient différer que par une variation de quantité dans ces réactions et cette conscience. Or, nous dit Janet : « Les malades sont les premiers à nous avertir qu'ils n'éprouvent pas une peur naturelle... On ne peut répondre qu'en alléguant une différence de quantité dans ces phénomènes viscéraux dont le contre-coup détermine dans la conscience les émotions et les angoisses... Est-ce là une distinction suffisante ? N'y a-t-il pas des grandes colères, des élans d'enthousiasme, des grandes terreurs qui s'accompagnent de grandes modifications viscérales et qui cependant restent des colères, des enthousiasmes ^ des peurs, sans se transformer en phobies et en obsessions * / »
d) La pathologie de l’émotion ne marche pas de pair avec la pathologie de la cénesthésie inférieure : il suffit pour s’en