Psycholog. anglaise, 3* éd., Aie
2. Précis de Psychol., tr. fr., Riv. 1909, 1. Cf. Ribot, Psychol., Méth. ds les Sciences, Aie. 1909, 229 ; Jérusalem, Lehrbuch der Psychologie, Wien 1907, 1-VII, 1-5.
3. J. Ward, Naturalisme et Agnostic. ; cf. Cantecor, Tend. act. de la Psych. angl., R. Ph. 1911 octobre.
INTRODUCTION
il ne saurait y avoir d’ambiguïté dans le sens de l’expression « faits de conscience ». Les phénomènes psychiques, ou faits de conscience, se distinguent avec évidence des phénomènes physiques, qui se présentent comme objectifs et non comme subjectifs. Les opinions métaphysiques sur la distinction entre le sujet et l’objet peuvent être diverses, mais psychologiquement tous les hommes adultes normaux s’accordent à objectiver certains phénomènes et à subjectiver certains autres ; par exemple, il est impossible à l’homme normal de ne pas considérer la douleur comme l’affectant et il lui est également impossible de ne pas considérer une couleur qu’il voit comme n’affectant pas subjectivement son acte de connaissance.
Plusieurs contemporains définissent la Psychologie expérimentale « une Psychologie sans âme » Si l’on veut indiquer par cette expression que cette science ne s’occupe pas de la nature ontologique du « moi », rien de plus légitime ; les lois positives de la Psychologie expérimentale se sont multipliées au point de rendre nécessaire la séparation des parties positive et métaphysique de la Psychologie, et il est aussi raisonnable de réserver à la Psychologie rationnelle la solution des problèmes métaphysiques que de ne pas traiter en Physique la question de l’existence des parties du continu ou celle de la composition substantielle des corps. Mais l’expression « Psychologie sans âme » est tendancieuse et vise à exclure de la Psychologie la question du moi personnel. Or cette exclusion no peut se faire qu’en modifiant la nature de l’objet matériel tel qu’il se présente à l’expérience. Nos faite de conscience normaux sont marqués des deux caractères suivants : chaque fait de conscience est actuellement rapporté à un moi qui en est comme « le porteur » ; l’ensemble des faits de conscience d’un individu est considéré par lui comme rapporté à un « je » qui demeure le môme dans la durée ; ce serait donc détruire ou mutiler l’objet matériel de la Psychologie expérimentale que de vouloir prescinder de ces caractères présentés par les faits de conscience, et d’exclure les questions du « moi » et du « je », puisqu’elles se trouvent incluses dans les faits psychiques tc].^ qu’ils se présentent à l’expérience normale
1. Hôffding, Esquisse d’une Psvchologie fondée sur l’expérience, tr. fr. Aie. 1900, 18.
2. Cf. Ebbinghaus, Grundzüge der Psychol., Leipzig, 1905, 15- 16 ; Jérusalem, 1. s. c., 14,
INTRODUCTION
2. Unité de la Psychologie expérimentale. Nombreuses sont les divisions de la Psychologie expérimentale ; il ne faudrait pas cependant dire avec Holding « quHl rCy a pas une, mais plusieurs psychologies » ^ ; toutes ces divisions ne sont en effet que les subdivisions d’une meme science en raison de Funité de leur objet formel. Justifions ces deux assertions :
A. Division de la Psychologie expérimentale.
a) Les lois positives de la Psychologie expérimentale sont des relations entre des phénomènes dont l’un au moins est un phénomène psychique ; selon la nature du phénomène auquel est rapporté le phénomène psychique, on distingue la Psychophysique, la Psychophysiologie, la Psychologie expérimentale strictement dite et la Ps^’-chosociologie ; la Psychophysique traite des relations entre les phénomènes psychiques et les phénomènes physiques qui les accompagnent, par exemple la loi de Weber : « le seuil différentiel est une fraction constante de l’excitation » est une loi psychophysique ; la Psychophysiologie traite des relations entre les phénomènes psychiques et les phénomènes biologiques connexes, par exemple la loi de Broca : « une lésion du pied de la 3® circonvolution frontale gauche altère les fonctions du langage » était une loi psychophysiologique ; la Psychologie expérimentale strictement dite étudie les relations entre plusieurs phénomènes psycliiques connexes, par exemple la thèse de W. James : « le rôle de l’effort volontaire est de maintenir l’affirmation et l’acceptation d’une idée » est une thèse de Psychologie expérimentale au sens strict ; la Psychologie sociologique étudie les relations entre les phénomènes psychiques individuels ou sociaux et d’autres phénomènes sociaux, par exemple l’afSrmation de Lévy-Bruhl : « il se peut que les caractères du devoir et en général de la conscience morale soient Veffet d'un ensemble de conditions qui se trouvent réunies, à peu près semblables, dans toutes les sociétés humaines un peu